Le Monde Du Ciné

@mondeducine

Tous les spectacles/films en France et ailleurs font l'objet d'une invitation presse. Seuls ceux qui ont su nous interpeler sont chroniqués.
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Benoît SOLES marque de nouveau l’essai avec 22 minutes où ses qualités d’écritures et de comédien sont exacerbées. L’homme confirme son statut de grand, osons le mot, tragédien. La construction du texte et du spectacle est brillante. SOLES prend le parti de proposer un récit qui ne se limite pas au pardon mais à son prolongement : la tolérance. L’histoire, on croit la connaître. On la découvre complètement, différemment ! On assiste à une mode de plus en plus présente de microter les comédiens à tout bout de champ. Ici, cela ne gêne nullement et apporte même une véritable plus value pour donner des effets vocaux impressionnants. On soulignera d’ailleurs une création sonore et musicale particulièrement réussie qui ne nous fait pas relâcher notre attention une seule seconde. La lumière joue aussi un rôle particulier dans les émotions et dans l’action du spectacle, elle rend visibles un décor et une chronologie pourtant succincts. Grâce à une combinaison d’éléments ajoutés les uns aux autres, on se surprendra finalement à éprouver de la sympathie pour un homme présenté comme un terroriste. Preuve que la “vérité” n’est qu’une question d’angle de vue. 22 minutes propose un récit prenant au point qu’une heure vingt de spectacle défile comme s’il s’agissait de 22 minutes. Une pièce de théâtre qui s’éprouve !
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2 days ago
Pour peu qu’on soit un peu curieux de tout, cet épisode de la vie de Florence ARTHAUD est connu. Mais dans une femme à la mer, le regain d’intêret du public vient de l’art de raconter les histoires. Force est de constater que la nuit où un drame a failli avoir lieu est fort bien narrée. La tension est présente comme si on ignorait l’issue. On s’inquiète, on espère. on est pris d’envies d’encouragements qu’on refreine. Les apartés dans les pensées de la célèbre navigatrice amènent rupture et suspense aux bons moments. C’est un peu comme regarder Titanic, il s’installe un faux suspense puisqu’on le répète, on connaît la fin.  L’épuisement, le courage sont bien retranscrits appuyant sur ce qui s’installe : notre impuissance à pouvoir aider. Chaque émotion de Florence ARTHAUD est bien transmise sans pour autant que Nathalie LUCAS ne tombe dans l’imitation.  Il y a la beauté du texte comme une poésie qui fait écho à la beauté de la nuit marine. On se retrouve bercé par le bruit des vagues avant qu’elles ne deviennent le danger.  Et puis, il y a cette scénographie qui ajoute du réalisme, presque l' immersion du spectateur au milieu de la Mer Méditerranée. On évolue entre images d’ondes marines et clapotis de l’eau.  Finalement, on n’est pas en immersion, on est submergé.
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3 days ago
C’est encore un banger que nous présente Elodie MENANT avec cette pièce inspirée de l’histoire vraie de Marine BARNERIAS. D’abord, Rosy et moi jouit d’une qualité d’écriture qui nous plonge immédiatement dans un intérêt qui ne faiblira à aucun moment. A cela s’ajoute, bien entendu, la qualité du jeu remarquable. L’interprétation est vivante et d’une grande justesse. Passer d’un personnage à un autre, ça n’est pas donné à tous les comédiens, et encore plus lorsqu’il s’agit d’un seul.e en scène où les switchs de personnages se doivent d’être instantanés.  Quand Valentine nous apprend à connaître son alter ego, Rosy, il y a tant de beauté que c’est un appel à l’amour. D’ailleurs, quand certains parlent de la lutte contre une maladie en utilisant le champ lexical de la guerre, Rosy et moi fait tout l’inverse. C’est l’apaisement et l’acceptation qui donnent le la. L’humour s’emploie à ironiser les situations de doute. Double sens, personnification, les figures de styles habiles ne manquent pas et participent à notre empathie et non à de l’apitoiement.   La musique se veut lancinante. Le slam y est d’une légèreté singulière. La lumière et la création sonore permettent un changement dans le temps et l’espace parfait là où se joue une mise en scène magistrale. Ainsi, l’intensité du propos nous parvient non seulement en mots mais aussi en chocs comme par à-coups afin que “le roseau ne casse pas…” Un parcours initiatique formidable qui offre courage, force et espoir et embaume l’auditoire de bienveillance.
