Ce projet sculptural prend la forme d’une série de fragments de visages (bouche, nez, oreille), chacun isolé et disposé sur les murs, comme des éclats dispersés d’une présence fantomatique. Dans chaque orifice, une pierre est insérée. Ce geste, en apparence simple, s’ancre dans les traditions funéraires ancestrales (les pierres qui respirent) : en Égypte, en Grèce, chez les Étrusques ou en Chine, on scellait les ouvertures du corps à l’aide de pierres, de pièces ou d’amulettes pour préserver l’âme, empêcher son retour, ou accompagner son passage vers l’au-delà. Gestes de séparation autant que de protection, ils deviennent ici des actes poétiques.
Mais au-delà de ces références rituelles, l’œuvre s’inscrit dans la continuité des recherches de l’artiste autour du souffle, du temps, et de la tentative de figer l’insaisissable. Les pierres, au-delà d’obstruer, semblent émerger des orifices comme un souffle pétrifié, une respiration minéralisée, un dernier souffle cristallisé à jamais.
Ce ne sont plus des organes, mais des vestiges : empreintes du passage de l’air, du son, de l’esprit. Et si l’on ramène le mot “souffle” à son origine (anima > âme), alors l’œuvre prend tout son sens. Chaque pierre, choisie pour sa forme, sa couleur, sa résonance symbolique, devient le dépôt silencieux d’un souffle éteint. Le vivant y a laissé son empreinte. L’invisible y a trouvé sa forme.
L’air y devient mémoire, il donne corps à cet instant suspendu que rien ne retient, où l’âme s’efface.
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📷️ Passage, 2025, plâtre, minéraux 11 x 11 x 4 cm
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@22.48m2
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