Oliver Laxe, 43 ans, cinéaste espagnol né en France, est une bête à concours que le grand public ne connaît pas encore. Chaque fois qu’il est passé par Cannes il en est reparti avec un prix, chaque fois plus important, jusqu’au Grand Prix obtenu en mai pour Sirât qui sort ce mercredi.
L’histoire ? Celle d’un père désemparé (Sergi Lopez) à la recherche de sa fille, qu’il espère trouver au milieu d’une free party organisée quelque part dans le désert.
Le reste ne se raconte pas. Ça se reçoit en plein plexus, comme les basses qui montent, irrésistibles de la bande-son, composée de tracks techno signés Daniel Imhof, ou Eli Brown.
Lorsque la teuf est interrompue par l’armée, la tragédie semble écrite pour ce père de famille qui se décide à suivre le camion d’un groupe de freaks, estropiés de la vie, qui décident contre les appels à la prudence d’aller planter leur camp sonore, beaucoup plus loin encore…
En arabe, le mot Sirât désigne un pont suspendu au- dessus de l’enfer. Le dernier obstacle avant le paradis. Fresque pré-apocalyptique, le film d’Oliver Laxe rappelle Mad Max, mais dans une version radicale, que le film de George Miller n’atteignait jamais.
Sirat est un survival qui pourra faire resurgir aussi le souvenir du Salair de la peur d’Henri-Georges Clouzot. Sauf qu’ici, la vie se monnaie encore beaucoup plus cher. Coup de cœur. Et grosse claque cinématographique.
Fares Fares, iconique acteur, vedette du film #lesaiglesdelarepublique photographié par FRANCOIS BERTHIER PHOTOGRAPHER Laurence Granec Memento Arte Cinema