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4 days ago
Cette saison fait décidément la part belle aux romans de Philippe BESSON. Ceci s’explique, à n’en pas douter, par la description d’émotions intérieures superbement inventées et décrites qui donnent lieu à leur interprétation sur une scène.  Arrête avec tes mensonges exploite avec finesse et force les émotions des personnages du roman. Pas seulement par le jeu maîtrisé mais surtout par des tableaux visuels chantés, dansés et même oserait-on dit sculptés. On retiendra parmi les moments forts l’arrivée Pensée incarnée magnifiquement par un personnage disco queer qui se trouve être fascinante autant qu’improbable dans son costume chatoyant. Et que dire du tableau de scène d'amour charnel dans lequel l'érotisme se fait sans mot et sans nudité. C’est d’une beauté dans laquelle les sentiments sont transfigurés en gracieux mouvements. Une éloquence des corps.  Dommage pour l’habituel bris du 4è mur qui est sans intérêt avec une participation évidemment timide. Comme toujours, ça casse le rythme, ça nous sort de notre torpeur. Si on aime, il y a une raison : l’histoire nous renvoie à notre adolescence. Quelle que soit notre orientation sexuelle, on est nombreux à avoir vécu ce genre d’histoire en partie ou en totalité. On sort de la salle les émotions en pagaille. Les souvenirs reviennent. Qu’est-il/elle devenu.e, cet amour trop court d’adolescence, ce premier émoi ?  On adore, dans ce contexte, ce que les comédiens parviennent à retranscrire. C’est d’autant plus admirable que ce sont des états difficiles à rendre crédibles. De la maladresse de jeunes amants timides plus que de l'embarras. Le passage de personnages qui passent d’adolescents à adultes se fait pas une démonstration non palpable qui part de l’insouciance vers la maturité.  Ça nous interpelle par son impression de “déjà vu”. Davantage que de la nostalgie, la narration nous renvoie à un moi qu’on a connu il y a longtemps et qui était resté enfoui prêt à ressurgir en un souvenir heureux. C’est un parcours intime propre à chacun partagé dans silence entendu et qui se doit d’être égoïste. Unique comme une confession qui restera secrète et pourtant salvatrice, là réside le pouvoir de la pièce.
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9 days ago
Requiem(s), qui n’a pas volé son titre, agit comme un hymne à la mort. Sur des rythmes allant du classique au rock alternatif, notre exploration de l’Hadès se fait en spectateur silencieux et hypnotisé.  Le choix du noir, souvent indissociable du deuil, crée un contraste saisissant avec le blanc, le soin apporté à l’éclairage clair obscur sublime les chorégraphies. Soulignons, au passage, une création lumière qui accomplit sa tâche de magnifier les tableaux d’une scène nue de la façon la plus parfaite.  Dans Requiem(s), outre le choix musical aux orchestrations incroyables sur des classiques iconiques, les références sont multiples, qu’elles soient mythologiques ou bibliques, les enchaînements sont fluides. Dans une ambiance oscillant entre heroïc fantasy et science-fiction, les chorégraphies sont novatrices. Elles ont une audace certaine dans le fait qu’elles soient académiques et/ou hors norme. La rigueur est là. Même mieux, la synchronicité et le placement offrent un résultat arithmétique et géométrique qui relève de la perfection. Tout est mesuré. On assiste à un concentré de techniques visuellement jouissif. Le terme d’ensemble n’a jamais aussi bien porté son nom : les artistes ne font qu’un grand tout qui évolue avec chacun. Les portés n’en sont que plus impeccables.  Si le thème peut rebuter, on assiste finalement à la mort dans tous ses états avec des interprétations aussi variées que de façons d’appréhender l’au-delà. Défi, résilience, obstination… chaque émotion est là dans le corps.  Requiem(s) est une ode à la fin inévitable abordée avec une ampleur fascinante.
