đ©”đ©·đ€ un an Ă vivreâŠ
Aujourdâhui, ça fait un an, jour pour jour, que je transitionne hormonalement. Un an que je nâai plus lâimpression de survivre, mais que je me laisse enfin ĂȘtre, et mâautorise Ă considĂ©rer la personne que je suis et que jâai toujours Ă©tĂ©.
Il y a un an, jâai commencĂ© le drag et jâai commencĂ© ma transition en mĂȘme temps. Au fur et Ă mesure, câest grĂące Ă ce milieu que jâai pu, moi, Luce, grandir, mâinstruire et avancer. Mais jamais seule. De nombreuses femmes transgenres ont croisĂ© ma route et, jamais sans elles, je ne serais lĂ aujourdâhui.
Un an que je vois mon corps changer, et que je ne suis pas la seule à le voir. Que les regards sur ce dernier, et mon regard, changent. Que je le désire et me sens désirée, enfin, aprÚs 21 ans à exister.
Ce corps, ce nâest pas que mon enveloppe, cette peau qui sert Ă contenir mes organes, mais câest ce qui fait mon unicitĂ©. Peu importe sa finalitĂ©, ses changements, ses blessures, il porte ma personne et son histoire avec.
Chaque jour, jâai peur. Oui, jâai peur de me faire agresser en allant au travail le matin. Oui, jâai peur de ne pas faire « assez femme » et que lâon me juge au son de ma voix, Ă mon apparence, Ă ma posture⊠Oui, jâai peur de ne jamais trouver quelquâun qui mâaime et me chĂ©risse pour ma personne, avec ses changements ou non.
Jâai peur, mais jâaccepte de vivre dans la peur, car la peur, elle, me tient en vie. Choisir de mâassumer, câest choisir de vivre. Ătre moi-mĂȘme et commencer ce cheminement mĂ©dical pour ĂȘtre en accord avec la personne que je suis, câest oser se mettre en danger Ă la vue dâune sociĂ©tĂ© hĂ©tĂ©ronormative qui nous utilise et nous utilise comme un simple fantasme. Nous ne sommes pas juste des corps : nous sommes des ĂȘtres humains, et ĂȘtre vues comme telles en devient un luxe pour nous.
Aujourdâhui, je cĂ©lĂšbre ma transidentitĂ©, ma personne, qui je suis.
1 month ago