La nuit brĂ»le đŸŒ™đŸ”„

@lanuitbrule

La nuit: Impressions fĂ©ministes âœŠđŸ» Aussi la nuit: DJsets aka Plaisir d’offrir 💐 📍Brest
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La sĂ©rie des Captives __ L’école de prĂ©servation de Cadillac: La maison pĂ©nitentiaire pour filles de Cadillac-sur-Garonne en Gironde appelĂ©e «école de prĂ©servation» ouvre en 1891 dans les locaux de «la maison centrale de femmes» dans un ancien chĂąteau datant du XVIĂšme siĂšcle. L’école de prĂ©servation de Cadillac est l’un des trois seuls Ă©tablissements publics pour filles de Justice construits en France, avec Doullens (1895) puis Clermont de l’Oise (1908). Toutes les autres institutions relĂšvent Ă  l’époque de l’initiative privĂ©e et la plupart du temps tenues par des congrĂ©gations religieuses fĂ©minines. Cadillac accueille environ 200 jeunes filles, majoritairement «acquittĂ©es placĂ©es», qui ne sont donc pas jugĂ©es coupables, mais mises en prĂ©servation dans ces institutions pendant plusieurs mois voire plusieurs annĂ©es jusqu’à leur majoritĂ© (21 ans). Elles y sont mises Ă  l’écart de la sociĂ©tĂ© pour y ĂȘtre «éduquĂ©es», en rĂ©alitĂ© enfermĂ©es dans des conditions de vie sordides et difficiles. Il s’agit des filles des classes sociales modestes. Des vagabondes, des dĂ©bauchĂ©es, des prostituĂ©es, des voleuses, des avortĂ©es, mais aussi des jeunes filles victimes de violences intrafamiliales. Jusqu’en 1945, dans le cadre de la «correction paternelle», la loi permet encore aux pĂšres de demander le placement de leur enfant (surtout leur fille) en cas de grave mĂ©contentement. Cadillac accueille donc Ă©galement toutes ces incorrigibles, insoumises, arrogantes, butĂ©es, perverses, capricieuses, menteuses, paresseuses... Ce lieu d’enfermement, pensĂ© comme un lieu de correction les forme aux activitĂ©s mĂ©nagĂšres pour qu’elles soient placĂ©es comme domestiques dans les familles bourgeoises ou bien pour qu’elles deviennent mĂšres au foyer, ou encore ouvriĂšres. Un reclassement social forcĂ© par le travail, la punition et l’isolement. L’institution participe alors au contrĂŽle de la fĂ©minitĂ© et des normes du genre fĂ©minin. Les diffĂ©rents rapports d’inspection Ă  la fin des annĂ©es 1930 dĂ©crivent un lieu de maltraitance institutionnelle effrayant. C’est dans ce cadre que l’Éducation SurveillĂ©e dĂ©cide dĂšs 1944 de rĂ©nover l’institution puis de la fermer en 1951.
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3 months ago
La sĂ©rie des Captives __ Les instituts du Bon Pasteur: La congrĂ©gation du Bon Pasteur est fondĂ©e Ă  Angers en 1840 avec pour vocation initiale d’accueillir des jeunes filles « perdues », Ă  la demande des familles qui considĂšrent leur enfant comme moralement en danger. Rapidement l’État estime que ce type de structure sert parfaitement au redressement des jeunes filles dĂ©linquantes et « dĂ©viantes » et lĂ©gifĂšre en ce sens en 1850. Le modĂšle d’Angers peut alors essaimer dans toute la France. Plus de 80 Ă©tablissements de ce type sont encore en fonctionnement Ă  la veille de la Seconde Guerre mondiale sur le territoire national, Ă  Angers, Toulouse, Nantes, Nancy, OrlĂ©ans, Bourges... Chaque Bon Pasteur accueille entre 100 et 200 jeunes filles par an. Ce sont donc des dizaines de milliers de pensionnaires qui sont passĂ©es entre ces murs en un siĂšcle. Ces institutions sont des lieux oĂč l’on «produit la fĂ©minité» telle qu’elle Ă©tait jugĂ©e acceptable par l’Église, l’État et la morale bourgeoise. Les pensionnaires – jeunes filles pauvres, orphelines, filles-mĂšres, filles violĂ©es, perverses, lesbiennes - y sont enfermĂ©es pour ĂȘtre ramenĂ©es sur le « droit chemin ». On les considĂšre comme difficiles, dĂ©viantes, dĂ©bauchĂ©es, insoumises, incapables de convenir aux normes du genre. Le simple fait de sortir seule, de dĂ©sobĂ©ir, de fuguer, ou d’ĂȘtre jugĂ©e trop expansive peut suffire pour ĂȘtre envoyĂ©e dans ces institutions. Il ne s’agit pas de punir un dĂ©lit, mais une conduite: on parle aujourd’hui d’un «contrĂŽle coercitif de la jeunesse fĂ©minine». Les filles intĂ©riorisent alors leur propre culpabilitĂ©. Les sƓurs sont rarement formĂ©es au mĂ©tier d’éducatrice, le quotidien est rythmĂ© par la morale religieuse et la discipline y est stricte : «priĂšre, travail, priĂšre, travail» — un moyen d’inculquer l’obĂ©issance et l’abnĂ©gation. Les punitions sont nombreuses, la menace du mitard est toujours prĂ©sente. Les sorties sont formellement interdites, sauf quelques dimanches oĂč la promenade en ville se fait sous la bonne garde des sƓurs, en rang, et dans le silence. Il faudra attendre les annĂ©es 1970 pour que les juges des enfants cessent de placer les jeunes filles dans des structures religieuses.