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10 days ago
Repentirs", un nom commun et non le verbe, s'ouvre sur une sorte de Penseur de Rodin aussi mal dégrossi que visiblement torturé. Sorte de monstre de lui-même face à une œuvre dans laquelle il cherche davantage de réponses que d'inspiration. C'est ainsi que le décor est planté sur le nouvelle création du théâtre de la suspension dirigé par Bertrand DE ROFFIGANC. Ce dernier est le génie créateur de la pièce avec la rhéthorique et l'univers qu'on lui connaît. "Repentirs" établit une réalité nouvelle face à la peinture et plus largement à l'art. Réalité ou vérité propre non universelle mais qui pousse vers une réflexion. "Repentirs" c'est la philosophie à travers l' "être ou ne pas être" ! Où des gros mots telle que "rendement" qu'on entend de plus en plus dans l'art n'a pas leur place.    Ici, le pianiste est une âme errante qui tangue tantôt vers une partition malaisante tantôt vers des notes apaisantes. La musique se joint au propos, à la peinture et se fait, ainsi, également un repentir. D'ailleurs, l'oeuvre dans sa globalité ne manque pas de repentirs. Le plus flagrant sera sans doute la représentant du modèle nu si représentatif des arts plastiques. Car oui, la pièce est, bien entendu, dans le lyrisme prosaique de répliques perspicaces mais elle donne aussi dans l'art figuratif présenté comme une sorte de dévotion excessive. L'art critique l'art face à un public davatange subjugué que choqué par les provocations. Pas seulement parce que la provocation est pertinente mais surtout parce qu'elle sème le doute dans chacune des peintures célèbres qui se révélent doublement dans des effets multiples.    Repentirs n'est pas seulement art, il est aussi artisanat : la main opère autant que l'esprit. Un esprit qui se la joue érectile.    Et puis, "Repentirs", c'est aussi un hommage au lieu qui accueille le spectacle, cette "anomalie" à 12 doigts et son histoire d'atelier d'artistes.    Installez-vous dans un confort bohème et laissez vous porter avec "Repentirs". un spectacle qui n'est pas fait pour les fragiles tant il est assourdissant par son écho. Dépêchez-vous car l'urgence est impatiente.
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16 days ago
"Viril(e.s)" pour deux dates exceptionnelles au Le Théâtre de l'Atelier Entre un démarrage sur de la musique classique et le tableau Académie d’homme ou Patrocle de Jacques-Louis DAVID, la rupture est brutale dans son pléonasme avec Hip Hop et Bombe de graffeur (notez l’emploi du masculin…) Oubliez le rose et les paillettes, ici, les femmes prouvent qu’on peut être sensible et en avoir une sacrée paire ! Si la pièce se veut psychologique, elle reste ludique du début à la fin en faisant éclater les clichés les uns après les autres mais sans enfermer la féminité dans une autre case. Toutes les féminités sont abordées sans qu’on ne porte le moindre jugement ou qu’on les assimile à ce que certain(e)s rétrogrades appelleraient déviance. Soit ! Il y a une certaine perte de repères, ceux-là même ancrés dans l’inconscient collectif mais l’écriture et la mise en scène s’attachent à les renverser d’un ou plusieurs kicks bien placés. Pas étonnant que les artistes explosent le quatrième mur à plusieurs reprises. Le breakdance et tout ce qui serait réservé aux mecs est repris, possédé par le beau sexe, terme utilisé ici par pure provocation. Car la provocation, la pièce n’en manque pas non plus. Entre confessions ultra intimes, on apprécie la confusion des genres… Si genre il y a. De nombreux sujets sont abordés : du tabou de la pilosité féminine à la drague qu’elle vienne d’un mec lourd ou non en passant par les codes vestimentaires. C’est de toutes leurs forces, pas seulement mentale, que les comédiennes bousculent les standards imposés par la société occidentale. Une pièce ou virilité rime avec vérité.
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19 days ago
Le 23 avril 2026, une semaine avant la première performance, avait lieu la soirée inaugurale du lieu de création et de présentation artistique : L'anomalie. Situé dans le VIème arrondissement, le nom interpelle et c’est l'effet escompté nous explique celui qui porte le projet : le diable Bertrand de Roffignac. Pourquoi le diable ? Beauté, esprit, ambivalence, absence de conventions. Voilà une personnalité qui donne une idée de ce à quoi on doit s'attendre dans son atelier-théâtre éphémère. Parmi la programmation de L’anomalie, on retrouve des spectacles, évidemment, de la compagnie du maître des lieux, le théâtre de la suspension qui ouvrira la saison de trois mois. Mais aussi et entre autres audaces, 24 heures avec les quarante œuvres de Shakespeare (immanquable !), de la musique (on a craqué pour Raquel Camarinha du Peanuts Piano Projets,) un hymne à la gloire des seins, des séances de cinéma nocturnes, des créations musicales présentant des centaines d’instruments, des créations aux projections multiples… Voilà pourquoi L’anomalie est ainsi nommée, la programmation est éclectique, ne s’embarrasse pas de codes. Elle est, comme se plaît à le dire notre hôte, « extitutionnelle ». Cette soirée inaugurale nous a amené dans un lieu chaleureux comme un lieu de vie familial, l’ambiance maison close en plus, où se côtoie tous les genres et non-genres, les drag queens, les métrosexuels, les effeuilleuses et même… Claire Chazal. Le genre d’endroit où on sait quand on rentre mais pas quand on sortira d’autant que la proposition du bar est financièrement très accessible. L’anomalie, ce sera sans doute, à l’image des propositions de Bertrand de Roffignac, un lieu de culture irrévérencieux mais respectueux. Un lieu qui appellera aux plaisirs de l’onanisme intellectuel pour qui veut s’élever et sortir de la bien pensance pour commencer à penser avec soi et avec l’autre.   Ouverture le 30 avril 2026.
