DEUX PORTRAITS DE ROLAND SIG
Roland Sig représenté en Pic grand épeiche par son proche ami, Georges Goldfayn, dans la « Carte d’analogies » qu’il lui consacre en 1958. Ce jeu surréaliste consistait à établir une carte d’identité en respectant certaines contraintes : par exemple le domicile est remplacé par un tableau, la taille est une essence d’arbre, la voix est un titre de poème — ce qui donne pour Sig (par ailleurs « né de l’accouplement d’une liane en fleurs et d’une voilette pailletée » : « Le tableau de Watteau intitulé Gilles », « Le bouleau argenté » et « Silhouette de paille (André Breton) »… Georges Goldfayn appartient comme Roland Sig à la « deuxième génération surréaliste ». Ils font la connaissance d’André Breton à la même époque, échangent plusieurs lettres… Roland Sig offrit de nombreux collages à cet ami, qui l’encouragea souvent à exposer.
L’autre portrait est un autoportrait (crayons pastels, 1955) de Roland Sig. Il est signé « R. Siril ».
Notre exposition « Roland Sig, Images pilleuses » est ouverte, qu’il vente ou qu’il grêle — jusqu’au 30 mai (officiellement : il se chuchote qu’une prolongation serait envisagée).
#rolandsig #georgesgoldfayn #jeuxsurréalistes #surréalisme
Deux livres de Pascal Quignard en édition limitée chez Métamorphoses
● « Il n’y a pas de place pour la mort »
Éditions Hardies, Collection sable, 2026
14,3 x 21,5 cm, broché, cousu, non rogné, sous jaquette cristal.
160 pages
Un des soixante-dix-sept exemplaires de tête sur papier Tintoretto crème de Fedrigoni à Vérone et Alizé or des papeteries de Vizille, numéroté et signé.
Prix : 220 €
● « L’Âme humaine »
Texte inédit de Pascal Quignard accompagné de gravures sur cuivre de Maria M. Sepiol, dont une aquatinte en couleurs et 5 héliogravures à grain réalisées à partir de photographies de l’artiste.
Volume in-4° à l’italienne (13 x 28,5 cm) de 16 pages, sous chemise et emboîtage. Tous les exemplaires sont signés au colophon par l’auteur et l’artiste.
Tirage limité à 42 exemplaires, soit :
5 exemplaires numérotés de I à V enrichis d’un dessin original signé de Maria M. Sepiol ~ Prix : 1 700 € ;
5 exemplaires numérotés de VI à X enrichis d’une photographie originale signée de l’artiste sur Hahnemühle Photo Rag (tirage pigmentaire) ~ Prix : 1 400 € ;
25 exemplaires numérotés de 11 à 35 ~ Prix : 1 100 € ;
7 exemplaires hors commerce numérotés HC I à HC VII, réservés aux collaborateurs.
#pascalquignard #mariamsepiol #bibliophilie #librairiemetamorphoses
« … l’opera enigmatica, sottile ed estremamente esigente di Gisèle »
La Librairie Métamorphoses est très heureuse (voire, dans sa partie la plus italienne, émue) d’avoir pu lire ce dimanche un très bel article à propos du catalogue « Gisèle Celan-Lestrange, Sur le Grand Chemin » publié dans Alias Domenica, supplément culturel du quotidien italien Il Manifesto.
Un grand merci à Davide Racca.
#giselecelanlestrange #aliasdomenica #paulcelan #bertrandbadiou @ilmanifesto@davideraccasullarte
Merci à celles et à ceux qui ont bravé la pluie hier pour assister à la conférence « Autour de Roland Sig » à la Halle Saint Pierre.
Un merci tout spécial à Patrick Lepetit, esprit curieux, rigoureux et partageur, qui a fait de cet après-midi à la Halle un moment privilégié. Pour le travail accompli en amont, qui a conduit au texte fondateur publié dans notre catalogue et contribue à sortir de l’ombre cet artiste « passé sous les radars » malgré une œuvre considérable étalée sur quarante ans. Pour avoir passé au crible les archives de Roland Sig, ce qui n’était pas une mince affaire : on parle de plusieurs centaines de lettres pour la seule correspondance, entre Sig et Schuster, Lagarde, Cabanel, Goldfayn, Breton bien sûr… mais épluchées avec enthousiasme : pour le seul plaisir d’affiner la connaissance que nous avons du surréalisme pendant les quelque dix années qui précèdent la mort de Breton.
Un grand merci également aux libraires de la Halle Saint Pierre, à Stéphane Poplimont en particulier (qui travaille même quand il ne travaille pas), d’avoir ouvert la porte à cette rencontre.
