Ce qui est beau avec la sape, c'est qu'il existe des vêtements qui ne se contentent pas d’habiller , ils transportent des fragments entiers de civilisation.
Cette pièce de
@oloohconcept qui refuse de choisir une seule identité ,appartient à cette catégorie-là.
My god 🤯, c’est une archive textile en mouvement.
Ce qui m’a frappée, ce n’est pas seulement la coupe, ingénieuse, modulable, presque indisciplinée.
☝🏿C’est la manière dont cette pièce réussit un geste rare , prendre une forme vestimentaire issue d’un répertoire traditionnel #sénoufo et la traduire dans un langage contemporain, sans effacer sa mémoire ni la figer dans le folklore.
Enfant, j’avais vu ma sœur porter un habit similaire pour mardi Gras, pis dans ma tête, ces vêtements appartenaient exclusivement au domaine du rituel, de la cérémonie, du sacré...Jamais au quotidien!
C’était la tenue des ancêtres, pas celle du marché, du bus ou du bureau.
Quand cette pièce est apparue, j’ai compris qu’un basculement avait eu lieu....
@kamder n’a pas “repris” une forme traditionnelle, il l’a réactivée.
Il l’a sortie de son statut d’objet patrimonial pour en faire une forme vivante, capable de circuler, d’être rejouée, réinterprétée, réimaginée par les corps d’aujourd’hui.
C'est là que réside la puissance de la sape , un vêtement peut devenir un médium qui relie la mémoire à l’usage,
le passé au présent, le symbolique au fonctionnel.
Ce type de création mériterait d’être exposé comme une œuvre, pas pour être sacralisé, mais pour rappeler que le vêtement est aussi une technologie culturelle, une structure sociale, un vecteur de transmission.
Avec cette pièce, il ne s’agit pas d’esthétique.
Il s’agit d’un dialogue entre les mondes.
C’est la fin de cette série d’échanges avec Kader Diaby, et j’en ressors nourrie. Ce dialogue-là, je le referais volontiers autour d’une table ronde, avec toutes celles et ceux qui pensent la création textile comme un terrain d’enquête, de mémoire et d’avenir.
Merci, Kader, pour ce travail de réactivation culturelle.
Longue vie à tes créations, qu’elles continuent de questionner, de transmettre, et d’ouvrir des chemins.
@oloohconcept va prendre tout mon argent ooh 🤑💸🫢