La résistance ? Parlons-en. Mon fils est venu passer quelques jours de vacances au Liban. On a ouvert la plage. Les gens viennent, envers et contre tout. La vie, rien que la vie, mais toute la vie.
Ô toi, mère déplacée du Sud,
dis-moi, ma mère,
où dors-tu, que manges-tu,
et prends-tu bien tes médicaments ?
Ô toi, mère déplacée du Sud,
ne t’étonne pas si je t’appelle « ma mère »,
car ils n’ont pas réussi à m’apprendre à haïr les mères,
ni à me convaincre de les distinguer les unes des autres.
Il reste encore des gens comme nous au Liban,
nous pour qui chaque mère qui pleure est notre mère,
chaque mère qu’on opprime est notre mère,
chaque mère qui fuit la peur est notre mère.
Il reste encore des gens comme nous au Liban,
nous qui, devant la douleur d’une mère, ne faisons pas le signe de la croix,
ne levons pas les mains pour le martyre,
ne nous frappons pas la poitrine.
Nous, devant la douleur des mères,
tendons les mains vers d’autres mains ;
nos mains étreignent,
se posent sur une épaule fatiguée.
Nos mains se lèvent en prière devant Dieu,
sans prophètes, sans messagers, sans saints.
Ô toi, mère déplacée du Sud,
chaque fois que je pense à ma mère et à ma grand-mère,
je me souviens de leur odeur.
Dis-moi, ma mère,
parle-moi de l’odeur des épices du kebbé sur tes vêtements,
de l’odeur des fleurs de citronnier sur ton voile,
de l’odeur des feuilles de tabac sur tes mains.
Ô toi, mère déplacée du Sud,
nous continuerons d’appeler « mère » toutes les mères,
nous attendrons leurs larmes pour les essuyer,
leurs cris pour les entendre,
leurs douleurs pour les alléger.
Nous qui avons choisi tout le Liban pour maison,
avons trouvé une mère devant chaque foyer,
et chaque fois que monte l’odeur du pain,
nous disons : « ma mère ».
Par Joseph Tawk.
(Traduit de l’arabe.)
La magie de l’IA pour donner vie à ces gravures tirées du « Voyage d’Horace Vernet en Orient » (1839).
« Scheik et femme de Deir El Kamar, village de la lune (Syrie), Costumes maronites, Costume de monsieur Horace Vernet pendant son voyage, Les différentes formes du turban en Orient. »
Et si les orientalistes du XIXe siècle avaient troqué leurs crayons pour un objectif ? Grâce à l’intelligence artificielle, nous avons tenté de transformer les célèbres gravures de W. H. Bartlett (1838) en « photographies » réalistes.
De l’effervescence du port de Beyrouth au silence millénaire des Cèdres, en passant par la majesté de Baalbeck et Beiteddine... voici le Liban tel qu’il aurait pu apparaître dans l’œil d’un voyageur de l’époque. Une fenêtre ouverte sur un passé sublimé pour apaiser un peu le présent.
Vendredi saint après-midi, au moment de la messe que l’on entend dans un Achrafieh vide et recueilli. Un boom retentit sur Dahyé. Quel symbole, on dirait le bruit du marteau sur le clou. Cette année, ce n’est pas le Christ qui se fait crucifier, mais le Liban tout entier.
بالون حراري
Je cherchais la traduction en français, et finalement elle était tapie quelque part dans ma mémoire, remontant au terrible été 1982: leurre thermique. Je n’avais plus lu ni utilisé ce therme depuis 44 ans. Nous y revoilà, donc. Logique, on est au Liban.
En attendant le car scolaire, Achrafieh, 31 mars 2026