Le côté un peu maladif d’être photographe, c’est qu’on n’a surtout pas envie de prendre la même photo que tout le monde. 😆
Tout le monde faisait la queue pour monter sur la passerelle et photographier la coupole des Galeries Lafayette Haussmann.
Toujours les mêmes selfies… et en plus, il fallait payer pour ça !
À ce moment-là, intérieurement, je refusais catégoriquement de faire pareil.
Alors je suis allé chercher un reflet intéressant dans un coin, quelque chose qui permettait de mêler le plafond et le grand magasin dans une seule image. Beaucoup plus amusant comme ça.
Puis je me suis retourné et j’ai vu les yeux de Miko — et là, nouvelle inspiration.
J’ai presque collé l’appareil sur son nez bien droit (très pratique, au passage 😆), et le dôme circulaire est venu se fondre parfaitement avec sa pupille.
Ça, c’est probablement l’un de ces petits moments de triomphe que seuls les photographes comprennent. ✨
身為一個攝影師很有病的地方,就是不想跟大家拍一樣的東西。大家都在排隊上空橋看Gallery Lafayette的玻璃穹頂,每個人都是一樣的自拍,還要收錢!我那時心中就是百般不願,所以我就在邊角上找到了一片有趣的倒影,可以把屋頂和商場結合在一起,有趣的多了!一回頭看到Miko的眼睛,靈感又來了,我把相機幾乎架在她高挺的鼻子上(好用!),圓形的穹頂完美的和她的瞳孔融合在一起。這大概就是攝影師的得意時刻吧~
Je suis allé voir la tombe de Frédéric Chopin.
Petite, sans décoration ostentatoire, elle se fond presque parmi les pierres tombales alignées autour d’elle ; on pourrait la manquer sans même s’en rendre compte.
Ce qui frappe le plus, ce n’est pas son apparence, mais les bouquets de fleurs qui couvrent la tombe — déposés par des gens venus du monde entier, des personnes qui aiment sa musique.
J’ai posé la main sur la pierre humide et froide, et presque naturellement, la mélodie d’un nocturne s’est mise à résonner dans mon esprit.
Le processus avait quelque chose de magique.
En silence, je l’ai remercié pour toutes ces œuvres magnifiques…
ces morceaux que, malgré tous mes efforts, je n’arriverai probablement jamais à jouer correctement.
我去了蕭邦的墓,小小的,沒有太浮誇的裝飾,隱沒在林立的墓碑之間,幾乎一不注意可能就會錯過,最顯眼的不是它的外型,而是墓地上擺滿著花束,各式各樣的來自世界各地的人,愛他的音樂的人。我把手放在潮濕涼冷的石碑上,心中很自然地就響起夜曲的旋律,簡直有如魔法一般的過程。我在心中默默地感謝他那些優美的曲子,那些我怎麼練都彈不了的曲子。
Dans le cimetière, on tombe sans cesse sur des sculptures dédiées aux disparus.
Certaines sont solennelles et austères, d’autres plus poétiques, presque abstraites. Certaines atteignent même la hauteur de trois étages, et quelques statues sont protégées sous des vitrines de verre.
Face à cette profusion de monuments qui rivalisent d’étrangeté et de beauté, j’ai ressenti quelque chose de très particulier.
Comme si l’on pouvait percevoir, à travers eux, le dernier élan d’un être humain face à la mort — à la fois une lutte et une floraison finale.
La peur de disparaître semble ici transformée en création : ériger des statues capables de traverser les siècles pour prolonger un peu sa présence dans le monde, et tenter d’apaiser ce désespoir intime devant l’inévitabilité de l’effacement.
墓園裡時不時會看見紀念逝者的雕塑,有些莊嚴肅穆,有些則是詩意抽象,有些甚至到3層樓高,還有雕像有玻璃罩保護。看著這些爭奇鬥豔的雕塑有種很特別的感覺,彷彿可以感受到,一個人在面對死亡的最後掙扎與綻放,死亡的恐懼,透過創造能夠站立數世紀的雕像,來爭取在世上存在的延續,撫平內心對於消逝的必然的絕望。
Je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’un cimetière devienne mon endroit préféré du voyage.
Peut-être parce que, au fond, je suis quelqu’un d’un peu sombre ?
Le Cimetière du Père-Lachaise est un parc immense, vraiment immense, où reposent plus d’un million de tombes.
