Norvège (Partie 1)
Arrivée à Oslo
Dernière journée à Copenhague. On enfourche nos vélos en direction du traversier, il pleut. On est à la fin mai et il fait frisquet.
En chemin on s’arrête dans une partie de la ville, en marge du « centre urbain », qu’on n’avait jamais visité. L’architecture moderne contraste avec le ciel gris et la pluie froide.
Au bord de l’eau il y a une école qui ne ressemble à aucune autre. Au travers des fenêtres je vois les étudiants, j’essaie de m’imaginer leur vie dans cet environnement. Sont ils plus heureux que les enfants chez nous?
On s’arrête au Netto, l’épicerie pas trop chère, pour une dernière fois. On fait des provisions pour la traversée. Sur le bateau qui nous amène à Oslo, on joue au bingo et on regarde une performance musicale. On se demande pourquoi il y a toujours ce genre de divertissement lors des longs trajets de traversier. Nous qui pensions que c’était seulement au Mexique que ce genre de truc existait!
On visite la boutique hors-taxes. On achète une bouteille de vodka norvégienne bon marché avec l’intention d’en transporter le contenu sur nos vélos, dans un autre contenant évidemment. Réserves pour les fins de journées difficiles, mais aussi pour les fins de journées magnifiques.
Après un petit dodo qui parait trop court dans notre cabine plus que sombre, on se lève pour admirer notre arrivée dans le fjord. Il pleut. C’est à couper le souffle. On ne peut s’empêcher de rêver à ce qui s’en vient, aux kilomètres que nous allons parcourir dans les prochains mois.
Lorsqu’on débarque du bateau, la dame au port nous demande si nous avons quelque chose à déclarer. Une demie bouteille de vodka. Elle nous sourit et nous fait signe de passer. Nous sommes enfin arrivés à Oslo!
Danemark (Partie 2)
Copenhague, cette ville exceptionnelle qui nous a fait réaliser pour la deuxième fois à quel point il peut être agréable de vivre en ville. Par un petit matin pluvieux de la fin mai, je regarde la rue de mon perchoir, sur le balcon de chez Didi et Henry. J’aurais pu y rester des heures. Admirer le calme, le silence. Malgré qu’ils habitent sur une assez grande artère, tout ce que je vois ce sont des jardinières en fleur et des cyclistes. Des monsieurs en habit, des madames habillées chic, des enfants sur des petits vélos ou sur des vélos cargos. C’est le genre de situation qui me rend émotive par sa beauté et sa simplicité.
Durant notre séjour, nous avons eu la chance de voir les habitants profiter du printemps en déambulant sans but dans les rues, en profitant du bord de l’eau (qui ici est majoritairement public) pour se baigner ou se prélasser, ou encore en sirotant un breuvage sur une terrasse. La vie ici est douce. Cette dernière étape avant d’arriver réellement en terrain inconnu aura été magnifique. Maintenant, les montagnes nous appellent.
Danemark (Partie 1)
Arrivés en Scandinavie!
Après une petite ride de traversier de l’Allemagne au Danemark, sur lequel l’activité principale consiste à se procurer des biens de consommation à moindre prix, on donne nos premiers coups de pédales scandinaves. Ceux-ci sont associés à un réseau de shelters impressionnant où l’on peut dormir gratuitement, à des paysages côtiers et agricoles et un montant moyen dépensé à l’épicerie plus élevé. Ces coups de pédales riment aussi avec peu de dénivelé, parce que le Danemark c’est plat, comme pas mal tout ce qu’on a fait jusqu’à présent. Le contraste avec notre dernier voyage est frappant. On avale les kilomètres, certainement, mais on est excités de voir les montagnes.
C’est en grande partie pour cette raison que nous avons décidé de nous rendre directement à Copenhague d’où on peut prendre un traversier qui nous amènera à Oslo, la capitale norvégienne. C’est aussi pour revisiter cette magnifique ville qu’on avait eu la chance d’explorer en février 2019. La majorité des cyclistes se rendent jusqu’à l’extrémité nord du Danemark pour ensuite prendre le bateau vers Kristiansand en Norvège, mais l’appel des montagnes était trop fort. On voulait changer de paysage et vivre quelques défis physiques.