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3 months ago
La sĂ©rie des Captives __ Le Refuge Royal de Brest: « Un nombre considĂ©rable de femmes impudiques causent beaucoup de dĂ©sordre parmi les matelots et soldats de ce port, par leurs maladies et leur dĂ©bauche ». C’est ce que signalent les juges royaux en constatant l’ampleur de l’activitĂ© de prostitution Ă  Brest en 1683. À l’époque, le port militaire est en plein essor, et l’abondance des troupes Ă  Brest favorise «l’industrie des filles de mauvaise vie». C’est ainsi que naĂźt «le Refuge Royal», un lieu d’enfermement pour les filles de petite vertu, condamnĂ©es Ă  travailler pour la Royale. L’institution est bĂątie sur le terrain de la Madeleine, en bas de la rue St Malo, au creux de la crique de Pontaniou, lĂ  oĂč il y avait dĂ©jĂ  «un asile pour femmes repenties», un couvent gĂ©rĂ© par les sƓurs de l’Ordre de Saint Thomas de Villeneuve, depuis 1667. Une Convention est signĂ©e en 1733 entre la Marine et les sƓurs de Saint-Thomas de Villeneuve qui encadreront et redresseront entre 20 et 40 dĂ©tenues. Les condamnĂ©es sont fouettĂ©es, marquĂ©es de la fleur de Lys au fer rouge, avant d’ĂȘtre enfermĂ©es et exploitĂ©es notamment pour tanner les toiles Ă  voile. En parallĂšle, l’établissement accueille aussi les filles mĂšres, les veuves, les orphelines, les libres penseuses et les jeunes engagĂ©es enfermĂ©es au couvent... L’institution sera entiĂšrement dĂ©truit par un incendie le 10 fĂ©vrier 1782 probablement initiĂ© par une des dĂ©tenues surnommĂ©e «La Belle Tamisier», enfermĂ©e suite Ă  un procĂšs sommaire pour mauvaises mƓurs. Le Refuge Royal ne sera jamais reconstruit.
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3 months ago
La sĂ©rie des Captives __ La SalpĂȘtriĂšre de Paris: Ce qui est aujourd’hui un hĂŽpital au cƓur du 13Ăšme arrondissement de Paris Ă©tait autrefois un lieu d’enfermement des marginaux — et surtout des marginales. En 1656, la maison de la SalpĂȘtriĂšre est donnĂ©e par Louis XIV Ă  «l’HĂŽpital gĂ©nĂ©ral de Paris». Il est bĂąti sur un ancien arsenal oĂč l’on stockait autrefois de la poudre Ă  canon — le salpĂȘtre — au milieu des champs. Loin d’une fonction mĂ©dicale, cette institution avait pour mission l’enfermement des «mauvais pauvres», ces indĂ©sirables qu’il fallait dĂ©sormais Ă©carter de la sociĂ©tĂ© en les enfermant plutĂŽt qu’en les chassant. À la SalpĂȘtriĂšre, on enfermait surtout les femmes et jeunes filles et les enfants sans ressources. Dix ans aprĂšs son ouverture, elle accueillait dĂ©jĂ  plus de 2 000 personnes. Ce sera le plus grand Ă©tablissement d’enfermement des femmes de l’époque moderne. À partir de 1684, les dĂ©bauchĂ©es, jugĂ©es au ChĂątelet puis menĂ©es en charrette Ă  travers les rues de Paris, rejoignent les pauvres et les mendiantes. Pour accueillir ces travailleuses du sexe jugĂ©es indĂ©sirables, on construit le «BĂątiment de la Force» avec ses cellules d’1,50m sur 2m, quasiment aveugles au jour entourant une cour centrale. Il fallait changer la morale et les mƓurs de ces «femmes Ă©garĂ©es». Les cris entendus aux alentours des bĂątiments de la SalpĂȘtriĂšre trahissent l’horreur des conditions de dĂ©tention au sein de l’hĂŽpital, qui accueillera jusqu’à 10 000 pensionnaires, vagabondes, mendiantes, prostituĂ©es, voleuses, sorciĂšres, blasphĂ©matrices... À partir du 18Ăšme siĂšcle la SalpĂȘtriĂšre prendra sa forme d’hĂŽpital au sens contemporain, en particulier pour le traitement de l’hystĂ©rie par Charcot mais ça, c’est encore une autre histoire..
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3 months ago
#leporello #matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
#leporello #matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
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1 year ago
#matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
Carte postale de Ethel Smyth, compositrice britannique et militante suffragettes. #ethelsmyth #matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
#matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
Carte postale de Daphne Oram, compositrice anglaise et pionniÚre des musiques électroniques #daphneoram #matrimoine #feministe #creation #faitmaison #cartespostales #linogravures #lanuitbrule Crédit photo: @capucinebqt
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1 year ago
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1 year ago