Help! Je cherche un point d’ancrage pour crécher quelques jours pendant le festival à partir du 11 juillet. chambre chez l’habitant, prix raisonnable 🫣
« Petit, les adultes parlaient devant les enfants comme s’ils n’étaient pas là et comme si eux-mêmes n’avaient jamais été enfant. Chacun était à sa place et tout était figé…J’ai une sorte de colère intérieure qui a un peu motivé l’écriture de La maison vide. » Laurent Mauvignier, Invité d’Evq Bester dans la vingtième heure lundi 29 septembre
Une magnifique réflexion sur la transmission et la possibilité de transformer, déplacer, sublimer la violence par le geste créatif.
Découverte du tout jeune musée du Niel sur la presqu’île de Giens. Très belle exposition « Dubuffet et les magiciens » consacrée à l’art brut dans un lieu lui aussi « magique » à deux pas du très joli port du Niel. Parmi les artistes Yolande Fièvre impressionne avec ses petites boites comme un théâtre ouvert sur son imaginaire, composé de bois flottés soigneusement choisis sur la plage.
Il y a voir un ami pleurer et puis voir un ami jouer… c’est autre chose, même si l’ami qui joue peut aussi pleurer ou nous faire pleurer. Disparu le sentiment de proximité, la convention théâtrale impose une étrangeté troublante, puisque celui que l’on croit connaître s’enfante sous de nouveaux traits. Des deux côtés on navigue entre l’excitation et la peur. « vais-je la décevoir ou l’atteindre ? » « Que dire si le charme de la pièce n’opère pas ? »
Mais déjà, chacun retient son souffle et le noir engloutit le public. Sur le plateau, deux silhouettes tendues et sombres se dessinent sur un sol rouge éclatant.
Les voici donc, ils sont Alexei et Yulia Navalny, au bord du drame, en plein drame. Dans la petite chapelle du théâtre des halles, les mots de Yulia, lancés à perte, ne retiendront pas sa moitié. Les voici la veille du départ d’Alexei pour Moscou, il ne reviendra pas, Yulia le sait mais lui se raconte une autre histoire. Que peuvent se dire les amants voués à se perdre? Peut-on vivre en paix en ayant renoncé à ses idéaux ? Le dilemme tient de la tragédie antique. Yulia est déchirée, Alexei s’imagine survivre au système tyrannique de Poutine. Il y laissera sa peau. Sur le sol rouge sang ne demeure bientôt plus qu’une tache sombre laissée par ses frusques abandonnées et une alliance. Terrible et magnifique image de sa disparition.
Le spectacle est complet à Avignon mais il va tourner sur les scènes de l’hexagone ! Bravo les amis!
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« Nous sommes vivants » Quel magnifique moment de grâce ! Un temps suspendu où réinventer le monde. Les acteurs (formidables Clothilde Mollet et Hervé Pierre) n’ont plus d’âge, ils ont quatre et huit ans et des cheveux blancs, ils jouent à « on dirait que… » et nous prennent par la main pour jouer avec eux. On les suit volontiers en trottinant dans ce wonderland cabossé où je fais le pari que tout le monde retrouve une part de sa propre enfance. C’est tendre émouvant et drôle. Aux antipodes d’une bluette, les caresses et les doux mots voisinent avec les croche pattes et les méchancetés parce que l’enfance c’est vache et c’est doux à la fois. La pièce, magnifiquement écrite, célèbre la puissance de l’imaginaire enfantin, cousin du théâtre. Le théâtre où l’on met du rouge sur ses joues et des ailes d’anges pour s’envoler !
Tous les jours à 15h30 à la Scala Provence jusqu’au 27 juillet.
Il ne manque que vous pour remplir la Salle !