Ce qu’on retient du Danemark ce ne sont certainement pas les paysages, mais les rencontres qu’on y a fait. Des gens accueillants, curieux, inspirants et quelques fois très divertissants. Merci gang!
Allemagne
La côte allemande est grise et froide par ce début de mai pluvieux, ce qui n’empêche pas les promeneurs d’errer le long des stations balnéaires, dans l’espoir que le soleil arrivera enfin. On zigzague entre les passants. La mer est foncée, on dirait qu’elle est fâchée.
C’est le retour de la forêt et des arbres, ce qui nous fait le plus grand bien après notre passage aux Pays-Bas, où chaque arbre est répertorié dans ArcGIS, où la nature semble aussi bien administrée que le reste du pays. C’est aussi le retour du camping sauvage (qu’on pourra pratiquer pour tout le reste de notre voyage, merci la Scandinavie). Malgré qu’il soit techniquement illégal en Allemagne, la forêt nous offre un refuge où l’on peut cacher notre tente quelques heures, le temps de reprendre des forces.
On est bien heureux de pouvoir économiser 20 euros par jour (la moitié de notre budget quotidien) en plantant la tente derrière une souche qui nous sert de camouflage. Il y a certains avantages aux campings organisés, comme pouvoir prendre une douche, mais ceux qui nous connaissent savent que ça n’a jamais été une de nos priorités! La preuve, on arrive chez notre Warmshowers à Lübeck et ça doit faire une bonne semaine qu’on ne s’est pas lavés. Il nous indique poliment qu’il préfère ne pas avoir de « smelly cyclists » dans sa maison. Ça ne prend pas 5 minutes que tous les vêtements sont dans la laveuse et nos corps eux, se font décrasser dans la douche. Quelle belle sensation!
L’Allemagne nous a aussi offert toutes sortes de saucisses; séchées, au frais, en pot, en canne… et de la bouffe vraiment pas cher (merci au Aldi), des interactions cocasses avec des gens qui ne parlent pas un mot d’anglais (c’est difficile d’expliquer notre voyage avec des gestes et des mimes) et un genre de retour dans le temps difficile à expliquer. Prochaine étape, le Danemark 🇩🇰
Pays-Bas (Partie 2)
Quelques photos de plus du pays qu’on pourrait renommer les Pays-Plats!
P.S. Désolé pour les longs intervalles entre nos publications et notre retard monumental, on est trop occupés à avoir du plaisir et à profiter du moment présent!
Pays-Bas (Partie 1)
Un copain cycliste hollandais nous avait conseillé de ne pas concevoir notre itinéraire à travers son pays en pensant aller le plus vite possible du point A au point B. Ça tombe bien parce que c’est très rarement ce qu’on tente de faire.
Nous avons donc suivi ses conseils et concocté un itinéraire qui nous ferait visiter plusieurs petites villes et villages et nous donnerait l’occasion de manger beaucoup de crème glacée (et de gouda, qui se prononce en fait, haouda)
Aux Pays-Bas, le vélo est roi. On roule donc sur un assortiment de chemins où les cyclistes n’ont jamais à se préoccuper des voitures, il faut juste faire attention aux moutons, ils sont partout. Si un mot pouvait décrire notre traversée du pays, je pense que ce serait : paisible. Les seuls côtes qu’on a dû monter sont les ponts et les passages d’un côté à l’autre des milliers de digues qui font en sorte que le pays existe, sinon ils serait presque totalement sous l’eau! En plus, le soleil ne nous a jamais lâché. Bon, on a eu un vent de face toute la semaine, mais on ne peut pas tout avoir quand même!
