Après le dîner, j’ai dû aller dans le salon, regarder la télé avec ma mère, mon beau-père devait fumer une clope, il fume beaucoup. Le film qui passait sur Canal + ne devait pas me plaire. Ils ne me plaisent toujours pas. Alors j’ai dû dire à ma mère, je monte, bonne nuit, rien à mon beau-père car il s’en fout des bonnes nuit et devait toujours être assis sur le fauteuil en cuir dans l’autre pièce à fumer ses Winston blue et regarder son iPad, qui faisait sa plus grande fierté après ses clubs de golf.
Et moi, j’avais un ordinateur, et à l’époque, j’adorais Stephane Bern et ses Secrets
d’Histoires.
J’aime l’histoire depuis enfant, le moyen-âge surtout, les enluminures, les couleurs des
tapisseries, pas les châteaux, pas les pogroms, ni les guerres, mais les bourgs, les
beffrois, les monastères, la rue comme un spectacle, le pain utilisé comme assiette.
Le titre de l’épisode était accrocheur : Christine de Suède reine des scandales. Tout pour
me plaire.
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After dinner, I had to go to the living room and watch TV with my mother. My stepfather must have gone for a smoke—he smokes a lot. The movie playing on Canal+ probably didn’t interest me. They never do.
So I must have told my mother, I’m going upstairs, good night, said nothing to my stepfather, since he doesn’t care about good nights anyway, and was probably still sitting in that leather armchair in the other room, smoking his Winston Blues and staring at his iPad—his greatest pride after his golf clubs.
As for me, I had a computer, and back then, I loved Stéphane Bern and his Secrets d’Histoire.
I’ve loved history since I was a child—especially the Middle Ages: the illuminated manuscripts, the colors of the tapestries. Not the castles, not the pogroms, not the wars, but the towns, the belfries, the monasteries—the street as a kind of theater, bread used as a plate.
The title of the episode was catchy: Christine of Sweden, the Queen of Scandals. Everything I could have hoped for.
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sceno and perf with
@rustilaqueen at
@le____trou geneve oct 2025