Je l’ai visité en fin d’après-midi. En marchant dans ses larges avenues — oui, il y a de vraies avenues et même des petites ruelles à l’intérieur — la lumière oblique de l’hiver traversait les arbres sombres et les longues tombes étroites dressées les unes contre les autres.
Les ombres se croisaient sur les pavés gris, dans un silence si profond qu’il imposait presque naturellement le calme intérieur.
Il n’y avait pas la lourdeur morbide qu’on associe souvent à la mort, mais il n’y avait pas non plus l’agitation vivante du monde extérieur.
Cet endroit semblait suspendu quelque part entre le monde des vivants et celui des morts, comme une frontière entre deux temps.
Et en marchant là-bas, on se retrouve presque malgré soi plongé dans ses pensées :
à réfléchir à ce que l’on poursuit dans la vie,
et à se demander où vont les choses auxquelles on tient, une fois qu’elles disparaissent.
我真沒想到墓園會是我這次最喜歡的行程,可能因為我生性就是個黑暗的人?拉雪茲神父公墓是個非常、非常巨大的公園,裡面節比鄰次的安葬超過100萬座墳墓,我是下午的時候造訪的,走在寬闊的街道上(沒錯裡面有大街也有巷弄),冬天的斜陽穿過漆黑的行道樹和一座一座高聳瘦長的墳墓,影子在灰磚地上散落交錯,靜謐的讓人不禁沉靜下來。這裡沒有死亡晦暗的沈重,但也沒有人聲嘈雜的活力,這個地方夾在生者和死後的世界之間,一個時空的交界,走在其中很自然地就會沉浸到自己的冥思中,思考生命的追求,思考在乎消逝之後會去哪裡。
Pro tip de voyage : dès que tu vois une surface réfléchissante, c’est le signal officiel pour devenir mannequin improvisé. 😆
Pas besoin de trépied, pas besoin d’embêter des inconnus : un miroir, une vitrine, une voiture garée… et hop, séance photo gratuite.
Et bonus inattendu : tu peux avoir l’air d’un personnage principal dans un décor hyper stylé sans avoir rien demandé.
Franchement, je ne sais pas pourquoi, mais tout ce qui est reflet rend les photos 37% plus réussies (source : moi).
Miroirs, grandes vitres, portières de voiture… tout est un studio photo potentiel.
Et quand on est photographe, avoir des photos de soi relève déjà de la légende urbaine — alors évidemment, je fais ça moi-même, avec détermination et absence totale de dignité
旅行pro tips:找到鏡面就是自拍合照的好時機!不用三腳架,也不用麻煩路人,只要有倒影的地方,就可以拍合照。不但如此,還可以不小心就跟漂亮的街景合影,不知道為什麼,大部分有倒影的地方拍起來都很漂亮,找鏡子,找大面的玻璃,找路上的車窗,都是可能會拍下驚喜照片的好去處。身為攝影師很難得有自己的照片,當然要自己努力爭取!
Ici, ce sont les passages couverts, autrefois des lieux de shopping très animés.
Leurs verrières permettaient aux visiteurs de flâner même les jours de pluie.
Aujourd’hui, s’y promener procure une sensation particulière — comme entrer dans une fête déjà terminée.
Les couloirs presque vides et les silhouettes clairsemées donnent une impression de calme un peu mélancolique,
tandis que les décors élégants et les boutiques à l’ancienne racontent encore l’écho d’une agitation passée.
Ce contraste invisible rend ce sentiment de perte d’autant plus palpable.
這裡是拱廊街,曾經是繁華一時的購物聖地,遮雨的玻璃拱頂讓遊客即便在雨天也能盡情地逛街,如今走在其中有種很特別的感覺,像是走進一場已經散場的派對,空蕩的走廊和稀疏的人影是蕭條的氛圍,但華美的雕飾和老派的商店又告訴你這裡曾經喧囂的痕跡,這種無形的對照讓人特別能感受到一種失落。
Photographier des scènes un peu absurdes ou amusantes dans la rue, c’est quelque chose que je dois beaucoup à mon professeur Franky.
Il a toujours le don de trouver du plaisir là où on ne l’attend pas.
Cette série est une tentative de garder une trace de ces petites découvertes qui m’ont fait sourire.
La première photo montre une vitrine remplie de globes terrestres entassés un peu n’importe comment. Je ne sais pas si c’était intentionnel ou simplement du stockage improvisé (probablement la deuxième option), mais l’image a quelque chose de presque surréaliste.
La deuxième, c’est un scooter couvert de graffitis. Le style m’a fait penser à Keith Haring, ou à ces dessins qu’on faisait enfant, à coups de correcteur blanc sur une table.