#rolandsig #patricklepetit #surrealisme #hallesaintpierre @hallesaintpierre
ROLAND SIG CALLIGRAPHE
Roland Sig a régulièrement participé à diverses publications à titre de calligraphe ou encore en tant que graphiste. La plus prestigieuse d’entre elles est sans doute « À l’animal noir » (1958), rare livre mythique des surréalistes d’après-guerre, maître-livre de Guy Cabanel illustré par Robert Lagarde. C’est ce dernier qui, s’en sentant incapable — aucune erreur n’étant permise —, demanda à Sig de calligraphier, à l’encre de Chine directement sur calque, les nombres et les titres de chaque cahier consacré à un animal.
Un des quinze exemplaires sur papier héliographique du tirage original figure dans notre exposition.
Parmi les autres participations de Roland Sig, mentionnons la calligraphie, à la demande d’André Breton, de la préface à l’exposition Crépin à la galerie À l’Étoile scellée (1955) ; ses interventions dans les numéros 1 et 5 de la revue « Coupure » (1969 et 1970) ; le dessin de la vignette alchimique des Éditions Maintenant, réalisé à la demande de Radovan Ivsic, Annie Le Brun et Toyen ; qui lui confièrent par la suite la mise au point graphique de la page-titre et du poème de Radovan Ivsic pour la splendide réédition de « Tir » en 1973.
#rolandsig #calligraphie #surrealisme #librairiemetamorphoses
Bon 8 mai à vous.
N’oubliez pas la rencontre « Autour de Roland Sig » ce dimanche 10 mai.
Patrick Lepetit , images à l’appui, exposera la place à part qu’occupe cet artiste dans le surréalisme d’après-guerre.
à 15h
Auditorium de la Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard, Paris 18e « Roland Sig, proche d’André Breton dès le début des années 50, est resté dans l’ombre, pour diverses raisons. Mais il a laissé une œuvre magnifique, de très nombreux collages et livres uniques pratiquement jamais montrés. L’exposition qui se tient actuellement rue Jacob, à l’initiative de la librairie-galerie Métamorphoses et des librairies J-F. Fourcade et Solstices est l’occasion de lui rendre sa place au sein du mouvement surréaliste dont il est resté partie prenante jusqu’à sa mort en janvier 1985. »
Patrick Lepetit
Poète et collagiste inscrit dans la mouvance surréaliste, Patrick Lepetit est l’auteur de plusieurs essais, dont « Le Surréalisme, parcours souterrain » (Éditions Dervy, 2012) et « Surréalistes et alchimistes, chemins croisés » (Séléna éditions, 2023), qui ont tous deux été traduits en anglais (États-Unis) par Inner Traditions.
Il signe le texte d’introduction à la monographie « Roland Sig, Images pilleuses » (Librairie Métamorphoses, 2026).
Image : un collage de Roland Sig
#rolandsig #patricklepetit #surrealisme @hallesaintpierre
Nous sommes très heureux de vous inviter à la soirée de lancement du coffret MES AMOURS de Gérard TRAQUANDI, en tirage limité aux Éditions AA.
Le jeudi 28 mai à partir de 18 heures, en présence de l’artiste et des éditeurs.
Paysages, motifs floraux, natures mortes, architecture sacrée, Pietà, baigneurs… Chaque coffret contient un peu de la grâce et de l’élégance de l’artiste, de sa « faconde très méridionale […] et quelque chose de baroque, aussi, un raffinement » (pour reprendre les mots d’Olivier Cena dans « Toute peinture est un désir contrarié », livre-conversation avec Gérard Traquandi publié à L’Atelier contemporain).
Un beau projet éditorial qui met en majesté les dessins et aquarelles réalisés sur le motif par l’artiste, rituel, quotidien, intime, que Gérard Traquandi considère comme la colonne vertébrale de son travail.
Dix coffrets, tous uniques
Chaque coffret est composé d’une œuvre originale de format 30 x 40 cm et de dix reproductions d’œuvres de format 30 x 40 cm, signées par l’artiste.
Boîte à gorge fabriquée par Justine Delval, @atelierducartonnage , Arles.
Les photographies des œuvres ont été réalisées par @davidgiancatarina .
Les reproductions des œuvres ont été tirées par Cyril Barbotin du @studio_aza , Marseille, sur du papier Canson Infinity Rag Photographique 310 g – 100%.
Prix : 4 500 €
Les Éditions AA, fondées en 2022 par Emmanuelle Ancona et Christophe Asso, sont le projet éditorial de l’association Les Asso(s), à l’initiative du festival Photo Marseille et du site internet Photorama Marseille. Avec comme point de départ la photographie, elles collaborent également avec des artistes plasticiens.
