Il y a quelques mois, coup de fil d’une très vieille connaissance.
@ericgiacometti , connu alors que j’étais simple assistante de rédaction au Parisien, devenu écrivain et auteur de BD, m’appelle pour me parler d’un projet en cours avec
@celine_bracq .
Il veut me parler du syndrome de l’imposteur.
Et puis de fil en aiguille, cela se transforme en entretien. Et depuis quelques jours, cette planche existe dans leur livre « syndrome de l’imposteurE »
Un grand E qui signifie que les femmes sont bien plus touchées.
Et à fortiori quand on est non blanche, banlieusarde, sans réseau, et sans les bons diplômes, ni la bonne coiffure ( ça a changé mais il y a 25 ans, porter son afro au naturel… c’était s’entendre dire « t’es coiffé comme un dessous de bras »)
Alors on avance et on compose. On construit une armure, on louvoie avec ses tiraillements, les réflexions vilaines, racistes, misogynes, exotisantes. On se fait aider, parce qu’on arrive à rien seule quand les émotions prennent la main.
On croise des alliés aussi, et Éric l’aura été dès notre rencontre il y a déjà près de 25 ans.
Bref.
On est nombreuses à le vivre. À douter. Encore. Tout le temps. À ne pas savoir se regarder objectivement.
Et c’est pas une faiblesse de le dire.
Justement pas.
On en peut plus de la « puissance » et autres oripeaux du pouvoir qui nous conduisent à ces ruines.
Alors à mon humble niveau, je suis très fière de participer à faire exister l’espace du doute et du questionnement.
Et ça c’est puissant. Je crois.
Dire qu’on sait pas. Qu’on est pas certaine. Qu’on serait meilleure ensemble. Qu’on pourrait aussi sortir de la concurrence qui nous assigne, du jeu de dupe de l’assurance coûte que coûte.
En fait, c’est une grammaire masculine.
On nous assigne à endosser cette grammaire, alors qu’elle démontre chaque jour que c’est le terroir du malaise et du mal être de nos sociétés.
Voilà. Suffit déjà de le dire, et il reste à inventer la suite.
☀️☀️
#OnEstEnsemble