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Dès les premières pages, ça brûle comme un alcool trop fort. C’est intense et brut et, à la fois, presque réconfortant. Faussement réconfortant.
« Comme ta mère » évoque la complexité de l’hérédité, de l’incompréhension et des non-dits familiaux. Debbie, une femme d’une trentaine d’années, qui se pose des questions sur une possible maternité, tente de renouer des liens avec son père qui vit en Hollande et a sombré depuis longtemps dans l’alcool. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de violences familiales, de ravages de l’alcoolisme et de destructions. Mais aussi d’émancipation.
On passe de Bruxelles à Rotterdam, d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre, comme dans un puzzle qui se reconstruit, comme on enfile les verres, ou comme si, l’espace d’un instant de lucidité, on comprenait ce qui s’était vraiment passé et pourquoi ça s’est passé.
On reconnaît des lieux, des odeurs, des musiques, des couleurs… L’écriture est sans concession, elle roule, elle file, elle court… Elle coule. Il y a de la rage et de la peur, mais aussi de la tendresse… cachée sous la honte.
Pieterke Mol se bat contre des démons et veut s’en sortir. C’est nerveux et puissant. C’est fort.
C’est à lire.
#notabiliaeditions #leséditionsnoirsurblanc #littérature #pieterkemol
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Quel musicien.
Quelle vie.
Quel génie.
Et quel livre.
Alain Tercinet (paix à son âme) creuse en détails l’intégralité des enregistrements de Bird. Quinze ans de fulgurances dans une vie courte (35 ans !!) qui ont marqué le jazz à jamais. Au travers de descriptions précises et détaillées (et sans jamais tomber dans l’analyse musicale que seuls les musiciens peuvent comprendre) c’est la vie, les addictions, les brimades raciales, les fatigues, les bonheurs, les nuits blanches, les éclairs de génie de Charlie Parker qui se racontent ici. Une véritable biographie hyper documentée qui se lit avec toute l’excitation et la fascination que peut procurer le be-bop.
On va réécouter Koko, Ornithology, Dona Lee et tout le reste.
Now’s The Time.
Must.
#fremauxetassocies #charlieparker #biography #alaintercinet #bird
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Il y a deux ans, plus ou moins, Sylvain Darrifourcq se confiait à Antoine Le Bousse à propos de son statut d’artiste et de son rôle dans la société (ébranlé, comme beaucoup, par la pandémie de la Covid). Tout cela en « 20.000 mots », disait-il.
Et c’était passionnant.
Avec le même interlocuteur - et toujours chez Hector, label discographique qui publie aussi des petits bouquins qui interrogent sur le rôle de l’artiste - le batteur revient sur sa relation parfois « électrique » avec le saxophoniste Émile Parisien. Et c’est tout aussi passionnant.
Souvenez-vous de ces petits bijoux « Original Pimpant » (2009), « Au revoir Porc Épic » (2006) ou encore « Spezial Snack » (2014)). Eh bien, figurez-vous que tout cela ne s’est pas passé sans douleurs ni frustrations. Surtout sur la fin. Bien sûr, on l’avait compris et même « vécu en direct » presque. Le quintet n’avait pas résisté aux tensions, aux pressions et les principaux protagonistes – surtout - s’étaient séparés brutalement, laissant planer entre eux un silence douloureux.
Avec ce « Trio », les musiciens reviennent sur cette période d’incompréhensions et de frustrations artistiques. On ressent, dans ce dialogue renoué entre Émile et Sylvain, toute la fragilité des artistes et tous leurs engagements. Ici, rien n’est occulté, rien n’est édulcoré. Le dialogue est franc, les questions de Le Bousse sont sans équivoque et ses analyses sont des plus pertinentes. Jamais il ne lâche le morceau. Au travers de ce livre d’une sincérité et d’une transparence incroyables, les musiciens se livrent et racontent tout ce qui se passe de l’autre côté de la scène. Tout ce qui traverse leur esprit. Tous leurs doutes. Ils y abordent la créativité, la culture, le travail, les angoisses, les « obligations »… Ils y parlent de musique, bien entendu, mais ils parlent surtout de relations humaines, avec tendresse et beaucoup de respect.
La musique, l’art, le jazz comme vous ne l’avez jamais lu.
Indispensable.
#trio #editionshector #temoignages #jazzmusic
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L’album s’appelle « Thousand Shades of a Clown », mais il aurait pu s’appeler « Yoyo ». Non parce que c’est le nom du célèbre clown triste créé par Pierre Etaix, mais parce que le second album du trompettiste Pierre-Antoine Savoyat joue avec nos émotions. Entre optimisme et mélancolie que se partagent les dix titres, le leader interroge ses (et nos) états d’âme. Il jette un regard lucide sur le monde actuel, qui tourne comme il peut, et garde un œil sur un passé disparu.
