« LE PASSEUR » -
@pdvstreetart - Bayonne 2016–2025
Neuf ans après notre première intervention à Bayonne, nous sommes revenus en octobre 2025 pour restaurer et enrichir notre fresque. Réalisée en 2016, cette œuvre est une référence à Charon, passeur des âmes dans la mythologie grecque. Un singe, tel un poisson-lanterne, guide la traversée : sur son dos, les voyageurs avancent en barque, portés par une lumière intérieure. Un martin-pêcheur, posé comme une coiffe sur le primate, symbolise notre aptitude à plonger dans les profondeurs de l’inconscient afin d’y saisir nos désirs et de leur donner sens dans le conscient. Cet être hybride, en suspension, est échafaudé par des structures architecturales complexes, représentant notre capacité à étendre nos existences au-delà de nos enveloppes corporelles, en construisant des liens sociaux solides, structurés par les architectures et les lois que nous élaborons ensemble. Nous avons réinterprété l’arrière—plan de l’œuvre, en réaffirmant son identité propre et sa dimension onirique à travers un dialogue entre eau et ciel. Les astres et la rosace figurant le mouvement des planètes selon Ptolémée soulignent la porosité entre rêve et science, rappelant que l’imagination est nécessaire pour faire émerger de nouvelles connaissances. Au sol apparaissent les berges de l’Adour, prêtes à se jeter dans l’océan, riches de vie, où cohabitent pêcheurs, bateliers et macaques baigneurs. Nous remercions le Festival Point de vue et Alban Morlot
@pdvstreetart @donlooba411 pour cette invitation rare à revenir sur une œuvre existante, non pour l’effacer mais pour la prolonger. Cette réinterprétation rappelle que les œuvres dans l’espace public partagent la vulnérabilité de nos existences : elles s’altèrent mais nourrissent la mémoire collective. On dit souvent que l’art urbain est voué à l’éphémère, mais rien n’est immortel, ce qui n’est pas entretenu s’érode, ce qui n’est pas transmis s’éteint. Même la plus noble des architectures s’effondre sans volonté commune de respect, de préservation et de mémoire. C’est aussi le témoignage qu’une ville, une collectivité se préserve par le geste, l’écriture et la parole, et qu’elle peut le faire debout.