Faustine Vincent

@faustine_vincent_

Journaliste @lemondefr Service International
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Depuis l’invasion russe du 24 février 2022, Moscou arrête et emprisonne en masse les civils ukrainiens des territoires occupés, quel que soit leur profil, afin de briser toute résistance par la terreur. Plus de 16 000 sont actuellement détenus, selon le défenseur des droits ukrainien. De leur côté, les ONG de défense des droits humains estiment qu’ils sont « plusieurs dizaines de milliers ». Kiev tente de les faire libérer, mais se heurte à un mur. Le sort de ces prisonniers est l’un des trous noirs de la guerre en Ukraine. Kidnappés, arrêtés, emprisonnés, cachés, isolés, torturés, ils sont soumis à l’arbitraire le plus total, à la merci des Russes. Ils peuvent être incarcérés dans des centres de détention officiels ou jetés dans un sous-sol, sans que personne ne sache où ils sont. La Russie les maintient au secret, barrant tout accès aux organisations internationales. Contrairement aux prisonniers de guerre, il n’existe aucun mécanisme permettant d’échanger ces hommes et ces femmes détenus illégalement. Cette stratégie russe d’incarcération massive des civils semble appelée à se développer encore. Depuis 2025, « la Russie modernise et agrandit les centres de détention dans les territoires occupés pour accueillir encore plus de détenus », alerte la directrice d’une ONG de défense des droits humains. « La Russie ignore toutes les lois et fait ce qu’elle veut », constate l’avocate et Prix Nobel de la paix Oleksandra Matviichuk, qui documente les crimes de guerre. Elle regrette que les territoires occupés soient perçus comme des « espaces vides » dans les négociations et appelle à « parler le seul langage que comprend la Russie en renforçant les sanctions ». « L’occupation n’est pas la paix, mais une autre forme de guerre, invisible. Si vous êtes tué, personne ne le saura. » Enquête à retrouver dans @lemondefr Avec @_alla_didur_ et @a.vtier , qui signe le portrait de Iouri Chapovalov (photo 2), 62 ans, ancien habitant de Donetsk, emprisonné pendant sept ans et soumis à la torture, avant sa libération inespérée en août 2025. #Ukraine #occupation #Russie
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6 days ago
Centrale de Tchernobyl, Ukraine. Le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, le réacteur n° 4 explose, provoquant la pire catastrophe nucléaire de l’histoire. Le nuage radioactif, invisible, s’élève à 10000 mètres d’altitude. A la télévision soviétique, le message est simple : « Tout va bien ». Quelque 800 000 personnes venues de toute l’URSS se succèderont sur le site pour éteindre l’incendie, nettoyer la zone contaminée, construire le sarcophage autour du réacteur et tenter de décontaminer les villes alentour. Plus de 200 000 de ces « liquidateurs » l’ont payé de leur vie. Gravement irradiée, Halyna Kharchenko, 71 ans, ancienne employée de la centrale, a miraculeusement survécu. Elle nous a raconté cette journée du 26 avril 1986 à Tchernobyl, et sa vie d’avant à Pripiat, à 3km de là, où elle vivait avec son mari et ses deux enfants. « C’était une ville si jolie, avec des roses partout. On y était très heureux. » Evacuée en urgence après la catastrophe, la ville, contaminée pour des siècles, est depuis envahie par la nature et livrée aux animaux sauvages. Quarante ans après, visiter la centrale, le poste de commandement par où tout est arrivé et le réacteur éventré, recouvert par le sarcophage, rouillé, a quelque chose de vertigineux. La visite est limitée à quelques minutes en raison de la radioactivité, avec interdiction de toucher à quoi que ce soit pour éviter toute contamination. Au début de l’invasion russe, en février 2022, les troupes ont occupé la centrale et retenu le personnel en otage pendant 35 jours. Trois ans plus tard, en février 2025, une attaque de drone russe a perforé l’arche de confinement qui recouvre le réacteur endommagé. Les dégâts sont encore visibles sur le plafond de l’arche, à plus de 100 mètres de haut. Le trou, de 15m2, a été colmaté en urgence. Mais d’autres travaux sont nécessaires pour protéger l’étanchéité du site, désormais menacée. Les experts alertent sur le risque d’une nouvelle catastrophe nucléaire tant que la Russie continue d’attaquer l’Ukraine et de faire voler des bombes au-dessus de la centrale. Reportage à retrouver dans @lemondefr Avec @_alla_didur_ et @a.vtier #Chernobyl #Ukraine