Ce n’est assurément pas la destination vélo la plus excitante de toutes, mais nous avons quand même été charmés par les petites villes sillonnées par les canaux (non non il n’y en pas seulement à Amsterdam!) et les petits bonbons qu’ils mettent sur leur pain le matin. Aussi, il faut se le dire, en tant que cyclistes convaincus, c’est inspirant (parfois même émouvant) de voir tout ce qu’un pays peut faire quand il se donne les moyens de réduire au maximum l’utilisation de la voiture au profit des déplacements à vélo et à pieds 💙
Belgique (Partie 2)
À en croire les photos, on pourrait penser qu’on ne fait même pas de vélo! Détrompez-vous, on a quand même parcouru un gros 276km à vélo, ce qui a dû occuper genre 25% de notre temps en Belgique, mais il semblerait que ce n’était pas la partie la plus intéressante à prendre en photo. On a quand même eu la chance de pédaler un peu sur des petits sentiers forestiers magnifiques et sur de belles petites routes tranquilles. Les coups de pédales défilent paisiblement et on se laisse flotter dans le moment, fort probablement au son d’une émission de Radio-Canada.
Nous avons passé seulement 7 jours en Belgique et lorsqu’on arrive à la frontière des Pays-Bas, on se dit un peu « ah non pas déjà, ça passe trop vite!». Les distances à parcourir d’une ville à l’autre ou d’un pays à l’autre ici sont courtes et ça clash énormément avec notre précédente aventure à vélo en Amérique. Cette proximité nous remet en pleine face l’étendue immense du territoire canadien et sa population clairsemée.
Nous gardons un souvenir précieux de ce temps en Belgique. Merci à Carlos, Delphine et Piotr pour l’accueil, merci aux gaufres, à la crème glacée et à la bière 🍻
Belgique (Partie 1)
On était dans un champ en France et puis on a traversé la rue et on s’est retrouvés dans un champ en Belgique. Eh bin coudon! Ça prenait juste ça pour que la bière devienne incroyablement bonne, que les infrastructures cyclables soient top, que les maisons changent complètement de style et qu’on ne comprenne plus rien quand les gens parlent. Les frontières c’est fascinant, encore plus lorsqu’elles ne sont pas marquées par une transaction avec un douanier pas toujours gentil. En fait, cette fois on a dû regarder la carte attentivement pour savoir qu’on avait traversé, parce qu’il n’y avait même pas de pancarte.
Félix nous avait concocté un itinéraire centré sur les visites brassicoles. Donc la première chose que nous avons fait en arrivant en Belgique, c’est de visiter une brasserie. On en apprend plus sur le processus de fabrication de la bière belge, mais aussi sur l’histoire derrière sa production et sur l’histoire de la région. On est comblés!
Notre trajet nous fait aussi découvrir autant de petits villages que des grandes villes de la Belgique flamande. Les petits villages sont tranquilles avec leurs maisons incroyablement propres et bien bâties alors que les grandes villes sont majestueuses et grouillantes de vie. On s’émerveille devant tant de gens, de tous âges qui se déplacent à vélo. Ça nous rend même un peu émotifs quand on voit tous les parents attendre leurs enfants avec leurs vélos cargos à la sortie de l’école. On se demande pourquoi on n’arrive pas à avoir ça chez nous. On mange de la « frituur », passage obligatoire un peu décevant, mais rien qu’une bonne bière à 1 euro ne peut compenser.
Ah oui et pour ce qui est de faire du vélo, bah c’était plat alors rien de trop demandant et en plus, il y avait du pq dans les toilettes des campings 🥳
France (Partie 7)
Nos premiers 1000 km. Renouer avec le vélo.
Notre dernier voyage à vélo, on se souvient, avait fini un peu brusquement. On était complètement démotivés, on avait plus la force d’avancer et en plus, la dernière fois qu’on avait enfourché les vélos, ça a terminé avec les mains de Katherine en sang et un autobus qui perd une roue en chemin…
Repartir en vélo nous offrait donc certaines appréhensions; est-ce que la motivation sera au rendez-vous? Comment ça va se passer sur le vieux continent? Est-ce qu’il va pleuvoir tous les jours? Est-ce qu’on va avoir du plaisir?
Les 1000 premiers kilomètres de cette nouvelle aventure nous auront permis de réapprendre à se déposer dans le moment présent, de reprendre le rythme qu’est cette méditation active de tourner les pédales et de voir le paysage défiler, impuissants devant la lenteur de nos mouvements. Nous avons dû réapprivoiser cette vie à 15-20 km/h, à la merci du soleil, du vent et de la pluie. Nous avons aussi renoué avec le sentiment de liberté incroyable que procure le voyage à vélo; prendre conscience que c’est nous les capitaines de nos vies pour les huit à dix milles prochains kilomètres.
