🗨 Chronique BD 🗨
Titre : Pour qui sonne le glas
Scénariste : Jean-David Morvan
@jdmorvan
Dessinateur : Pierre Dawance
@pierredawance
Éditeur : Sarbacane
@editionssarbacane
Paru le : 15/04/2026
Nombre de pages : 192 pages
ISBN : 9791040804291
💭 Mon avis :
Jean-David Morvan adapte avec justesse le roman de Ernest Hemingway, en nous plongeant au cœur de la guerre civile espagnole. On suit Robert Jordan, chargé de faire sauter un pont stratégique, une mission aussi cruciale que désespérée.
Mais au-delà de l’objectif militaire, le récit s’attarde sur l’attente, les tensions au sein du groupe de résistants et les relations humaines qui s’y tissent. Entre Pablo, chef hésitant, Pilar, figure forte et charismatique, et Maria, dont Jordan tombe amoureux, l’histoire prend une dimension profondément humaine. L’amour naît dans l’urgence, avec cette idée bouleversante de vivre intensément quand tout peut s’arrêter demain. Le récit parle autant de guerre que de sacrifice, de peur et d’engagement, avec une vraie sensibilité.
Pierre Dawance impressionne pour une première bande dessinée. Son travail aux crayons de couleur apporte une lumière particulière aux paysages espagnols, entre chaleur écrasante et tensions sourdes.
Il y a une vraie magie dans cette technique : les couleurs ne sont jamais figées, elles vibrent, se superposent, laissent apparaître des textures presque palpables qui donnent vie à chaque case. Les visages sont marqués, expressifs, et traduisent bien les émotions des personnages. Les décors, eux, jouent un rôle essentiel, installant une atmosphère à la fois belle et menaçante. L’ensemble dégage une intensité constante, renforçant l’immersion dans cette parenthèse hors du temps.
Une histoire où chaque instant compte, où aimer devient presque un acte de résistance. Pour qui sonne le glas rappelle que même au cœur du chaos, il reste des choix à faire, des liens à créer, des combats à mener. Et que parfois, ce sont les plus courts instants qui laissent les traces les plus profondes.