Il y a des journées qui te transforment.
Des jours où tu réalises la beauté du monde.
Des visages et des regards.
Ces mêmes journées qui,
en contradiction, te laissent des larmes profondes.
Dans la banlieue de Madurai, j’ai vu.
J’ai vu des enfants, heureux par euphorie,
mais que je soupçonne tristes,
par l’étroitesse du monde qui les entoure,
par le manque d’opportunités.
Médecins, policiers, avocats :
tant de rêves qui, d’ici quelques années,
seront sûrement trop vite avortés.
Dans les champs verts,
beaucoup finiront,
tristesse noire mais vêtues de saris colorés,
pour donner un sens à leurs journées.
Je me souviens des paroles de cette femme âgée,
ayant passé sa vie ici,
dans cette forêt presque désertique,
sous 40 degrés en pleine journée.
Lorsqu’on lui a demandé quels étaient
ses plus beaux souvenirs,
elle nous a répondu :
« Avant mes 14 ans, lorsque je n’étais pas encore mariée. »
Pourtant ici, c’est la dure réalité.
Pour ces femmes intouchables,
seul le présent compte.
Devrais-je appeler ça une leçon de vie ?
« Seul le présent compte. »
Quant à ces villages aux mille couleurs :
les couleurs des murs, vibrantes ;
celles de la pollution, noires ;
et celles des enfants, pleines d’espoir.
Aujourd’hui, j’ai compris
qu’on ne revient jamais vraiment le même
d’un lieu pareil.
À travers ces yeux,
dans la poussière, la chaleur,
et cette atmosphère trop souvent nauséabonde,
j’ai vu autre chose que la pauvreté :
une vérité que je ne saurai plus oublier.
Merci
@alixdlp pour ce voyage mémorable, et formateur 🙌🏻