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23 days ago
Top Hat arrive, pour la première fois, à Paris, au Théâtre du Châtelet. Et ce n’est que rendre justice à une des œuvres qui a contribué à marquer les codes de la comédie musicale. Ainsi qu’à starifier une de ses icônes, Fred ASTAIRE. Amateurs de claquettes, nous voilà réjouis car au même titre que 42th Street, Top Hat est une référence en la matière et la troupe performe dans l’art du toe et du nose avec une facilité déconcertante ! Dès l’ouverture. On se réjouit de réentendre les compositions mémorables : Cheek to cheek et Top Hat, white and tie. S’ensuit un numéro de claquette, donné par la troupe, des plus éblouissants. D’entrée de jeu, on comprends qu’on va en prendre plein les yeux pendant 2h30. Dans un décor art déco qui n’est pas sans rappeler le Music Box bâti à New York par Irving BERLIN, le compositeur du spectacle, on replonge immédiatement dans les années 20. Notons d’ailleurs que le cadre de scène lumineux s’inspire largement des colonnes se trouvant à l’intérieur dudit théâtre situé à Broadway sur la 45ème rue. Toujours entre nostalgie et hommage, on retrouve une robe inspirée de celle portée par Ginger ROGERS dans le film tourné en 1935, lorsque comédie musicale n’est pas encore considéré, à tort, chez les français comme du divertissement de niche. A propos de divertissement, Top Hat est toujours aussi fun dans ses répliques. Surtout celles piquantes de Madge. Car Top Hat mêle musique, danse, chant et, disons-le théâtre de boulevard. Top Hat, c’est jazz et c’est burlesque, dans ses deux significations pour ce dernier qualificatif. C’est old school et pourtant jamais désuet. Parmi la scénographie, on a parlé du cadre lumineux. Il est à souligner que l’éclairage du show permet un maintien dans l’époque de sa narration tout en étant ultra moderne. Si les changements de décor se font d’une seule manière, il n’en sont pas moins fluides… Bien au contraire, elle permet un passage d’une scène à une autre, sans noir plateau, en un battement de cils. La suite de notre chronique sur Facebook "Le Monde du Ciné"
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27 days ago
Le théâtre de La Huchette s’attaque à un monument de la littérature et il a bien raison. En effet, pourquoi se priver ? Quand on a un personnage torturé tel que Rodion Raskolnikov dont le rôle est parfaitement tenu par Jérémy PETIT dans le respect de la description qu’en fait l’auteur sur le plan physique mais aussi sur le plan purement théâtral. Quand aux deux autres artistes Milena MARINELLI et Adrien BIRY-VICENTE, ils relèvent le défi du multi rôle avec une allure hallucinante. Il est à souligner que la gestion de ces multi rôles est parfaitement lisible. A aucun moment, on ne se perd sur qui est qui comme cela peut parfois arriver. L’adaptation, notamment dans ses coupes, est une vraie réussite si bien que l’œuvre de DOSTOIEVSKI en devient un régal plus que digeste. Moins de personnages et une narration davantage dans l’action et les sentiments intérieurs. Et si le récit est dramatique, il sait se doter de pointes d’humour avisées. On aurait aimé le même soin sur les paroles des chansons qu’on trouve un peu faciles. Peut-être que cette simplicité est une volonté de vouloir rester dans le minimum nécessaire qu’ont les classes sociales largement représentées ? D’ailleurs, la musique est d’une simplicité qui permet de mettre en valeur les voix sublimes et nuancées des trois comédiens-chanteurs. La performance relève presque du difficile exercice du A cappella relevé haut la main ! Le décor et la mise en lumière permettent de situer facilement les divers lieux de l’histoire mais aussi de renforcer certains sentiments. De plus, les costumes sont très beaux dans leur modestie relative. La pauvreté est bien représentée avec ses petits détails qui vont bien. Et quoi de mieux que l’espace restreint de la Huchette pour se plonger dans la tête d’un esprit torturé… Crime et Châtiment le spectacle musical parvient à condenser une histoire célèbre en s’attachant intelligemment à l’aspect purement social et psychologique grâce à une équipe artistique qui va à l’efficacité. C’est le moment de découvrir ou de redécouvrir cette référence littéraire !