Peu à peu nos fesses se sont endurcies et nos jambes se sont réveillées. Nous avons repris nos habitudes, nos routines, nos gestes quotidiens comme si on ne les avaient jamais laissés. Nous étions prêts à revenir à cette vie.
Nos 1000 premiers kilomètres ont été ponctués de soleil, de pluie et de vent, mais aussi de routes paisibles, de panoramas magnifiques sur la mer, de lieux historiques, de bonnes bouffes et surtout de bonnes personnes. Un énorme merci à toutes les âmes généreuses qui nous ont accueillies dans leur maison! Damien, Anne-Isabelle et Mark, François et Martine, Angélique, Anne et Vincent, Luc, le gars du camping de Ault, Anne, Charles et Arnaud. Merci d’avoir fait partie des débuts de notre aventure.
Maintenant que le train est lancé, nous prenons confiance pour la suite et malgré le temps froid, la motivation est au rendez-vous, l’appel de la route se fait sentir!
France (Partie 6)
La Normandie nous accueille avec ses falaises, ses lieux chargés d’histoire, sa gastronomie régionale et ses habitants bien sympathiques.
Notre itinéraire nous offre un mélange de champs fleuris, de côte magnifique et de villages super mignons. Quelques petites grimpettes nous attendent, mais rien de trop difficile, surtout quand la vue est aussi jolie. En fait on est même heureux de prendre de la hauteur, parce que notre parcours a été plutôt plat depuis notre départ et les kilomètres à venir dans les prochaines semaines aussi, seront bien plats!
* À noter que les deux premières photos sont encore en Bretagne (Saint-Malo).
France (Partie 5)
Nous arrivons rapidement à notre première destination touristique du voyage, la ville de Saint-Malo. Tous contents de découvrir cet endroit historique après avoir regardé la série “All The Light We Cannot See” qui, on l’apprendra plus tard, a en fait été tournée partout sauf à Saint-Malo.
On choisi donc de passer la nuit dans un vrai camping, ce n’est pas donné, à dix euros par personne (considérant que notre budget quotidien est de vingt euros par personne), mais nous sommes à 30 minutes de marche de la vieille ville fortifiée, on se dit que ça vaut la peine. Le camping est vraiment bien, il y a de grands espaces pour faire la vaisselle et le lavage, des douches chaudes, du wifi et même un petit café ouvert le matin. Avec tout ça, on s’attendait à toutes les commoditiés usuelles dans les toilettes, mais non, et là il va falloir nous éclairer.
Voulez-vous bien nous expliquer pourquoi, en France particulièrement, le papier de toilette n’est jamais fournit et les toilettes ne sont que rarement équipées de lunettes, vous savez le petit siège qui vous empêche de tomber dans la cuvette? En plus, il n’y a jamais de savon pour se laver les mains. Êtes-vous donc en train de me dire qu’il faut traîner avec soi, son propre papier cul et son propre savon à toutes les fois qu’on doit aller aux toilettes? Je vous rappelle ici que le camping de Saint-Malo était vraiment top, mais il ne faisait pas exception à la règle. Nous nous sommes donc retrouvés, comme de bons touristes pas préparés, à acheter du papier de toilette à l’accueil du camping, parce qu’évidement, en faisant les courses, on avait pensé à la bouffe et au cidre, mais pas au fameux papier de toilette. 😂
France (Partie 4)
Après avoir bien sympathisé avec les parisiens, il était temps de se mettre en selle. Comme nous avons un temps limité pour ce voyage, 6 mois, nous avons dû faire des choix. Nous avons donc décidé de prendre le train entre Paris et Rennes afin de débuter notre périple sur deux roues là-bas. Nous en avons profité pour manger des crêpes et boire du cidre, passage obligatoire en Bretagne.
On suit donc le canal d’Ille-et-Rance pendant deux jours, le soleil est avec nous et les arbres sont tous en fleurs. On passe par Dinan, superbe ville qui nous avait été recommandée. On prend tranquillement le rythme du vélo et on profite des beaux panoramas. L’aventure commence très bien, même si on a mal aux fesses!