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22 days ago
En Ukraine, les aumôniers militaires sont des témoins directs de l’enfer que vivent les soldats au front. Comme le résume le père Vasyl Vyrozub, capturé et torturé par les Russes au début de l’invasion : « Au premier bombardement, tout le monde s’est mis à croire en Dieu. » Plus de 400 chapelains militaires, issus de 14 confessions différentes, sillonnent aujourd’hui le front pour apporter un soutien moral aux combattants des forces armées. « Notre principale mission, c’est de leur donner de l’espoir. Je ne dis pas qu’on a réussi », dit l’un d’eux. Les confidences qu’ils recueillent donnent un aperçu des questionnements auxquels sont confrontés les soldats, éreintés par plusieurs années de guerre totale. Au début de l’invasion, beaucoup faisaient part de leur culpabilité à devoir tuer. D’autres se reprochent de mentir à leurs proches en minimisant le danger auquel ils sont exposés pour ne pas les inquiéter. Plus la guerre dure, plus de nouveaux dilemmes apparaissent. « Comment puis-je être un bon père et un bon mari alors que je ne vois plus mon enfant ni ma femme depuis si longtemps ? », « Comment revenir à la vie normale ? », « Comment Dieu peut-il laisser faire tout ça ? », « Pourquoi tant d’injustice ? » Ne pas succomber à la haine n’est pas toujours aisé, y compris pour les représentants religieux. Les chapelains le rappellent constamment aux soldats : « Garder notre humanité est notre objectif principal, même si c’est parfois très compliqué avec la guerre. » Reportage dans un village de la région de Donetsk, où deux aumôniers militaires ont donné une messe pour les soldats - habillés en civil pour ne pas être ciblés par les drones russes - à l’occasion de la Pâque orthodoxe. A retrouver dans @lemondefr Avec @_alla_didur_ et @a.vtier , qui signe les deux dernières photos. #Ukraine
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24 days ago
A Odessa, dans le sud de l’Ukraine, la vie au rythme des alertes antiaériennes et des bombardements. #Ukraine #Odessa
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1 month ago
Attaque de drones ce matin à Odessa, en Ukraine. Le bruit de moteur des Shahed. Des Ukrainiens attendent la fin de l’alerte dans un abri antibombes. Une autre attaque cette nuit a fait au moins 9 morts et 23 blessés. Une chaîne Telegram locale donne les infos sur les victimes et les cibles. Sans transition, pub pour un club de gym pour être en forme et musclé cet été. Pendant l’attaque, dehors, c’est à peine si les habitants ont levé le nez au ciel. La Russie a lancé 44 missiles et 659 drones sur toute l’Ukraine ces dernières 24 heures. #Ukraine #Odessa
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1 month ago
Le ciel sous les filets antidrones, dans la région de Donetsk, en Ukraine. Jour de Pâque orthodoxe.
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1 month ago
Alors que les guerres se multiplient dans le monde, le temps de la paix semble paradoxalement venu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan après plus de trente ans de conflit pour le contrôle du Haut-Karabakh. L’enseignement militaire, obligatoire à l’école à partir de 14 ans, apparaît presque anachronique. C’est Donald Trump qui a joué le rôle de facilitateur entre les deux ex-républiques soviétiques, en leur vendant l’idée d’un vaste projet commercial : la « route Trump pour la paix et la prospérité internationales ». Aussi surprenant que cela puisse paraître, le président américain est considéré comme une garantie de stabilité dans cette région tourmentée du Caucase. Son projet et l’accord de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, quoique non contraignants à ce stade, ouvrent un chapitre inédit dans l’histoire des deux pays. Ils forcent les Arméniens à changer radicalement le regard qu’ils portent sur leur voisin, dont les soldats diffusaient encore, il y a cinq ans, des vidéos de décapitation, de mutilation et d’exécution des prisonniers de guerre arméniens. « Nous devons, pratiquement à partir de zéro, apprendre ce que signifie vivre en paix », a résumé le premier ministre