La troisième montre un immeuble en rénovation. Ce qui est intéressant, c’est qu’au lieu de voir les échafaudages, on aperçoit une bâche imprimée avec la façade de l’immeuble, presque comme un trompe-l’œil — une preuve du soin presque obsessionnel que la ville accorde à son esthétique.
Et la quatrième, un verre oublié dans un pot de fleurs sur un rebord de fenêtre.
Je ne sais pas ce qui s’est passé… j’espère simplement qu’il a été oublié, et que ce n’est pas quelqu’un qui, après quelques verres de trop, est passé par la fenêtre.
在街上拍下幽默的畫面,這件事情我受Franky老師影響很多,他總是可以在意想不到的地方找到樂子。這系列照片是為了記錄下我覺得很有意思的小發現。第一張是胡亂塞滿地球儀的櫥窗,我其實不確定是故意的還是就是在堆放雜物(大概是後者),總之是個很奇幻的畫面。第二張是畫滿塗鴉的機車,塗鴉的風格讓我想到Keith Haring,或者是我們小時後在桌上亂畫的立可白。第三張是正在整修的公寓,有趣的是你看不到醜醜的鷹架,而是印上擬真公寓外觀的帆布,讓人可以感覺到這個城市對於美觀近乎偏執的講究。第四張是一杯遺落在窗邊花盆裡的酒,不知道發生什麼事了,希望只是被忘記了,而不是喝醉酒的人已經掉出窗外了。
Si j’ai pu voir ce bleu, c’est simplement parce que nous attendions le train pour rentrer.
Je suis sorti de la gare pour fumer une cigarette… et j’ai été complètement saisi par le paysage.
J’ai attrapé mon appareil et me suis mis à courir partout, surexcité. Les Parisiens ont sans doute dû me trouver un peu excessif.
Mais j’ai remarqué quelque chose : quand on tient un appareil aussi imposant et qu’on est accroupi sous la pluie à photographier des flaques avec une concentration totale, les gens ne vous prennent généralement pas pour un touriste.
Soit vous êtes un photographe… soit un original.
Et ce n’est qu’au bout d’un moment que je me suis rendu compte que la cigarette que je tenais à la main s’était éteinte sous la pluie.
會看到這個藍色,其實是因為我們正好在等回家的火車,我走出車站抽個煙,結果完全被這般景色震懾了,抓著相機興奮地跑來跑去,巴黎人絕對覺得我大驚小怪,但我發現,當我拿著這麼大的相機,蹲在地上全神貫注地拍下雨的水窪的時候,大家通常不會把我當成觀光客,我可能是攝影師,或者就是個怪人。拍著拍著,我才發現手上的菸已經被雨水澆熄了。
Le crépuscule après le coucher du soleil à Paris est vraiment, vraiment magnifique.
Je ne sais pas si c’est à cause de la latitude ou du climat, mais juste avant la nuit, la lumière devient d’un bleu profond, presque intense, qui vient envelopper tout ce que l’on voit — les bâtiments, les feuilles, les silhouettes — dans une teinte envoûtante.
Et quand il pleut, c’est encore plus beau : le monde semble recouvert d’un voile liquide, tout se met à scintiller.
Je n’ai même plus fait attention à mon appareil sous la pluie, trop occupé à photographier sans m’arrêter.
Si j’ai la chance de revenir en France un jour, j’aimerais photographier ce Paris bleu, encore et encore…
un peu comme le Petit Prince qui ne se lassait jamais de regarder les couchers de soleil —
je crois que moi non plus, je ne me lasserai jamais de ce bleu.
巴黎落日之後的暮色實在是太太太美了!不知道是因為緯度還是天氣的關係,在入夜之前的最後餘暉是極濃郁的藍色,暈染所見的一切,建築、樹葉、人影都變成了令人迷醉的顏色。特別是下雨,更是讓世界多了一層水漾的閃閃發光,我也顧不得相機會不會濕了,頂著雨瘋狂的拍照,如果還有機會再來法國,我希望可以每天都拍拍藍色的巴黎,就像小王子看不膩夕陽一樣,我大概也會一直愛著這個藍色。
Comparée au shopping, Miko préfère largement flâner parmi les livres.
Cette ancienne bibliothèque est en réalité pleine de monde : des jeunes, des personnes plus âgées, certains sur leur ordinateur, d’autres avec un stylo à la main ; certains travaillent sur leurs projets, d’autres lisent simplement.