#gerardtraquandi #livredartiste #rarebooks #librairiemetamorphoses @editions.aa.marseille
ROLAND SIG OBSCÈNE
Au cours des années 1970 on assiste chez Roland Sig à une pullulation du collage pornographique, souvent associé à l’iconographie religieuse. Patrick Lepetit, qui cite à ce sujet les influences de Hans Bellmer, Pierre Molinier ou encore de Georges Bataille pour les écrits, y « retrouve, intact, tout le potentiel subversif du surréalisme tel qu’il était à la grande époque ».
Pierre Dourthe qui, dans le même catalogue, s’est spécifiquement intéressé au thème érotique, écrit que celui-ci « semble sévir partout », qu’il « contamine l’œuvre », et y décèle plutôt une volonté satyrique — « posture outrageante – et sans doute amusée – de Roland Sig sur les affaires de la religion chrétienne ». La « pornographie de Roland Sig, écrit-il, est un dévoiement de l’érotisme sophistiqué des surréalistes. On peut penser que son œuvre prend un tour parodique lorsqu’elle tourne en dérision, dans sa part obscène, leur émotivité de dévots du corps de la femme ». « Art obscène […] aux marges de l’acceptable », ajoute Pierre Dourthe, qui « joue de l’amalgame des figures les plus délicates de l’iconographie occidentale et des représentations les plus triviales du corps humain ».
À lire ses poèmes et lettres amoureuses, on s’étonne aussi de découvrir un Roland Sig presque fleur bleue et, là comme ailleurs, un parfait idéaliste. Mais la femme idéale s’épanouit dans un corps, elle est la grande complice dans la célébration des sens (qui a tout chez Sig d’une grande messe). Sacralisation du sexe, vu comme un espace d’affranchissement, de plénitude et de libération de l’être. Iconoclaste, certes ; mais Roland Sig en profite pour redonner vie au Christ, à la Vierge et à tous les saints, figés dans leur office ancestral d’icônes.
Cette partie du travail de l’artiste, qui n’en reste pas moins recherchée dans ses compositions, tendues entre préciosité et scabrosité, provocation et humour, n’étant guère montrable sur les réseaux, nous vous invitons à venir la voir au 17 rue Jacob.
#rolandsig #iconoclaste #collageerotique #librairiemetamorphoses
ROLAND SIG ET MAX ERSNT
Si Roland Sig adhère de tout cœur aux principes du surréalisme, c’est sans doute à Max Ernst qu’il doit son apprentissage du « faire ». Max Ernst, découvert en 1950 à la galerie René Drouin, l’accapare et l’inhibe au point qu’il recompose à l’identique les collages de son maître, et cela grâce à d’inlassables recherches des « images mères » dans la presse et les livres du XIXe siècle – un peu comme le Pierre Ménard de Borges « réécrit » le Don Quichotte de Cervantès pour finalement aboutir à une copie exacte du texte originel.
« Longtemps, très longtemps, je ne pus me défaire de cette emprise écrasante. J’étais absolument et totalement inhibé, imbibé, imprégné par ce que Max Ernst me donnait à voir », écrit-il à son ami Vincent Cottin en 1983 dans un texte en forme de bilan intitulé « Collez, collez, il en restera toujours quelque chose ».
Progressivement, Sig s’éloignera de son modèle. Les premières « Ernstitudes », composées de gravures en noir et blanc, évoluent par l’intégration d’illustrations ou de photographies en couleurs. En 1964, Sig a l’idée de « découper les drapés des robes et tuniques [dans une Bible allemande du XIXe] puis d’en assembler des fragments jusqu’à obtenir des formes qu’un coloriage transformait en figures anthropomorphes. » Un moment-clef dans le travail de l’artiste qui, dès lors, suivra sa propre voie.
Il faudra cependant attendre les années 1970 pour que Sig s’émancipe véritablement de cette tutelle devenue assez lourde pour qu’il écrive un « dialogue » avec Max Ernst intitulé « Tuer le père tel fils ».
#rolandsig #maxernst #collage #librairiemetamorphoses
Bon 1er mai !
À noter dans votre agenda ce mois-ci :
Une rencontre avec Patrick Lepetit autour de Roland Sig à la @hallesaintpierre le dimanche 10 mai à 15h.
Patrick Lepetit : « Roland Sig, proche d’André Breton dès le début des années 50, est resté dans l’ombre, pour diverses raisons. Mais il a laissé une œuvre magnifique, de très nombreux collages et livres uniques pratiquement jamais montrés. L’exposition qui se tient actuellement rue Jacob, à l’initiative de la librairie-galerie Métamorphoses et des librairies J.-F. Fourcade et Solstices est l’occasion de lui rendre sa place au sein du mouvement surréaliste dont il est resté partie prenante jusqu’à sa mort en janvier 1985. »
Poète et collagiste inscrit dans la mouvance surréaliste, Patrick Lepetit est l’auteur de plusieurs essais, dont « Le Surréalisme, parcours souterrain » (Éditions Dervy, 2012) et « Surréalistes et alchimistes, chemins croisés » (Séléna éditions, 2023), qui ont tous deux été traduits en anglais (États-Unis) par Inner Traditions.
