Vie Silencieuse, 2025
Dans le cadre de l’exposition Ex-aequo, commissariée par Tessa Gustin, Inès Fontaine et Camille Le Meur au run-space Chezkit à Pantin, Ronan Lecreurer invite Mayeul Reignault à concevoir une œuvre en collaboration.
Le projet Vie Silencieuse, qu’ils développent ensemble, naît de leur intérêt commun pour les emballages de toutes sortes, les gants striés du 16e siècle, le mobilier d’extérieur qui redevient plat, et les natures mortes dans la peinture.
Ils travaillent alors sur la représentation de natures mortes suggérées. En extrapolant la fonction du drap du fantôme, le même qui sert à recouvrir les meubles d’une maison que l’on ferme, ils décident de développer plusieurs scènes — ou situations d’objets — et d’en créer des housses pour les recouvrir. Les objets disparaissent, seule la composition évoque ce qui était en cours au moment où la scène fut abandonnée.
Pour Ex-aequo, la housse produite correspond à une situation laconique : une table sur laquelle reposerait un unique verre à demi rempli.
Ces natures mortes sont suggérées à travers un tissu blanc, translucide et finement tramé, qui laisse percevoir l’absence totale d’objet à l’intérieur. Seuls émergent les contrastes créés par les superpositions de couches, dessinés par les plis et les coutures des formes qui nous rappellent à des objets communs.