Pour comprendre la réception si complaisante (par la presse, par la justice, par le monde intellectuel) du meurtre d’Hélène Rytmann par Louis Althusser en 1980,
@johannaluyssen fait parler les archives. Toutes les archives. Les belles, les nobles, les moches, les dispensables. Elle plonge dans ce qu’elle trouve, à l'Imec et ailleurs, et s’intéresse autant aux cartes postales qu’aux manuscrits annotés pour redonner à son héroïne une complexité bien plus subtile que la réductrice “femme de l’ombre”. L’exercice aurait pu s’arrêter là, mais il y a une surprise dans ce livre : on rit. C’est terrible à dire, mais c’est drôle. Ne faisant aucun cas du respect quasi religieux qu’inspirent les grands personnages de la rue d’Ulm, Johanna Luyssen n’hésite pas à déboulonner la figure d’Althusser qui jouit toujours d’une respectabilité intellectuelle sans limite (un colloque en son honneur est encore organisé à Paris I fin septembre…) pour rappeler que, quand même, en plus d’être un meurtrier, ce monsieur mettait de la mie de pain dans ses oreilles. Merci tellement.
@editions_julliard @imecarchives PS : Johanna Luyssen est une amie et, de ce fait, j’ai un regard particulièrement attentif et tendre sur ce qu’elle fait. Cela ne m’empêche pas de souligner son travail qui est le sien depuis plusieurs livres et à Libé : attaquer tous les mythes qui protègent le patriarcat, qu’ils soient à l’université, dans les entreprises ou dans le secret des chambres à coucher.