Dans la salle noire de lâexposition « Faire corps avec »
@centreculturelbellegarde , Ă©tait projetĂ© un montage rĂ©alisĂ© Ă partir des photographies de ma sĂ©rie « En attente du dĂ©part de la glace ». Un immense merci Ă đđđ
@tristanzilberman de
@fabriqueimage pour la crĂ©ation sonore đž Voici un extrait de la projection đœïž
Un immense merci
@didier.samson.3 pour ce trĂšs beau texte âïž
Toute vraie photographie exige une accommodation du regard. Avec les photographies de Liis Lillo, c'est du blanc le plus intense que surgit ce secret. Prise dans la glace, la figure s'estompait, attendant qu'avec le temps sâidentifie ce qui, lĂ , exigeait du regard, demandait Ă surgir, Ă "monter", terme sensible Ă toutes les personnes qui dĂ©veloppent leurs propres photographies. LĂ , dans cet imperceptible se devine une figure qui danse, qui demande Ă se mĂ©tamorphoser comme chrysalide en ses limbes. Alors, Ă qui sait attendre, monte le sentiment d'une renaissance, d'une vie potentielle, d'une libĂ©ration de la focale qui redonne un espace Ă apprĂ©hender, Ă vivre potentiellement.
Le mystĂšre de la captation est lĂ , fait de cette rĂ©traction de l'Ćil sur l'objet invisible, le sujet de la photographie, et sa progressive libĂ©ration, ouverture Ă l'espace dans le battement renouvelĂ© du regard qui suscite une vĂ©ritable libĂ©ration progressive de l'espace Ă habiter, sa renaissance. Ainsi, sans emphase, sans mĂȘme avoir l'air d'y toucher, renaĂźt le sens de l'espace, d'un espace Ă protĂ©ger, Ă rĂ©apprendre. Et le blanc de la vision devient espace tactile, dont la tendre compacitĂ© est figure de la fragilitĂ© d'un monde qui demande Ă rĂ©apparaĂźtre pour qui sait en attendre la mĂ©tamorphose Ă venir, tectonique des plaques glaciaires renouvelĂ©e, interrogeant notre façon d'habiter le monde pour qu'il nous reste ce monde avec qui nous ne faisons qu'un, si du moins, nous acceptons encore de comprendre que nous ne faisons qu'un avec lui. Aux limites de l'ĂȘtre, sans mots, il apparaĂźt. Toute glaciation appelle ce dĂ©gel qui nous rend Ă la conscience de ce monde qui nous fait ĂȘtre, indissolublement porteurs de la mĂ©moire de ce qui nous a fait ĂȘtre.
â Didier Samson