Il signe le texte d’introduction à la monographie « Roland Sig, Images pilleuses » (Librairie Métamorphoses, 2026).
#rolandsig #patricklepetit #surrealisme #hallesaintpierre
SIG ET LE SURRÉALISME
Fasciné par le surréalisme, découvert quelques années auparavant, Roland Sig envoie en 1951 une longue lettre-collage à André Breton. Celle-ci lui ouvrira les portes de l’atelier du maître et de la maison à Saint-Cirq, ainsi que celles du café Le Musset, où les membres du groupe ont leurs habitudes. Idéaliste, radical et solitaire (malgré de solides et précieuses amitiés et son admiration pour André Breton, « ce haut exemple de non-compromission »), Sig choisit cependant de se tenir plus ou moins à l’écart de ces derniers.
Patrick Lepetit, dans l’essai que nous publions dans notre catalogue, rappelle qu’à cette époque « la situation du surréalisme est difficile […] pour beaucoup, le moment surréaliste est passé et ce que Breton tente de ressusciter n’est qu’un pâle avatar de qui existait dix ans plus tôt ». Le fossé entre sa ferveur et le manque de « foi révolutionnaire » des tenants du mouvement explique peut-être en partie pourquoi Sig a préféré ne voir dans ses « assemblages oniriques » que « son domaine secret » — et que ceux-ci soient restés, auprès de la plupart de ses pairs, inconnus.
Ce qui ne l’empêchera pas d’intervenir pour la galerie À L’Étoile Scellée, de participer à l’édition de À l’Animal Noir – livre-poème total imaginé par Guy Cabanel et Robert Lagarde –, ou encore de collaborer avec les Éditions Maintenant…
En photos :
ALBERTE EN TENUE LAMÉE LA NUIT, livre unique composé d’une « nouvelle surréaliste » manuscrite illustrée de collages, fait partie des œuvres majeures de Sig. « Ambassadrice idéale » déléguée en 1958 auprès de Breton, Alberte est, pour Lagarde et Cabanel, une figure du mythe de la mante religieuse. Sig répond par ces mots : « J’écris mante religieuse, j’entends Nonne sanglante et Noces sanglantes. La description de ces noces atteint pour moi la période la plus exaltée de l’érotisme, là où le désir et la mort s’abolissent en amour. »
#rolandsig #andrebreton #surrealisme #livreunique
ROLAND SIG VS ROBERT SIRIL
Né à Bougival en 1927 dans une famille de modeste condition, son seul diplôme des collèges en poche, Roland Sig n’a que seize ans lorsqu’il devient employé d’une compagnie d’assurance. Il travaillera dans ce secteur toute sa vie. En parallèle, ce « grand personnage maigre avec une petite moustache à pointes, toujours tiré à quatre épingles » (dixit Annie Le Brun), occupe ses nuits à compulser divers ouvrages pour sa réserve de collages, peint, dessine, lit et écrit. Cette dichotomie entre Sig l’assureur et Sig l’artiste donne tôt naissance à son double, Robert Siril, nom sous lequel il signera nombre de ses œuvres. « [À] Cabanel lui demandant pourquoi il avait choisi ce pseudonyme, il répond, dans sa très longue lettre du 9 novembre 1958, qu’il lui « est également pénible de couvrir du même nom [ses] agissements sociaux et les activités qui [lui] sont propres tant le passage des unes aux autres ne permet aucune identité de personnage », ajoutant que c’est dans le souci de sauvegarder son « intégrité » et en insistant bien : « si, maintenant, Robert Siril transparaît quelquefois sous le Roland Sig assureur-salarié contribuable et autres, jamais Roland Sig n’a prise sur ce Robert Siril qui aspire à me rencontrer. »
Au même il écrira encore que, « décidément, le personnage qu’[il] doit jouer dans la vie n’a rien, absolument rien de commun » avec ce qu’il est ».
Sig ne se résoudra à abandonner son pseudonyme qu’en 1972…
Les citations sont empruntées à Patrick Lepetit, qui signe un essai aussi important que nécessaire dans le catalogue de l’exposition « Images pilleuses », jusqu’au 30 mai à la librairie Métamorphoses.
En photos :
Roland Sig, en 1956, au cours d’un « pèlerinage » à Saint-Cirq-Lapopie, chez André Breton. / « Acte de [décès] disparition partielle, de naissance et de foi », sur lequel Sig-rédacteur appose ses deux signatures : Robert Siril et Roland Sig.
#rolandsig #robertsiril #librairiemetamorphoses #patricklepetit