187 jours plus tard.
Un court-métrage original signé Dilly.
J’suis dans mon canapé.
Celui qui m’a coûté l’argent que je n’avais pas.
J’suis presque affalée.
Et je cherche l’inspiration pour faire larmoyer tous pleins de pleurs.
Mais je m’en fiche un peu.
Je mordille mes lèvres.
Ça saigne.
Et j’ai mal aux yeux parce qu’il est bien trop tôt dans le tard de jeudi qui n’est plus, car on est déjà demain.
Maama.
Qu’est-ce que tu fais en ce moment ?
Est-ce que j’ai le droit de demander ?
Ou dois-je attendre mon tour ?
C’est sûr qu’on va commenter ça ensemble.
Mais j’pourrais pas en faire un article ou une histoire quelque part… dommage.
Désolée de ne pas être venue.
Trois ans, c’est beaucoup.
Je suis désolée.
Merci d’avoir écrit ma chanson.
Je l’écoute aussi souvent que j’y pense.
Très peu de fois donc.
Ça va toujours chercher les larmes de t’entendre.
Et je déteste être navrée.
J’espère que tu n’es pas vexée.
C’est juste que c’est trop tôt.
Bref.
Je n’ai rien à dire de plus que tout ce qu’il y a de meilleur en moi était pour t’impressionner.
Tout mon travail, quelque part, c’était pour te laisser propager les rumeurs.
J’suis pas certaine que t’aies lu mon premier livre, par ailleurs, mais très certaine que tu as lu la dédicace et que tu l’as posé quelque part où tu pouvais le voir tous les jours.
Nene.
Je sais que j’ai dû te dire que je t’aimais deux fois dans notre vie.
Et puis, tu rigolais parce que tu trouvais ça étrange.
Ça me fait toujours rire.
D’une Oumou à une autre.
Mali tê soné comme avant blé.
Parce que i tara.
I tara ka nê to yen.
Et n’te sé ka mogô accablé.
M’bife grand-mah.
Kambe,
Oumou DIAKITÉ
laissez-moi vous conter une histoire.
c’est l’histoire d’une enfant de douze ans qui s’ennuie parce qu’elle est déjà trop amie avec le bonheur.
elle est lassée des crampes zygomatiques.
elle espère d’autres conquêtes heureuses.
elle est capricieuse de vivre les félicités comme des bonjour.
et aimerait s’assurer de la capture d’autres félicités.
alors, elle pense à un symbole.
et veut s’en déguiser.
alors, un jour.
en l’an 2014.
quelque part dans son onzième mois.
elle s’écrit une lettre pour se souhaiter d’être reconnue pour la paix.
c’était un jeu.
mais onze ans plus tard.
elle remporte le prix de la Paix dans la catégorie « Jeune pacificateur ».
ça c’est l’histoire.
même trop historique pour que j’aie l’idée un jour de l’écrire et de la vendre.
Dieu et le travail sont au centre des choses.
c’est bouleversant.
bref.
je crois pouvoir dire, sans trop me tromper, qu’il y a des mots qui semblent trop grands pour nous.
puis, la paix en est l’un d’entre eux.
on le prononce souvent en souhait en soufflant des bougies d’anniversaire, en premier vœu que le génie demande, en cadeau sur la liste du père Noël, dans une ultime dou3a, à la fin d’une messe, en se couchant pour gagner un conseil dans la nuit.
dans mon discours.
ma gorge était serrée par la pensée de la guerre.
et mon cœur n’avait d’yeux que pour la Palestine, le Soudan et le Congo.
je n’y pensais pas en drapeaux lointains ni tels des fragments d’actualité que l’on consomme avant de passer à autre chose.
comment passer à autre chose ?
je pensais aux génocides qui s’opèrent là-bas comme des plaies béantes dans le corps du monde.
je pensais à ces territoires amputés de leur droit le plus élémentaire : celui d’exister dans la paix et la liberté.
bref.
je ne crois pas que la paix soit une promesse.
je crois qu’elle est un labeur.
une lente traversée où l’on apprend à ne pas répondre au monde par sa cruauté.
la paix est un refus — refus de renoncer à la morale, refus de laisser les plus vulnérables parler seuls.
enfin.
cette distinction est adressée à grand-maman.
Oumou DIALLO.
qui je sais, aurait survécu de fierté si j’avais eu le temps de le lui dire.
paix à ton âme.
mince, j’ai 6 nouvelles personnes à ajouter sur mon testament.
mince, j’ai des centaines de personnes pour qui mon coeur est, finalement, partagé en morceaux.
mince, j’ai un nouveau souvenir extraordinaire que la maladie [l’amnésie] me forcera à oublier ; mais bien heureusement il y aura les clichés du 14 qui raconteront l’histoire.
