Sortir du silence.
Non pas pour surfer sur la vague et suivre la masse, mais parce que ce mardi 2 juin marquera un tournant dans ma vie.
Je veux prendre position, mâaffirmer et assumer.
AÌ la suite des teÌmoignages poignants de ces derniers jours et du #BlackOutTuesday, je reÌalise une chose :
Nous, personnes non-blanches, avons toutes veÌcues ces situations de racisme, anodines en apparences. Toutes.
Câest tellement plus facile de faire comme si rien ne sâeÌtait passeÌ et de continuer aÌ fermer les yeux.
Et pourtant, jâai affronteÌ les « Tu as la couleur d'une merde, il faudrait tirer la chasse pour que tu retournes dans ton pays » aÌ lâaÌge de 12 ans, ou lors dâun stage professionnel « Tu ne peux pas travailler sur cet eÌveÌnement si tu gardes tes tresses, ce nâest pas assez eÌleÌgant » ou encore « Tiens câest droÌle, tu as la voix d'une blanche au teÌleÌphone ». Et jâen passeâŠ
Ces situations ont appartenu aÌ un quotidien normal pour moi, une jeunesse durant laquelle mes parents, couple mixte bienveillant, ont voulu me proteÌger du racisme virulent que eux connaissaient : « Tu devras travailler 2 fois plus que les blancs pour y arriver, Laetitia ». Jâai minimiseÌ mes origines africaines aÌ coup de « Mon peÌre est belge et flamand », « Mon nom de famille est Van Oost », « Je suis une Bounty, noire de peau mais blanche aÌ lâinteÌrieur ». Bref, omettre une partie de qui jâeÌtais pour y arriver.
Aujourdâhui, je prends la parole et lâajoute aÌ la multitude des voix qui sâeÌleÌvent.
Je vous rassure, je ne cherche pas aÌ obtenir vos larmes en partageant ceci.
Je le fais pour moi.
Pour partager ma fierteÌ dâavoir la peau meÌtisseÌe, des racines africaines, et un heÌritage que je deÌsire transmettre aÌ mes enfants.
Pour affirmer mon identiteÌ de femme 100% noire, 100% blanche, qui agira doreÌnavant face aÌ toute situation de racisme quâelle rencontrera.
Laetitia