Zoom sur le trio de Los Angeles,
@whereismuna
Le parcours de MUNA a toujours consisté à accueillir la complexité, le chaos et l’exaltation de la vie. Avec leur quatrième album, Dancing On The Wall, le trio n’a jamais été aussi incisif, sombre et exaltant. Après l’euphorie de leur premier album éponyme de 2022, MUNA canalise l’énergie anxieuse et incertaine de la vie à Los Angeles, marquée par les tensions politiques, la dégradation environnementale et la précarité silencieuse de la génération Y. Il en résulte un album à la fois intime et spectaculaire, un univers pop incisif, plein d’esprit et d’émotion, véritable bande-son pour des âmes en ébullition témoins du chaos ambiant.
Un questionnement discret imprègne l’album : comment continuer à vivre, à aimer et à tendre la main aux autres tout en étant témoins de la brutalité politique et de la violence systémique? Comment la joie peut survivre sans sombrer dans le déni? Des titres comme “Wannabeher” capturent l’ivresse de se plonger pleinement dans le fantasme d’autrui, tandis que “Why Do I Get A Good Feeling” résonne longtemps après la fin du morceau, une méditation sur la joie éphémère et les possibilités suspendues. L’album se clôt sur “Buzzkiller”, une confrontation brutale avec le désir et ses conséquences, et la douleur d’avoir atteint ses objectifs pour ensuite réaliser que de nouvelles questions, des doutes et des envies persistent.
En grande partie produit par Naomi McPherson, recrutée par Phoebe Bridgers, cet album est façonné par l’instinct, la confiance et une totale liberté artistique. Avec cet album, MUNA prouve une fois de plus que la pop peut être à la fois audacieuse, intime et engagée : un disque qui non seulement capture l’instant, mais le distille en un univers auquel on a envie de se plonger.
Dispo le 8 mai chez Modulor!