PROJECTION RENCONTRE
Lundi 18 mai - Cinéma Utopia - 20H15
Le FIFIB organise une séance spéciale du film de Benoit Perraud, SOUVENT L'HIVER SE MUTINE, lauréat du prix d'aide à la post-production du Nouvelle-Aquitaine Film Workout.
La projection sera suivie d'une rencontre avec le réalisateur.
Synopsis : À travers un trésor d’archives rares, Souvent l’hiver se mutine nous immerge dans la vie paysanne du Poitou au XXe siècle — ses gestes, ses luttes, ses rituels. Les voix de celles et ceux qui ont façonné cette terre s’élèvent en chants, dévoilant une mémoire vive : celle d’une communauté dominée mais résistante, qui construisait un patrimoine culturel unique. Un monde disparu reprend vie sous nos yeux, dans une fresque sensible et politique.
Souvent l’hiver se mutine est un magnifique film d’archives né du désir du réalisateur de rencontrer le monde paysan du Poitou, celui de ses ancêtres. Il y a d’abord la saisissante beauté de ces images, l’attention admirable des filmeurs anonymes (des années 1930 jusqu’aux années 1970) aux matières, aux éléments, à la lumière ; l’organisation générale du film les classe en domaines d’activités, du labourage au fauchage, de la dentellerie à la mytiliculture, des fêtes populaires aux jours d’école.
Il y a aussi, dans le détail des séquences, le travail de sonorisation et de montage, grâce auxquels ce premier long métrage trouve sa pulsation véritable. Benoît Perraud choisit de superposer aux archives des enregistrements de chants populaires quelques bruitages parcimonieux, qui semblent toujours fondus à la musique, rythmiques avant d’être imitatifs. Résultat : la sonorisation n’induit ni un effet de réel, ni une poétisation trop évidente, mais un effet de chorégraphie, que le montage soutient parfaitement.
Ce documentaire ethnographique passe d’un geste, d’un détail, d’une époque à l’autre par un jeu d’échos… Toutes les activités humaines, cinéma compris, paraissent être affaire de tissage, de mouvements emberlificotés, en équilibre entre l’ancrage (les pas dans la boue) et la légèreté (les gigantesques filets tendus sur une plage). (Mathilde Grasset, Les Cahiers du cinéma)
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