arménien dans un discours à la nation. La génération née sous l’URSS, lorsque les deux peuples vivaient en paix côte à côte, réapprend à « ne plus voir les Azerbaïdjanais comme des ennemis ». Un renversement de perspective que les plus jeunes, nés entre la première et la deuxième guerre dans l’enclave séparatiste, peinent à adopter. « Ils ne parviennent pas à voir les Azerbaïdjanais comme des êtres humains, confie un agriculteur de 64 ans, qui avait invité des amis azerbaïdjanais à son mariage avant la guerre. Mais nous sommes un petit pays : il faut préserver ce qu’on a. » Comment fait-on la paix après plusieurs décennies de conflit ? Reportage en Arménie à retrouver dans @lemondefr Avec @ericgrigorian
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1 month ago
Quelques jours après l’invasion russe, @laurencegeai a immortalisé les adieux d’une famille ukrainienne à la gare d’Odessa. La photo, déchirante, a eu un immense écho à l’étranger. Volodymyr Zelensky l’a publiée sur son compte Instagram le 19 juin 2022, jour de la fête des pères. Quatre ans plus tard, la mère, Kateryna Shykula, devenue photographe, a retrouvé Laurence Geai et l’a contactée sur Instagram. Aujourd’hui encore, elle vit réfugiée à Cologne, en Allemagne, avec son fils, Artem, et sa mère, loin de son mari, enrôlé depuis dans l’armée. En quatre ans, elle ne l’a revu qu’à trois reprises, quelques jours à peine. En septembre 2025, c’est le grand-père d’Artem, 54 ans, qui a été enrôlé à son tour. Kateryna a beau ne pas regarder les informations pour se préserver, elle se fait peu d’illusions : « Je connais des femmes dont les maris sont là-bas depuis trois ou quatre ans. Ce sera pareil pour mon homme et mon père : ils y resteront aussi longtemps qu’ils seront en vie et auront deux bras et deux jambes, parce que les gens meurent tout le temps, et qu’il y en a très peu pour les remplacer. » Elle sait que les Ukrainiens n’ont pas le choix pour autant : « S’il n’y a plus de soldats, ça ira vite : il n’y aura plus d’Ukraine. » Les adieux répétés et l’incertitude de revoir ses proches en vie sont devenus le lot de millions de familles ukrainiennes, écartelées par la guerre et l’exil. L’histoire de celle de Kateryna, @katja_photo_with_heart , est à retrouver dans @lemondefr Les photos 1, 2 et 3 sont signées @laurencegeai , que l’on aperçoit sur la dernière photo avec Artem, le bébé du train, devenu un petit garçon de 4 ans. #Ukraine
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2 months ago
Quand il était en prison en Biélorussie, Andreï Krylou, ingénieur de 63 ans, arborait ce badge jaune sur sa chemise. C’est à cela que les geôliers reconnaissent les prisonniers politiques, considérés par le régime de Minsk comme des « extrémistes ». « Pour moi, ce badge représente les cinq années de ma vie que l’on m’a volées », dit-il. Outre le millier de détenus politiques identifiés comme tels, des centaines d’autres, arrêtés eux aussi pour des motifs politiques, croupissent en prison sans pouvoir être répertoriés. Le régime de Loukachenko fait tout pour qu’ils restent cachés, tout en poursuivant les arrestations massives. Rien que cet été, plusieurs centaines de citoyens ont été incarcérés pour avoir fourni des informations au projet pro-ukrainien Belarusian Hajun, qui surveillait les opérations militaires des troupes russes déployées en Biélorussie, alliée de Moscou. Aujourd’hui, c’est essentiellement grâce aux témoignages des détenus relâchés que certains prisonniers politiques cachés peuvent être identifiés. Ceux qui ont accepté de répondre au @lemondefr en Lituanie, où ils ont été expulsés après leur libération, espèrent aider ces hommes et ces femmes — condamnés pour leur soutien à l’Ukraine ou un « like » sur internet — à sortir de l’ombre. Les photos 1 et 3 sont signées @pkritchko Photo 1, Andreï Krylou, relâché en septembre après presque cinq ans de détention. Il a choisi de témoigner à visage découvert malgré les risques. Photo 2, le badge jaune qu’il portait en prison. Photo 3, « Kastus » (prénom d’emprunt pour des raisons de sécurité), ex-prisonnier politique de 45 ans, condamné à cinq ans pour un commentaire sur les réseaux sociaux, et relâché peu avant la fin de sa peine contre une levée des sanctions américaines. Photo 4 : vidéo envoyée par Andreï Krylou pour Noël, dans laquelle il souhaite « le bien et le bonheur ». Son écharpe, dont les couleurs symbolisent le combat pour la démocratie en Biélorussie, lui vaudrait d’être aussitôt arrêté dans son pays. Le reportage sur les prisonniers politiques de l’ombre en Biélorussie est à retrouver dans @lemondefr Avec @pkritchko et Veranika Vihouskaya #Belarus #Ukraine #Lituanie
