La saison de partage de vos diplômes touche à sa fin 💔
De grands mercis à toustes pour vos contributions à cette grande toile et surtout bravo pour vos travaux, on aime toujours autant les découvrir et les partager!
D'ici le retour de la saison des diplômes, on souhaite du courage et du fun à celleux qui sont encore à l'école, encore plus à celleux qui en sortent!!
À bientôt sur Éphéméride 🫶✨
Pour clôturer cette saison, ce soir c'est Léo qui nous partage son diplôme!
Le projet "Xplicit" fusionne ligatures, écriture post-binaire et esthétique du tag. Inspirée du graffiti, elle interroge les normes typographiques et sociales, en rendant visibles des identités et écritures marginalisées.
Se situant au croisement de plusieurs enjeux graphiques et politiques, des ligatures et des formes d’écritures urbaines, le projet interroge les normes de lisibilité, de genre et de visibilité. Dans un univers comme celui du graffiti, historiquement dominé par une culture masculine, introduire des formes inclusives devient un geste de rupture. En croisant ces pratiques, le projet propose de réinvestir l’espace typographique comme un lieu de revendication, d’expression plurielle et d’ouverture, tout en révélant les tensions entre formes traditionnelles et écritures marginales.
Le but est également d’augmenter cette fonte avec une seconde graisse développée en stroke font, permettant d’explorer la matérialité de l’écriture. L’extraction de ce tracé médian constitue une étape clé dans l’évolution de la police, permettant d’explorer de nouvelles dimensions de son usage et de son design. En développant un script pour extraire les tracés médians, la police devient aussi un moyen dynamique pour multiplier ses usages. En changeant de stylos, de marqueurs ou de pinceaux, la typographie peut révéler de nouveaux rendus visuels, imprévisibles et expressifs.
Cette expérimentation renforce le lien avec le graffiti, qui s’approprie divers outils d’écriture pour générer une variété de formes typographiques uniques. Ce processus enrichit non seulement l’esthétique gestuelle de la typographie, mais aussi son potentiel d’adaptation à des contextes et des usages créatifs diversifiés.
Ce soir, c'est Solène qui nous partage son diplôme!
Être aphantasique n’a jamais été un obstacle pour moi, mais un moteur de curiosité et d’expérimentation.
L’identité visuelle de l’exposition fictive Phantasia repose sur un principe graphique qui explore la diversité des expériences mentales, entre absence et excès d’image. Elle met en valeur des contrastes tels que vide et saturation, simplicité et complexité, tout en cherchant des points de rencontre. L’objectif est d’inviter à réfléchir à la manière dont nos mondes intérieurs prennent forme et à considérer les imageries mentales comme un territoire multiple, mouvant et profondément personnel.
Ce soir, c'est Clément qui nous partage son diplôme!
Il y a dans les paysages des présences qui persistent. On ne les voit pas toujours. Elles ne laissent qu’une trace discrète : un chemin dessiné dans l’herbe à force de passages, une pierre adoucie par des gestes répétés, comme si plusieurs corps avaient murmuré la même trajectoire. Pourtant, ces marques sont bien là, dans l’attente d’être remarquées. Elles racontent les liens qui se tissent patiemment entre les vivants. Elles nous apprennent qu’un paysage ne se possède pas : il se fréquente, s’écoute, se traverse, et se transforme avec ceux qui l’habitent, révélant des échanges, des frictions, des attachements.
Ma peinture explore ces territoires émotionnels, non comme des décors, mais comme des espaces capables de toucher, déplacer, impliquer. Elle s’inscrit dans une attention aux présences sensibles. Je n’aborde pas les lieux comme des représentations fidèles ou pittoresques, mais comme des terrains où se mêlent perception, mémoire et relation. Le paysage devient alors un lieu d’expérience plutôt qu’un sujet : un espace où quelque chose agit, où l’image touche, déplace, ouvre.
J’explore la manière dont un détail minuscule peut modifier notre rapport au monde, comment une nuance, un geste ou un vide peut ouvrir un passage intérieur. Mes peintures cherchent à révéler cette circulation silencieuse entre l’humain et son environnement, cette zone de frottement où le regard participe, où le sensible devient actif.
En donnant forme à ces traces et à ces interstices, je tente de rendre visible ce qui persiste, ce qui se glisse entre les choses, ce qui façonne notre manière d’habiter le réel. La peinture devient alors un acte d’attention : un geste qui retient ce qui glisse, qui donne forme à ce qui flotte entre sensation et souvenir.
Aujourd'hui, c'est Florie qui nous partage son diplôme!
Mon travail pourrait se résumer en un mot: gribouillage.
Je sais que pour certains, cela veut tout et rien dire, ou encore que cela sonne très pessimiste. Je ne le vois pas comme ça.
Je le vois, grâce à mon travail, à mes dessins, comme une écriture illisible, indéchiffrable, que même moi ne peux lire. Ayant toujours aimé écrire, j'ai compris avec le temps que ce n'était pas le sens des phrases que je composais qui me procurait de la joie, mais bien le fait de tracer des formes quelconques encore et encore.
Des cercles, des boucles, des verticales et horizontales, tout me calmait et c'est ainsi, avec le temps, que mon travail est né. Des dessins faits au stylo Bic sur des grandes feuilles qui mettent aussi bien en lumière des écritures mais aussi un geste répétitif qui transforme tout ce processus en un moment méditatif, de transe.
