Cienfuegos, Cuba.
Alors que je suivais les traces de la révolution, ma prochaine étape n’était autre que la fameuse Baie des Cochons. Proche de ma destination, je m’arrêtais pour la nuit à Cienfuegos. C’était le 1er janvier. La ville était éteinte, les volets fermés, tout semblait vide et cette impression était renforcée par les passants qui ne passaient pas. J’avais l’impression de déambuler dans une ville fantôme. La nuit tombée, avec mes deux compagnes de voyage, que j’avais rencontré la veille à La Havane, nous nous attablions avec notre hôte sur sa terrasse. Le jardin, qui nous bordait de ses bras bienveillants était riche et opulent de verdure et d’espèces différentes. Sur la table, au delà de la paperasse que tous les hôtes doivent remplir pour tenir informé l’Etat des voyageurs qu’ils accueillent, notre compagnon du soir avait ramené une bouteille de rhum et des cigares qu’il nous offrit avec une certaine déférence nonchalante. La discussion ne mit pas longtemps à passer de banale à passionnante. Nous avons parlé ainsi plusieurs heures dans la nuit noire de Cienfuegos, portés par la chaleur enivrante du rhum et des vapeurs de cigare. Notre hôte prenait par moment sa guitare et nous jouait des classiques de Compay Segundo. Je me rappelle encore aujourd’hui cette nuit où 4 inconnus, de patries et d’âges différents, n’ayant rien en commun et ne se connaissant que depuis quelques heures, se sont rassemblés autour d’une table, rapprochés par la musique et la parole.
A child is the embodiment of innocence. No matter his reasons, someone that is able to hurt a child has already lost his humanity. In these troubled times, we should not forget what are the most valuable things in life and remember that darkness and hatred only bring more suffering and madness. The fire is burning and we need firefighters, not pyromans.
Cuba, janvier 2023.