On y ressent quelque chose de très vivant — ce n’est pas un vestige figé du passé, mais un lieu où un esprit venu de loin dans l’histoire continue d’exister dans le présent.
Il faut dire que les gens qui scrollent sans réfléchir sur leur téléphone sont rares ici ; chacun est concentré sur ce qu’il a devant lui, sur les questions qu’il cherche à résoudre.
L’atmosphère y est presque aussi solennelle que dans une église… comme si le savoir était une forme de foi.
比起逛街,Miko更喜歡逛書。這間古老的圖書館其實裡面坐滿了人,有年輕的有年長的,有用筆電的也有用筆的,有在做報告的也有在看書的,讓人感受到這個地方活生生的感覺,不是歷史古蹟的那種斷垣殘壁,而是從遙遠的過往沉積到今日的當下依然活著的精神。不得不說在這裡無腦滑手機的人真的少,大家都專注的在自己眼前待解的難題。這裡的氛圍跟教堂一樣肅穆,彷彿知識是一種信仰。
Tu ne trouves pas que cette statue ressemble à Lucius Malefoy ?
Les bibliothèques ont toujours été des endroits où je voulais aller. J’aime les livres, et j’aime aussi voir les gens lire.
Je n’ai pas envie d’en faire trop, mais en me tenant dans une bibliothèque ancienne, vieille de plusieurs siècles, on se sent enveloppé par une sorte de solennité.
Les étagères qui s’étendent de chaque côté sont remplies de livres anciens, soigneusement conservés — on peut les voir, mais pas les toucher. Seuls les chercheurs autorisés peuvent les consulter.
À ce moment-là, j’ai soudain compris pourquoi ils accordent autant d’importance à la préservation de l’histoire.
En regardant ces ouvrages, plus vieux que moi de plusieurs siècles, j’ai ressenti à la fois quelque chose de très petit… et de très grand.
Petit, parce que mon existence repose sur les contributions d’innombrables personnes avant moi.
Grand, parce que j’aimerais, moi aussi, faire partie de ceux qui transmettent cette flamme.
Je sais que je ne voulais pas être trop lyrique…
mais j’aimerais me souvenir de ce moment, autant que possible.
你不覺得這個銅像很像魯休思·馬份嗎? 圖書館一直是我很想去的地方,我很喜歡書,也很喜歡看到有人在看書。我不想寫的太做作,但站在存在百年的古老圖書館之中,會被一種神聖的氛圍所籠罩。兩側延伸的書架上放滿了細心保存的古籍,只能看不能碰,只有有證照的研究員才能借閱。我突然能夠理解為什麼他們這麼看重歷史的保存,看著這些比我老上幾百歲的書籍,心中同時出現了渺小與宏大的心情,渺小是知道自己得以存在是踏在無數人類的貢獻之上,宏大是希望自己也能夠成為傳遞這份聖火的一員。我是認真的不想要太矯情,但我想要盡可能的記得這份特別的體驗。
Cette série de photos reflète parfaitement ce sentiment de « un Français de retour en France », comme un poisson dans l’eau.
Je le pense sincèrement : pour les Français vivant à l’étranger, revenir en France, ça guérit tout. Que ce soit la nourriture ou le quotidien, toutes les petites gênes disparaissent.
C’est aussi ici que j’ai pu voir cette expression si particulière : après avoir goûté un dessert, le visage rempli de nostalgie, ce fameux « Oh là là ».
À Taïwan, c’est plutôt un « c’est bon » poli après avoir mangé…
Au fond, la nourriture reste sans doute la forme la plus sincère de la nostalgie.
Et moi, en tant que petit ami, ma mission est simple :
quand elle se retourne vers moi en demandant « Tu crois que je devrais acheter ça ? »
ou « C’est un peu cher… »,
je lui réponds sans hésiter :
« Achète ! »
« Prends-en plusieurs ! »
« Tu ne trouveras pas ça à Taïwan ! »
這組照片體現了「法國人回到法國了」的如魚得水,我真心覺得,對於旅外的法國人來說,回到法國真的治百病,不管吃的、用的,都不再有各種不適應。在這裡也比較能看到這位女士吃了某個甜點之後,滿臉懷念,那種「Oh~La~La」的表情,在台灣的時候更多是吃完之後禮貌性的說好吃,果然食物還是最真實的鄉愁。而我身為男友的任務,就是在她回頭問我說:「我該買這個嗎?」「這個有點貴...」的時候,毫不客氣地跟她說:「買!」「多買幾個!」「回台灣沒有了!」