Dans les marges d’un Journal (im)personnel.
Le 14 juin 2025 à 19h.
Une pièce de théâtre originale, signée par mon auteure.
Je.
Je m’appelle Oumou DIAKITÉ.
Depuis septembre 2024.
Je travaille sur la réécriture de mon premier livre pour en faire un spectacle.
Parce que je ne peux pas simplement vivre.
J’ai toujours besoin de grandioses affaires.
Et quelque part marquer chaque époque de mon existence.
Alors, quelle jouissance de vivre ce dont j’ai toujours été dessinatrice.
Bref.
J’ai réussi.
30 pages de jeu dramatique, comique, romantique plus tard.
J’ai réussi.
7 comédiens plus tard.
J’ai réussi.
Un lieu qui me rappelle tous les beaux sentiments du monde — comme à son berceau. Un Centre Afrika plus tard.
J’ai réussi.
Un public ; vous.
Bref.
J’aimerais que vous puissiez être là le 14 juin prochain au 1644 rue Saint-Hubert à Montréal.
J’aimerais que nous fêtions ensemble Journal (im)personnel.
J’aimerais que vous veniez pleurer avec moi les pages du livre qui a changé ma vie pour toujours.
J’aimerais que nous puissions rire car heureux de voir cet ouvrage grandir plus fort, plus vite.
J’aimerais que vous repartiez avec un morceau de mon ego, une graphie et un joli mot à l’intérieur de votre partir.
J’aimerais que vous ayez le cœur à applaudir la scène et celles et ceux qui interprètent les personnages de ma tête.
Schizophrénie collective et photos-souvenirs, car je veux rester malade de ce moment futur.
« Papa, maman, Souki : j’ai produit un spectacle. Je garderai 3 places pour vous, même si vous ne pourrez pas venir. Votre fille, ta sœur. »
Prenez vos places dans la billetterie de ma biographie.
Reconnaissante,
Oumou
💛
✍🏾
J’ai écrit un livre.
bref.
Je m’appelle Oumou DIAKITÉ.
Et depuis toujours, je n’ai jamais su cueillir de rêves ; jamais.
Depuis toujours, je me trimballe avec quelques grandes aspirations que je m’efforce de conduire en excellence.
Et depuis.
Depuis, je crois que je ne me débrouille pas trop mal.
En fait.
Le truc quand tu n’as pas de rêves.
C’est que tu n’attends jamais de dormir pour penser au meilleur.
Le truc quand tu n’as pas de rêves.
C’est que tu ne regardes pas le ciel avec le ridicule en espérant que quelque chose de génialissime y tombe.
Le truc quand tu n’as pas de rêves.
C’est que tu es à l’abri de la chance, des pattes de lapin et d’autres imaginaires superstitieux.
Tu te présentes aux opportunités avec d’intelligentes maladresses.
Le truc quand tu n’as pas de rêves.
C’est que les étoiles filantes ne sont pas ta mère sauveuse, mais que le travail est ton père salvateur.
bref.
J’avais huit ans quand j’ai compris.
Comprendre que ce qui est aimé mérite franchement d’être penché sur les feuilles.
J’avais huit ans quand j’ai compris.
Comprendre que les histoires dans ma tête seraient merveilleuses si elles étaient griffées ou peintes sur du papier.
bref.
Autant l’amour que les banalités négatives auront leur place dans mes pages.
J’avais huit ans quand j’ai eu l’idée de gribouiller mes ambitions de grandes dames au stylo violet paillette.
Et parmi elles, d’ailleurs, celle d’écrire un livre figurait en deuxième plan après l’envie de devenir championne d’athlétisme.
bref.
Même si j’ai arrêté les compétitions et qu’il fait bien longtemps que je n’ai pas foulé les pistes rouges et chaussé des pointes.
Je crois avoir couru assez vite pour réaliser ce point de cette petite liste d’élémentaire.
Première course, 100 mètres ou plutôt treize ans plus tard, arrivée en ligne avec sous mon dossard cet ouvrage : Journal (im)personnel.
bref.
Pour toujours, maintenant, un peu de moi saura se ramentevoir dans les mémoires du monde.
Mais surtout dans les terres de mes propres souvenirs.
bref.
Mon tout premier livre Journal (im)personnel est disponible partout, notamment si tu cliques sur le lien dans ma biographie 🤪
Passionnément,
Oumou
🫶🏾