UP8 — Pour une pédagogie de l'architecture
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Fondée sous l’Empire [...], l’École des beaux-arts avait derrière elle un passé particulièrement prestigieux, qu’elle se plaisait à faire remonter plus loin encore, jusqu’aux académies de peinture, sculpture et architecture d’Ancien Régime [...]. Si l’école avait connu un âge d’or aux alentours de 1900 — c’était alors l’école d’architecture la plus célèbre au monde, attirant des étudiants venus des États-Unis, d’Amérique latine et de la plupart des pays d’Europe — elle avait montré des signes d’essoufflement dès l’entre-deux-guerres. Drapée dans son élitisme (elle ne s’intéressait vraiment qu’au Prix de Rome), immuable dans ses méthodes d’enseignement, incapable d’accepter les mutations liées aux techniques modernes et aux programmes nouveaux, peu soucieuse de l’avenir professionnel de ses élèves, elle avait commencé à perdre de son attractivité dans les années 1920, notamment auprès des élèves étrangers.
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Huet va […] précipiter le mouvement de contestation qui agitait déjà une partie des élèves au milieu des années 1960. Un groupe se forme autour de lui, qui commence un travail de conscientisation de l’atelier en diffusant anonymement des tracts : "Pour le rattachement à l’université", et "Contre la « grande réforme » de l’architecture". Le groupe rejette non seulement le système des Beaux-Arts, mais aussi tout le folklore et l’anti-intellectualisme de l’École, refuse de participer aux bizutages et de s’intégrer à la Masse. Lors d’une assemblée générale de l’atelier, le 26 mai 1966, le groupe présente un manifeste proposant de réformer radicalement l’enseignement, puis l’envoie, de manière anonyme, au patron.
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En plus du travail en maquette, Huet reprend les autres méthodes pédagogiques qu’il a pu observer dans la masterclass [de Louis Kahn], notamment le débat collégial et le dialogue maïeutique avec l’étudiant.
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Co-édité avec
@ensa_pb
Photographies
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