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4 months ago
#Lituanie Le militant biélorusse des droits humains et co-lauréat du Prix Nobel de la paix 2022, Ales Bialiatski, 63 ans, a été relâché par le régime de Minsk après 4 ans et demi de prison en Biélorussie, et expulsé vers la Lituanie voisine. Le fondateur de l’ONG Viasna avait été arrêté en 2021 et condamné en 2023 à dix ans de prison. Ses proches et soutiens craignaient de ne jamais le revoir vivant. « Je suis submergé par les émotions », a-t-il raconté au @lemondefr quatre jours après sa libération. A Vilnius, il y a aussi cette Biélorusse forcée à l’exil qui aide clandestinement les familles des prisonniers politiques toujours aux mains du régime d’Alexandre Loukachenko, allié numéro un de Poutine. Elle a aussi pris sous son aile ce chat ukrainien évacué en pleine guerre. Une militante de Viasna, qui documente la répression en Biélorussie, s’est fait tatouer sur le bras le message au cœur de son combat : « Vivez librement et soyez libre ». Des anciens prisonniers politiques biélorusses relâchés et expulsés vers la Lituanie fabriquent des filets camouflage pour les Ukrainiens. Les trains ont installé leurs décorations de Noël. Une application a été créée en mars en Lituanie pour préparer la population en cas de guerre, alors que les attaques hybrides se multiplient. L’appli liste les abris anti-bombes, ce qu’il faut mettre dans son kit de survie, quelle nourriture et médicaments stocker, que faire en cas d’attaque nucléaire, si un engin non identifié survole le ciel, etc. Tout le monde s’attend à une attaque prochaine de la Russie. « Le pays sera rasé, parce que partout où elle passe, la Russie détruit tout », explique un professeur d’histoire. Les plus riches achètent déjà des maisons à l’étranger pour s’y réfugier « quand la guerre arrivera ». A l’entrée d’un café de Vilnius, le portrait du « Dicktator ». Avec @pkritchko et Veranika Vyhouskaya #Belarus #Lithuania
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4 months ago
Voici la carte de l’Ukraine. La fine bande en rouge foncé correspond à ce que l’armée russe a conquis entre décembre 2022 et décembre 2025. Soucieux de présenter la Russie en position de force dans le cadre des négociations de paix avec Washington, Vladimir Poutine multiplie les déclarations triomphalistes voire mensongères concernant la progression de ses troupes, pourtant très modeste et au prix d’énormes pertes. Même les blogueurs militaires prorusses ne cachent pas leur agacement face à cette désinformation. Cette stratégie du Kremlin porte un nom : la « guerre cognitive ». En réalité, en près de trois ans, du 12 novembre 2022 au 17 août 2025, la Russie n’a conquis au total que 5 842 kilomètres carrés supplémentaires, soit moins de 0,97 % du territoire ukrainien, a calculé DeepStateMap, qui cartographie quotidiennement la ligne de front. Mais chaque gain, même très modeste, est annoncé triomphalement, favorisant un effet de loupe souvent trompeur au bénéfice de la Russie. Les pertes russes, elles, sont « colossales », affirme le Center for Strategic and International Studies (CSIS) dans un rapport paru en juin. « Au total, 250 000 soldats russes sont morts en Ukraine, pour un total de plus de 950 000 victimes (blessés inclus). La guerre en Ukraine est le deuxième conflit le plus meurtrier pour la Russie depuis un siècle ». Côté ukrainien, le CSIS évalue le nombre de soldats tués « entre 60 000 et 100 000, pour un total de 400 000 victimes (blessés inclus) ». L’objectif de Vladimir Poutine est clair : faire croire à une victoire russe inéluctable et obtenir par la négociation ce qu’il n’a pas réussi à emporter par la voie militaire. Cartes réalisées par le service infographie du @lemondefr #Ukraine #Russie
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5 months ago
Vu à Kiev. #Ukraine #Kyiv
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6 months ago