En plus des fidèles compagnons (Simon Groppe (p), Fil Caporali (cb), Oscar Georges (dm)), impeccables d’un bout à l’autre, il a invité trois talentueuses artistes à partager ses compositions. Alexandra Grimal d’abord, qui fait vibrer son soprano sur le magnifique « Solitude » et son ténor sur quatre autres morceaux. Variations, lyrisme et ouvertures improvisées s’entremêlent. Et quand l’espoir rôde (« Epic Short Story », écrit par le batteur ou « Keeping Hope ») l’inquiétude et le doute refont surface. Et qui mieux que Lynn Cassiers peut évoquer ces sentiments incertains de rêves inachevés ? Elle dépose ses sons et ses mots sur quelques titres dont le fascinant et fantasmagorique « Silent Cry ». La dernière invitée, et non des moindres, est la flûtiste Lucia Pires qui innerve les mélodies avec autant de grâce que de lyrisme, mais qui participe aussi au furieux et chaotique « Life Race ».
Le Monde de Pépito (c’est le nom du groupe) est décidément imprévisible, fragile et coléreux à la fois. Sous son maquillage tendre et poupon, Pierre-Antoine Savoyat cache une personnalité complexe en proie aux questions existentielles. « Thousand Shades of a Clown » offre un tableau nuancé de notre époque, traversé par un jazz actuel et sophistiqué. Une voix à entendre et à continuer à suivre attentivement.
#challengerecords #lemondemerveilleuxdepepito #pierreantoinesavoyat #jazzmusic
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« Et si on jouait du Kenny Dorham, du Donald Byrd ou du Lee Morgan !? Pas en les copiant bêtement mais en s’en inspirant, en en prenant l’énergie et en gardant toute notre personnalité ! En restant sincère !? »
Voilà ce que s’est peut-être dit Vincent Thekal en invitant Rémy Labbé, Armando Luongo, Casimir Liberski et Sal La Rocca. Allons-y pour un concert à la Jazz Station (merci à eux d’être « partants »).
Le quintette a eu la bonne idée de capter ce moment, ce jazz immortel qui renaît différent et plus vivant chaque fois qu’on le joue,… enfin, quand les musiciens qui le jouent le comprennent et le vivent. Et c’est le cas du saxophoniste Vincent Thekal qui n’hésite pas à aller rechercher la profondeur et le gras du jeu d’un Dexter Gordon. Et puis, c’est l’esprit de Lee ou Kenny qui revit sous les pistons de la trompette de Rémy Labbé. Et ensuite, il y a Casimir Liberski qui éblouit dans ce registre. Monsieur connaît ses classiques et sait les faire sonner (allez écouter ses interventions sur « Yama » ou « Straight Ahead », par exemples). Il a écouté Cedar, Wynton ou Herbie et il les a dans les doigts. Quant à la rythmique, elle est idéale : le drumming est intense et précis et la contrebasse est jubilatoire ( du grand Sal La Rocca comme on l’aime !).
Ha ! La belle idée d’avoir enregistré cette musique en live !
On y ressent toute l’énergie, l’adrénaline, le « non-calcul » de l’instant, la spontanéité… Bref, tout ce qui fait la magie d’un concert de jazz en club. Merci pour tout ça !
#straightaheadjazz #boppinmonkrecords #saxjazz #trumpet #jazzmusic
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Fondateur de l’excitant Mega Octet qui nous a valu - et nous vaut encore - d’entendre, de voir et de participer à de belles aventures musicales aussi bien écrites qu’improvisées, mêlant brillamment jazz, rock, chanson ou musique contemporaine, le pianiste Andy Emler s’est aussi illustré admirablement à la tête d’autres formations (Quintet, Octuor, duo et bien entendu en solo). C’est avec ses fidèles complices qui forment ETE (Emler, Tchamitchan, Echampard) que nous le retrouvons pour un troisième album du trio (si je compte bien). Ces trois-là, c’est un peu le « noyau dur ». Et cela se ressent dans ce « There Is Another Way » où la cohésion est totale. Ici, tout est resserré, complice, condensé. Le groove et l’énergie, autant que les respirations ou les moments d’accalmie, expriment l’urgence. « There Is Another Way » semble d’abord dresser un constat, puis établir un état des lieux avant de nous suggérer quelques pistes de solutions. A la fois amer, soucieux et irrité, tout se joue pourtant dans la nuance, tantôt lyrique, tantôt brutale, mais toujours sincère. Le groove se frotte au swing avant de bifurquer vers un semblant de prog rock. Le trio se nourrit de l’atmosphère générale (« Enough » et sa progression irrésistible), nous prend à contrepied (« Drums Habits Die Hard ») et, en guise de conclusion, nous laisse réfléchir (« Mess Around the Mood »). Tout y est. Drumming tendu d’Eric Echampard, profondeur de la contrebasse de Claude Tchamitchan (et travail étourdissant à l’archet sur « Incipit », notamment) et, bien entendu, d’un bout à l’autre, une conduite clairvoyante avec une main aussi ferme que fluide d’Andy Emler.
