Cher journal, je me suis retrouvé dans une vessie de poisson, dans cette mandorle formée par l’intersection de deux mondes. L’un correspond au réel, l’autre serait celui de l’invisible, de l’ailleurs, où nos ambitions souvent mal placées s’opèrent aussi.
Cela s’est produit un vendredi alors que je parcourais une playlist de nouveautés. Curieux. Skip. Intégration ratée de l’ASMR dans des productions de grands frissons. J’aurais dû en faire peu de cas, mais je me suis senti agressé juste avant de partir déjeuner. Ça me rallongeait de traverser le cordon de dunes avant de remonter vers Merlimont, à la brasserie de plage. Dans les arbousiers, j’ai vu filer devant moi une poule faisane avec ses petits, six ou sept, peut-être dix. C’est allé vite. Je n’entendais plus rien, que le vent en fortes rafales. D’abord il lisse, puis revient tout couvrir de plis, ensuite il creuse et tourbillonne. On appelle cela la panne. Plus aucun murmure. Un bruit blanc parfait et continu. Somnolent, j’ai marché dans la laisse de mer jusqu’à midi. J’ai eu ce que je voulais. Arrivé au restaurant j’ai commandé quelque chose de simple. Des moules.
1. Maison d’écoute critique
2. Vesica Piscis (la vessie de poisson)
3. Depuis la dune parabolique
4. Wild is the wind
5. Retour au menu principal
🎂 1 AN DE « PHRASES DU JOUR » 🎂
J’ai posté la première « phrase du jour » le 12 février 2025, à la gare de La Rochelle. Depuis je passe mon temps à vous écouter ahah
Pour marquer le coup, voilà une petite sélection des phrases de cet hiver — La première photo est prise par @delfinadanslaforet (merci !), dans les bureaux parisiens de Delco music.
Aussi, mon deuxième album est enregistré, alors attendez-vous à quelques annonces bientôt, eh !
LES PHRASES DE MAI – Une sélection de mes « phrases du jour » que j’entends et publie tous les jours en story.
Et vous, ce serait quoi votre phrase du jour ?
Ici Ghern — de concert avec vous le 14 mars à l’Antipode (⚓️ 55 Quai de la Seine, Paris19). J’aurai le plaisir d’ouvrir la soirée pour @lambulan.cier et @edvaofficial . Achetez vos places dès maintenant (lien linktree en bio de cette page). La photo est de Walter Pfeiffer (Collection Pictet).
Cher journal d’intimité partagée,
J’avance avec d’autres promeneurs sur ce sentier circulaire et bien balisé autour du Mont Égocène. On s’arrête parfois pour prendre la pose, avant de se raconter un souvenir ou un petit exploit personnel. Aujourd’hui, je peux dire que je n’ai pas pris l’avion depuis cinq ans. Il n’empêche, j’ai tout de même réussi cette semaine à ressentir une forme de connexion avec le Japon en observant des bonsaïs centenaires au Parc Floral. Leur beauté est fascinante. On dirait qu’ils sont aux arbres ce que le chat est au tigre. Mais dans notre besoin de tout domestiquer, pourquoi avoir développé, jusqu’à l’élever au rang d’art, la culture miniaturisée d’un arbre de pleine nature pour le mettre tout seul dans un pot ? Bon, c’est une question rhétorique, je sais bien qu’on fait les choses par plaisir.
—
1. représentation du Mont Égocène (leica minilux)
2. bonsaïs du Parc Floral de Paris (iPhone 11)