BLEEDMAN
On croit qu’en fermant les yeux, la perte s’éteint.
Puis on se les bande, pour ne plus risquer de voir.
Ce n’est pas un choix. C’est une habitude qui rassure.
Le silence finit par ressembler à la paix.
La peau devient une frontière et le sang, une forme de souvenir.
Un jour pourtant, tout revient.
Rien ne fait de bruit. Rien ne s’annonce.
La douleur reprend simplement sa place, comme une maladie qu’on aurait laissée vivre trop longtemps.
Alors tout recommence, sans drame.
Et le monde continue, comme si de rien n’était.
modèle : @aloiswuthrich_