Un grand merci pour ce texte
@mathilde_cassan
« Dans sa pratique, Marine Zonca développe le motif de l’enveloppe qu’il s’agisse d’emballages, de coquilles ou de poupées démembrées, de marionnettes désarticulées, s’intéressant davantage à ce qui façonne les apparences, supposément superficielles, plutôt que ce qui fonderait une essence. Au-delà de la question des surfaces, c’est
la question d’une potentielle connaissance en surface, superficielle, comme ce que produisent « les arts de la mémoire » qui l’intéresse
plus particulièrement. Ainsi, qu’il s’agisse de la spatialisation et de l’artificialisation du souvenir ou de la sténographie – une technique de réduction de l’écriture qui permet de prendre des notes à la vitesse de la parole –, ce sont les techniques qui donnent l’illusion par le truchement, souvent sensoriel, d’une intelligence rationnelle et calibrée qui séduisent particulièrement Marine Zonca. Elle travaille en particulier la fresque et, parfois, le dessin, appréciant la simplicité et la rapidité du geste qu’impose une telle technique, qu’elle déploie à la fois sur des surfaces planes et en volumes. De cette technique à l’imposante signification sociale et symbolique, Marine Zonca s’approprie sa dimension illusoire, anonyme et anachronique dans ses propres pièces qui déploient souvent des trompe-l’œil et des illusions d’optique. En plein régime computationnel, où la mémoire est désormais considérée comme une marchandise transactionnelle, ce sont tous les ressorts inconscients, oniriques et affectifs sur lesquels se focalise Marine Zonca. »
Mathilde Cassan
📷 Adèle Onnillon / Villa Belleville
@villabelleville