Sirens de Nan Goldin est un hommage à l’Américaine Donyale Luna, née à Detroit en 1945 et souvent présentée comme « la première top-modèle noire » : elle fit la couverture du British Vogue en 1966 sous l’objectif de David Bailey.
Avec Sirens, Nan Goldin, ici cinéaste et vidéaste, signe un diaporama sur la drogue comme extase. Il est réalisé à partir d’extraits d’une trentaine de films, dont le Satyricon de Fellini, Qui es-tu, Polly Maggoo ? de William Klein ou Salomé de Carmelo Bene sorti en 1972.
« En regardant Salomé, je me suis rendu compte que Donyale était complètement camée dans ces scènes. Cette manière dont la caméra saisit sa défonce, sans qu’il s’agisse ici du sujet ni même de l’enjeu du film, m’a fascinée. Le sentiment d’euphorie, l’expérience extatique de la drogue que le film parvient à restituer presque malgré lui, voilà ce que j’ai cherché à approcher dans le montage de Sirens », explique Nan Goldin dans une interview aux Cahiers du cinéma en 2022.
Fatale euphorie, de l’extase à l’addiction : Donyale Luna meurt d’overdose en 1979, à 33 ans.
Photos 1 et 2: Sirens de Nan Goldin, expo « This Will Not End Well » @le_grand_palais jusqu’au 21 juin.
Photo 4: Dans le rôle d’Enotea dans Le Satyricon de Fellini, 1969.
Photo 5: Dans une robe de Rudi Gernreich peinte par Salvador Dali, photo de William Claxton, 1966.
Photo 6: En Paco Rabanne par Richard Avedon, 1966.
Week-end lecture!
Le nouveau @marieclairefr est en kiosques avec la star en puissance Anamaria Vartolomei, comédienne aux talents déjà multiples. Et à Cannes dans quelques jours à l’affiche de LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER d’Antonin Baudry.
Au sommaire,
- un grand reportage sur la vie en enfer des LGBT russes
- des rencontres avec @cturlington , Nora Hamadi @missno , @haidaraeye , maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 2026, @elsasahal , lauréate du prix Her Art 2026
- un reportage lifestyle chez @gesahansen
Et le portrait de bell hooks #bellhooks, icône majuscule du féminisme (et de @disizfr aussi:), des séries mode, des décryptages beauté etc.
Anamaria Vartolomei est photographiée par @nicolasvalois
Réalisation : @jeannelebault assistée de Sonia Montout. Total look de couverture @chanelofficial avec le fameux pull camionneur de @matthieu_blazy
Maquillage: @anglomamakeup
Coiffure : @etiennesekola
Production : Johanna Scher @workingirlproduction
Bonne lecture !✨💫
« J’adore les sirènes depuis petit ! » confesse Matthieu Blazy pour donner le ton de son premier défilé Croisière, qui s’ouvre pourtant sur une petite robe noire. Celle de Gabrielle Chanel a 100 ans, et il la nomme « la première revenge dress de l’histoire » car elle a permis à la couturière de « prendre sa revanche sur son statut social » et de gagner une forme d’aristocratie, frayant avec princes et artistes. « En plongeant dans les archives, j’ai réalisé que cette fameuse « petite robe noire » qu’on a toujours présentée comme minimale, était en fait dotée d’un noeud dans le dos. Je suis devenu obsédé par les noeuds. »
Tout est dit du génie Blazy, qui fait s’affoler les chiffres de vente depuis son premier défilé : une maîtrise respectueuse mais pas compassée des codes Chanel, et une capacité à y insuffler ses propres passions et fantaisies.
Il joue avec le fameux logo au double C, pointant que Gabrielle elle-même fut parmi les premières à en faire un artifice architectural. Il poursuit sa quête du mouvement absolument libre. Les collections Croisière sont par définition une célébration du grand air, de la mer, du voyage. Il y ajoute cette espièglerie repérée depuis longtemps chez lui. Ici, un piment d’espelette couleur locale, là, de mini-ballerines attachées au sac bubblegum de Kaya Wilkins, une mannequin enceinte de 6 mois. L’humour de Blazy, et sa grande intelligence, se dessinent aussi dans ces quelques silhouettes tissées façon papier journal. Écho à la phrase de Gabrielle Chanel, « J’aime lire les journaux; comme les hommes », cite-t-il. Mais encore, relecture Blazy, « une façon de rappeler qu’on est au bord de la mer et qu’on savoure un fish & chips tout juste emballé dans du papier journal ». Voilà pourquoi sa mode touche autant. Pourquoi on peut avoir envie de se l’approprier -et à défaut, de s’en inspirer.
Juste à côté du casino, la boutique Chanel vient d’être rénovée. Non loin de là aussi, la Villa de Larralde, où Gabrielle a installé sa toute première maison de couture à l’été 1915.
Ici, la mannequin sirène Noor Khan.
Elsa Sahal est la lauréate du Prix HerArt 2026 créé par @marieclairefr et la foire @artparisartfair grâce au soutien de la Maison @boucheron
L’artiste française diplômée des Beaux-Arts a pour médium fétiche la céramique, qu’elle déploie en couleur et avec humour pour questionner le genre, le lien au végétal, la sexualité. Aussi humble qu’érudite, déployant une pensée subtile sur ces sujets abrasifs, elle explique à propos d’une de ses œuvres :
« Les vases sont debout, les potiches ont attrapé des jambes », est une phrase tirée des Guérillères de Monique Wittig. Je l’ai entendue alors que j’étais en train de faire des vases en forme de femmes avec des fleurs-seins à l’intérieur. Cette coïncidence m’a tellement surprise que j’ai choisi ce titre pour lui rendre hommage. Ça faisait tellement longtemps que je faisais de la céramique et qu’on me disait « ah c’est de la poterie, c’est de la vaisselle ». Récemment, on a enfin compris que la céramique pouvait être de la sculpture. »
Bravo @elsasahal , lauréate féministe célébrant la folle joie de créer, qui nous a expliqué que la dotation de 30.000 euros du Prix HerArt allait lui permettre d’apprivoiser davantage le verre auprès de maîtres verriers, une technique très coûteuse.
Merci @helene.poulitduquesne CEO de @boucheron de permettre cette magie✨✨✨
Merci à la marraine de notre jury, la géniale @louisebourgoin_ … une autre diplômée des Beaux-Arts.
Merci @guillaumepiens@valentinelecetre de la Foire @artparisartfair pour la co-création de ce prix aux côtés de Marie Claire 😉 @gwthebault
Et bravo @marionvignal d’avoir accompagné ce prix pour la deuxième année consécutive en tant que curatrice.
@elsasahal est représentée par @galeriepapillonparis
1. Hommage à Chana Orloff, 2024.
5. Suzanne, Gilda & Gene, sculptures-totems en céramique & verre inspirées par Monique
Wittig - Les Guérillères : « Les vases sont debout, les potiches ont attrapé des jambes » @artparisartfair@galeriepapillonparis
Traquer la lumière.
@michikovandevelde se concentre sur celle du soleil et l’observation profonde du temps, entre Bruxelles et le Japon, à travers une gamme variée de médiums dont l’huile.