Oui, il y a un autre chemin et ETE nous en propose quelques issues. A nous de les emprunter.
#andyemler #claudetchamitchian #ericechampard #labuissonnestudio #thereisanotherway
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Quand on entend (du mois, quand on veut l’entendre) ce que disent (ce que revendiquent ou ce contre quoi s’insurgent, à juste titre) les femmes actuellement, on ne peut qu’être épaté par le discours et ce qu’osait dire Susan Sontag dans les années ‘70.
C’est assez édifiant. C’était il y a cinquante ans !!! C’est rien. C’est du passé proche !
Sontag est aussi radicale que nuancée. C’est une féministe hors du féminisme. Avec pertinence et acuité, elle passe au crible ici - dans ce recueil d’écrits d’essais, interviews ou articles de magazines - les injonctions sur la beauté, le vieillissement, le pouvoir social ou encore la manipulation (« Facinant fascisme » est cinglant, « La beauté d’une femme » ne l’est pas moins).
Sontag bouscule et dérange. Vous met mal à l’aise. Vous déstabilise. Vous trouble. Vous pousse à vous interroger.
En finalité (s’il en existe une) on se dit qu’il y a des choses qui changent plus vite que d’autres. Et ce ne sont pas toujours les plus essentielles.
#susansontag #àproposdesfemmes #christianbourgeoisediteur #feminisme #essai
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Avez-vous déjà tenté l’expérience « Vlek » ?
Vlek est un label bruxellois qui existe depuis une quinzaine d’années environ et qui est plutôt branché musique expérimentale, ambiant, électro, techno, drone...
« Hawk Deh Near » est leur 43e parution et est l’œuvre de MT Gemini (alias Yannick Franck, artiste, performeur, tritureur de sons et faiseur de musiques inclassables). Ici encore il recherche la texture sonore, les accidents en tout genre, se laisse guider par la non-structure. Brouillage de musiques inversées et lointainement venues du reggae (« Hear What I Say », « Under Me Sensi »), d’incantations hallucinées (« Lead Them »), de dub ou encore de ska chaotique, tout est passé à la moulinette irraisonnée (quoique) de MT Gemini. De tout ce magma sonore brûlant - qui frotte, grouille, crisse et qui devient obsessionnel - germe un semblant de chant, de mélodie, de danse, de transe.
Tentez cette expérience pas ordinaire. Vraiment.
#vlekrecords #mtgemini #electronics #experimentalmusic #dub
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Je vous ai déjà confié mon admiration pour les disques assez courts – entre 30 et 45 minutes – dans lesquels on trouve souvent (à mon avis) l’essentiel d’un message et toute la personnalité d’un artiste. C’est encore le cas ici, avec le sixième album du pianiste et producteur turc (qui vit à Luxembourg depuis belle lurette) Murat Öztürk.
Dans ce « Simple Things », et comme le titre l’indique, Öztürk n’y va pas par quatre chemins (tortueux). Il met en avant toute sa science et son amour de la mélodie et des harmonies divinement bien balancées. Avec ce très bel album, aussi sensible que sincère, il semble prendre un peu de recul par rapport à la frénésie ambiante et à l’agressivité latente de notre monde. Il laisse parler le cœur, ou les cœurs, par les voix de David Linx (majestueux sur « The Lady of the Fountain » ou « On the Overpass ») et de Sascha Ley, dont je m’obstinerai à répéter inlassablement qu’il est indispensable de découvrir - si ce n’est pas encore fait - ce talent incroyable. Allez écouter le titre éponyme et « Impermanent Horizons » par exemples, ou encore cette perle qu’est « The Sign » en duo avec David Linx. Quelles voix !
La voix… Murat Öztürk lui-même chante, et avec quelle élégance et personnalité, sur quelques titres dont ce « Quiet Now » dépouillé ou ce « Run » à la rage contenue. Soutenu par une rythmique de premier ordre (Thomas Bramerie à la contrebasse et Franck Agulhon aux drums), le compositeur laisse également de la place aux très inspirés soufflants : Patrice Leroy (flg) et Patrice Lerech (tp).
« Simple Things » est un bonheur de musiques qui ne se refusent pas et qui allègent à coup sûr votre âme. Et cela paraît tellement simple.
#mozarts #muratöztürk #davidlinx #saschaley #simplethings
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Hébergé par le club du même nom dans lequel il joue chaque premier jeudi du mois, le Jazz Station Big Band - qui s’est formé voici 20 ans déjà (rien que cela mérite un coup de chapeau) - présente son cinquième album : « Urban Waters ».