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1 month ago
Notre avis sur "Roberto Zucco" actuellement au Theatre 14 L’actualité nous montre des criminels aux physiques avantageux. Certains même reçoivent des propositions de contrat en dépit des choses à l’instar de Jeremy MEEKS. Qu’en est-il de Roberto ZUCCO ? Ange ou démon ? Le spectateur entre dans l‘histoire avant même que le rideau ne se lève grâce à un concert donné par deux musiciens dont le talent continuera de nous éblouir durant la pièce – Quelle superbe reprise de« Bambino » ! En effet, le spectateur n’est pas passif pendant la représentation. La scène n’existe pas tout à fait, l’entièreté du théâtre est utilisée et nous avec. Cette mise en scène a le don extraordinaire de placer le public en acteur dans une sorte de malaise toutefois suffisamment bien dosé pour ne pas nous faire quitter les lieux. Mais c’est aussi un autre aspect qui nous fait rester et avec lequel la mise en scène joue : la fascination. Tout comme les victimes de ZUCCO, on reste fasciné par le tueur. Soulignons d’ailleurs le jeu extraordinaire d’Axel GRANBERGER dans le rôle-titre. Il a en lui l’impulsion qui donne l’impulsivité vicieuse de ZUCCO. On a d’ailleurs eu la chance se trouver à cinquante centimètres de lui pour apprécier pleinement son jeu avec encore ce sentiment de vulnérabilité qui nous prend tandis que lui reste dans la séduction et la manipulation davantage par le regard que par les mots. Parlons d’ailleurs du regard qui montre parfaitement l’homme (Animal ?) en mal avec lui-même et le monde. On assiste à sa transformation étonnante : celle du garçon attirant bien sous tous rapports en apparence qui tout doucement fait place au monstre dans sa performance physique. Ces déplacements sont, en autres, la parfaite illustration de sa déchéance. La place de la prétendue beauté intérieure prend un sacré coup de pied au cul. Pour chacun des autres personnages, en particulier celui de la mère, on est sur une manière de jouer qui relève de la tragédie au sens noble du terme. Là aussi, c’est un angle intéressant qui promet beaucoup dès les premières minutes. La suite sur Facebook "Le Monde du Ciné"
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1 month ago
"Chroniques" par Peeping Tom Chroniques ne ressemble à aucun autre spectacle vu jusqu’à présent. Pas vraiment de la danse, pas vraiment du cirque, mais pas non plus un hybride mais plutôt un genre à la limite du Freak show très proche de l’art sculptural où la performance est étonnante. Alors certains diront « spectacle destiné à public de niche tel que celui de la Villette. » Peut-être… En tous cas, Chroniques appelle à une appétence inavouable tant la performance est incroyable. C’est sans doute pour cette raison que le nom de la compagnie s’inspire du controversé film 1960 Pepping Tom traduit en français par Le voyeur. L’œuvre est tellement surhumaine qu’on se demande si les artistes ne seraient pas possédés et par quel subterfuge ils présentent de telles mouvements. Ils défient les lois de la physique aussi bien en jouant sur la vitesse que sur la gravité. Et s’il y a une violence évidente, elle en est, d’une certaine manière, poétique puisqu’il y a dans la noirceur présentée, une beauté provocante et ambivalente. Mais surtout, derrière ses déhanchements irréels, Chroniques appelle à une réflexion intérieure et unique à chaque individu. L’apparente puissance des corps est jaugée avant de craquer comme des chips passant sous un rouleur compresseur ou de se figer. La narration de ces hommes désarticulés semblent créer une distorsion du temps et de l’espace. Un défi des dieux qui ramène à la crucifixion de Jésus ou au supplice de Sisyphe.  La lumière est calée au millimètre pour rendre le visuel plus percutant encore. Tandis que le travail sur le son nous fait passer d’un état à un autre voulant nous mettre dans la matrice balancée entre sérénité et calvaire.   Chroniques est une descente aux enfers vertigineuse et fascinante par une sorte de danse venue d’une autre dimension ! Osez ce cabinet des curiosités nouvelle génération.
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1 month ago