Pascale Bérubé

@lapascalebb

autrice, trop de pascale, édition triptyque -finaliste au grand prix du livre de montréal 2023 -prix jean-noel pontbriand 2024
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je suis devenue tellement silencieuse, on dirait presque que je suis lourdement médicamentée et heureuse
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2 days ago
j’aimerais dire allo les filles en sachant exactement de quelles filles je parle
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2 days ago
j’écris une série télé, pretty people going insane
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3 days ago
maman, de louise bourgeois cette oeuvre donne corps (un si grand corps sinueux, présence de maman longue et compliquée) à toute la complexité qu'une fille puis une femme peut avoir avec sa mère merci, maman
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6 days ago
une mue reptilienne
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7 days ago
elle a l'air pauvre c'est un commentaire que je lis souvent sur youtube c'est ce qu'on dit à une fille ou à une femme qui semble un peu trop négligée ou déglinguée mais qui osera quand-même être présente sur l'internet et s'offrir à la vue de toutes et tous, sans avoir la présence luxuriante d'une insta babe ou le chic restraint d'une quiet luxury woman c'est ce qu'on dit de candy k. candy k est une youtubeuse américaine qui se spécialise dans les mukbangs (le mukbang, aussi appelé télévision culinaire, est une pratique audio-visuelle originaire de corée où des gens se filment en mangeant de grande quantité de nourriture en intéragissant avec un public) et les crises de nerfs en ligne il n'est pas rare de la voir arborer une perruque blonde mal brossée (elle a souvent dit vouloir ressembler à une playmate ou à une youtubeuse suédoise jolie mais basic qui fait des videos introspectives où elle met en scène sa vie paisible dans un cottage en suède), qui flotte sur sa tête comme un nuage électrique, des faux cils mal collés (parfois avec du tape) et des lèvres au contour crayonné grotesque qui font que les gens ne savent pas si elle a eu des injections ou un accident She tried re-creating Barbie but the ran over by a car version, écrit une utilisatrice candy k habite seule dans ce qui semble être une grande maison de campagne, avec une écurie (on la verra souvent porter un casque d'équitation et parler de ses chevaux, parfois en mangeant, seule, dans le cadre d'un mukbang) et de longs couloirs boisés qui donnent l'impression d'un espace rustique, chaleureux même si un peu primaire et broche à foin et dans un constant désordre ce qu'on veut dire quand on dit que cette fille a l'air pauvre c'est qu'elle ne sait pas comment s'arranger elle ne sait pas comment se maquiller, elle ne sait pas coiffer sa perruque convenablement, comment se mettre en valeur à l'aide tous les instruments de la féminité mis à sa disposition elle ne sait pas comment ne pas avoir l'air d'un mess en commentant qu'elle a l'air pauvre, on souligne sa tragédie identitaire, cette incapacité à s'incarner visuellement de façon jolie, esthétiquement plaisante ou classieuse
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9 days ago
ce désir accroché aux cintres minces tremble être une de ces femmes corps statufié je porte des vêtements qui ne sont pas les miens cherche ma voix de publicité léchée ou ma voix de mère embaumée de cotton frais femme sans post production je touche mes seins en mouvements circulaires en attendant d'être certaine trouver les bêtes de biais dans le confort des objets le vert mentholé qui allumait une nuit cachée sous ma dernière robe
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10 days ago
mukbang
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12 days ago
je ne connaissais pas du tout le travail de sabine monirys mais j'ai tout de suite été intriguée par cette femme fuyante, aperçue de dos, qui habite la couverture du livre retraçant sa carrière j'aime les femmes artistes
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13 days ago
je ne veux pas de chambre à moi pour écrire, cette chaise (?) de nanda vigo suffirait, je pourrais y écrire mais aussi y enrouler mon corps, comme un module pour un enfant ou un chat je serais heureuse
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14 days ago
à quoi sert-t-on s'il n'y a pas des gens autour de nous qui attestent de notre présence? petite fille, j'avais cette tendance aiguë à ne chercher à aimer que ce qui était bien vu d'aimer dans l'oeil extérieur, ce qu'on aimait autour de moi autrement, j'avais cette impression d'accorder de l'importance à de sous objets, de sous émotions, de sous produits, comme quand ma mère m'emmenait en friperie et que l'idée d'acheter des choses déjà portées me rendait profondément mal à l'aise, comme si je manquais quelque chose de plus grandiose et beau ailleurs -ma perte- un fomo social culturel et économique maintenant que je suis une grande femme adulte, j'ai l'impression, souvent, de n'avoir aucun poids, aucune teneur, comme si j'étais flottante ou invisible annie ernaux écrit; -je flotte, un de nos mots courants entre filles pour désigner cette drôle de torpeur certains jours, la sensation d’être inconsistantes, pas réelles- je pense à faire et aimer les choses pour soi et à ce que ça veut dire, au fond, de vivre pour soi-même, et si cette action peut me rendre plus réelle j'ai parfois un petit pincement au coeur ridicule si je publie quelque chose d'important -pour moi- sur mes réseaux sociaux et que la publication ne récolte aucun amour ou pire, que quelques likes pour que ça existe doit il y avoir un regard témoin une partie de moi est profondément tannée par cette culture de l'approbation née des réseaux sociaux faire les choses pour se faire dire bravo t'es bonne t'es belle t'es capable j'ai envie de faire les choses pour moi de plus en plus des partages comme de petits incidents isolés, secrets, domestiques (parce que pour moi le domestique a un lien intrinsèque avec l'invisibilité, ce qui pulse de l'intérieur) pour être vue et être validée, faut-il avoir la preuve des autres et cette preuve des autres, efface t-elle les personne seules, isolées? tant de questions mais le bruit de l'eau est plus fort dans cette histoire je suis une femme qui se dérobe des paroles et des regards je me faufile derrière le miroir de la pharmacie ou derrière les rideaux et j'écris l'autobiographie du mystère
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15 days ago
mattotti works mode, casterman
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15 days ago