Sous la houlette du saxophoniste Stéphane Mercier, on peut dire que le Big Band a façonné sa signature sonore. L’esprit « collectif » est sans doute également responsable de l’envie de ne pas rester englué dans une tradition trop stricte en proposant des compositions et des arrangements assez contemporains. Ici, chacun des musiciens a voix au chapitre et est libre de proposer ses créations personnelles. On y retrouve, entre autres, François Decamps (eg), Boris Schmidt (cb), Nathan Surquin (tb), Eve Beuvens (p) ou encore Daniel Stokart (as, fl…) avec son magnifique, mélancolique et impressionniste « Au bord de l’eau »...
Tous ces mélanges sont fluides et coulent avec bonheur. On comprend mieux le choix du titre de l’album qui semble montrer (sous une illustration à l’aquarelle) la ville dans ce qu’elle a de plus positive, avec ses brassages, ses couleurs et ses possibles rencontres, traversée par une rivière unificatrice. Les structures et les textures, agiles et ductiles, permettent aux solistes d’exprimer leur personnalité, tels David de Vrieze (« Urban Flavor »), Steven Delannoye (« Danny Whizz-Bang »), Vincent Bruyninckx (« Father’s Day »), Jean-Paul Estiévenart (« Au bord de l’eau »), ou encore Pauline Leblond (« Witch Hunt » de Wayne Shorter arrangé par Drew Zaremba), pour ne citer qu’eux.
Swing, funk, rock ou néoclassicisme, toutes les variétés et les nuances musicales se parlent dans ce disque d’un grand ensemble plein d’aspiration… Et ça fait du bien.
#jazzstationbigband #urbanwaters #stepbyrecords #bigband #jazzmusic
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ReSet ?
Comme pour tout effacer et recommencer, ou comme pour entamer un nouveau set en oubliant un peu le précédent ?
Le trio, fondé en 2013, commence à bien se connaître mais semble aimer repartir d’une page blanche.
Il y a quelque chose de l’urgence et du souffle court dans cet album. Quelque chose de la tension aussi, comme une sorte de méfiance envers l’avenir, comme un peu d’incertitude. Pour avancer, le leader guitariste (David Chevallier) a besoin du soutien de ses compagnons contrebassiste (Sébastien Boisseau) et batteur (Christophe Lavergne). Ils ne sont pas là pour le rassurer, mais peut-être le pousser. Voilà pourquoi cela en fait un véritable trio. Totalement soudé. Dès lors, l’impro se libère, au travers d’un étonnant et singulier travail sur le son, les effets, les reverbs, la disto ou l’écho au service de compositions ciselées, enrichies de phrases tranchantes, des motifs obsédants et d’arrangements aussi sophistiqués que limpides. L’interaction est constante et les influences multiples. Blues, rock, jazz contemporain et musique contemplative, chacun des dix titres offre un discours interpellant. L’intensité est de tous les instants, sans pour autant être plombante car il y a toujours une issue de secours... mais pas définitive.
ReSet.
On se le remet, on y apprendra sans doute encore quelque chose.
#yolkrecords #davidchevalier #sebastienboisseau #christophelavergne #reset
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C’est le genre de disques qui révèle ses saveurs et son originalité sur la longueur, même si ce premier album est assez court (ce qui est souvent, pour moi, un gage de cohésion et de détermination artistique). Menalua – clin d’œil à Renato Motha - est un jeune groupe français initié par la chanteuse Mathilde Gardien et le guitariste Romain Salmon qu’ont rapidement rejoints Matis Regnault (cb) et Basile Guéguen (dm).
Ils ont remporté le concours de jazz vocal de Crest (2025) ainsi que le tremplin national Echos Jazz de Vannes et naviguent entre fusion jazz, chanson pop, musique brésilienne et flamenco.
Si le titre éponyme de l’album, « Premier Printemps », est, à mon goût, une entrée en matière un peu attendue (malgré les belles interventions de Tony Paeleman, en invité au Rhodes et qui a assuré la prise de son de tous les morceaux) le quartette lui redonne vite une surprenante énergie avec des titres comme « Murcia », « Somewhere » ou « This is Goodbye » qui laissent à entendre les qualités vocales aériennes d’une grande maîtrise de Mathilde Gardien ainsi que la virtuosité, toute en fluidité et ingéniosité, du guitariste Romain Salmon. Ce dernier joue avec aisance au caméléon en colorant de bossa « Opa » ou « Vole », ou en déchirant « Intruders » de quelques phrases rock bien mordantes. Chanté divinement bien en anglais ou en français (tendance pop sixties), ce « Premier Printemps » augure de belles promesses à venir et se laisse déguster très agréablement. A suivre.
#menalua #premierprintemps #bossa #flamenco #jazzfusion