@akram_belkaid est un excellent essayiste et l’auteur de superbes nouvelles (« Pleine lune sur Bagdad », 2017), mais le genre qu’il a peut-être le plus pratiqué est la chronique – pendant plus de quinze ans pour le « Quotidien d’Oran » (« La chronique du blédard », tenue depuis Paris), ainsi que sur son blog, « Lignes quotidiennes ».
C’est un genre qui lui va bien. Il est l’une des personnes les plus observatrices que je connaisse ; il est facétieux, insolent, mais aussi capable d’échappées poétiques inattendues. Et surtout, il est journaliste (au « Monde diplomatique » depuis une dizaine d’années), et donc toujours attentif à relier ce qu’il vit ou ce qu’il constate autour de lui à des dimensions sociales, politiques ou géopolitiques.
Cela vaut pour ce délicieux livre qui sort en librairies aujourd’hui (chez
@editions_tallandier ), et qui mêle témoignage, souvenirs d’enfance et de voyages, considérations sociologiques, anecdotes belles ou truculentes, mais aussi plaidoyers plus graves. Les chapitres s’intitulent « De table en table, de Mascate à Ménilmontant », « “Et la salive, tu peux ?” », « Un iftar chez les Yankees », « Arrêtez tout, je jeûne!», ou encore « Une passion nommée zlabia» (miam – regardez sur Google si vous ne connaissez pas). Celles et ceux qui sont familier·ères de la tradition religieuse musulmane y reconnaîtront certaines choses, en apprendront d’autres ; et celles et ceux qui n’y connaissent rien, mais qui sont curieux·ses, y découvriront et comprendront mieux ce que vivent certain·es de leurs voisin·es, collègues, ami·es, etc. Avec un peu d’avance: joyeux ramadan ! (OK, je sors)