Le geste, aussi petit soit-il, me transporte dans un monde immense, sans fin, si ce n'est la limite du support.
Récemment, j'essaye de faire sortir mes dessins du cadre en les faisant en volume [céramique et bronze) afin de rajouter une dimension à ces nœuds sur papier et d'aussi mettre en lumière les vides qui s'en dégagent.
Mes gribouillages sont la représentation palpable d'un état mental particulier, suspendu et surtout, intemporel.
Ce soir, c'est Yassamine qui nous partage son diplôme!
128° – Entre le corps et l’objet
Projet de fin d’étude de Master (Direction Artistique 360°)
Réalisé dans le cadre d’une collaboration fictive avec le Musée des Arts Décoratifs de Paris, 128° interroge la chaise comme médium de réflexion sur le confort, la mémoire et l’absence. À travers une direction artistique déployée sur différents supports, le projet cherche à rendre le design accessible et sensible pour tous, en proposant une médiation à la fois intuitive, visuelle et sensorielle.
Structuré en trois chapitres :
Confort/Inconfort,
Passé/Présent,
Présence/Absence.
Il invite à repenser notre rapport à cet objet du quotidien, souvent banalisé, mais porteur d’émotions, de traces et de récits.
Aujourd'hui, c'est Malory qui nous partage son diplôme!
Et si lire l’emballage devenait un jeu d’enfant ?
Ce travail fait suite à une réflexion autour de la lecture des emballages alimentaires, leur compréhension et l’apprentissage de l’Éducation au Développement Durable (EDD) en Cours Préparatoire (CP). Comment comprendre les informations complexes d’un emballage ? Comment est-il produit, vit-il et est-il recyclé ? Pensé comme un outil évolutif, ce projet a pour objectif d’accompagner les enseignants lors de leurs séquences pédagogiques tout au long de l’année. Prenant une forme didactique il est composé d’un jeu de carte et de plateau conçus pour avoir de multiples utilités.
En collaboration avec divers acteurs institutionnels tels que l’école primaire Knecht à Drap, le Tiers lieu éducatif, Les temps de l’enfant de Marseille opéré par Réseau Canopé dans le cadre d’une formation suivi et d’acteurs locaux de la région. Ce projet s’enrichit par les connaissances et compétences de chaque acteur afin de répondre au mieux à ces enjeux.
Ce soir, c'est Marielle qui nous partage son diplome!
(re-) est un projet de recherche et de création né à la suite de mon mémoire, consacré à la réinterprétation de la photographie d’archive.
J’y questionne la manière dont les images du passé peuvent être rejouées dans le présent, non pas pour les restaurer, mais pour les réactiver, les faire circuler autrement.
Le projet se déploie autour du fonds Rouchon Héritage, qui rassemble les œuvres de Jacques Rouchon et Louis-René Astre.
Chaque mois, une image issue du fonds devient le point de départ d’un brief créatif, ouvert à toutes et tous.
Les participant·es sont invité·es à y répondre par un médium imposé : écriture, son, vidéo, photographie ou illustration via une plateforme en ligne.
Au fil des mois, le projet tisse une collection d’interprétations, de gestes et de voix qui rejouent la mémoire.
(re-) devient alors un lieu vivant, entre archive et création, où les images se réinventent au contact du présent.
C’est un terrain d’expérimentation où la création devient un moyen de transmission — un espace où la mémoire se transforme, se rejoue, s’invente à nouveau.
Ce soir, c'est Gabrielle qui nous partage son diplôme!
Du rêve au design, explore la manière dont le graphisme peut contribuer à réhabiliter le sommeil dans nos vies. Besoin fondamental, le sommeil est devenu l’un des grands sacrifiés de notre époque, mis sous tension par la productivité, la lumière bleue et l’hyperconnexion. Cette réflexion m’a conduite à m’intéresser à Dodow, un objet de relaxation déconnecté conçu pour faciliter l’endormissement grâce à un point lumineux bleu projeté au plafond, invitant l’utilisateur à synchroniser sa respiration sur son rythme.
Mon ambition était de repenser la communication d’un objet de bien-être pour lui redonner une dimension sensible, loin des codes froids et technologiques souvent associés à la « Sleep Tech ». J’ai souhaité replacer la poésie au cœur du discours visuel, en imaginant une identité visuelle et graphique immersive où le rêve et la lumière deviennent langage.
Pour répondre aux habitudes et aux besoins de ma cible — des jeunes actifs soumis à la sursollicitation numérique et aux difficultés d’endormissement — j’ai choisi le cyanotype comme médium principal. Ce procédé imprime la lumière en nuances de bleu profond, traduit visuellement l’univers du sommeil tout en faisant écho à la teinte de la veilleuse de Dodow. Il permet d’introduire dans la communication une temporalité lente et manuelle.
Chaque visuel, conçu à la main, convoque une dimension sensible : les formes géométriques employées s’inspirent du produit pour créer un vocabulaire graphique cohérent et immersif. Ce travail sur la lumière, la matière et le rythme cherche à ancrer Dodow dans un univers visuel apaisé, invitant à un retour à soi, tout en lui conférant une crédibilité nouvelle — celle d’un objet de bien-être réfléchi, et non d’un simple gadget technologique.
Ma démarche propose ainsi une expérience de communication où le graphisme devient un outil d’apaisement, et non un simple vecteur commercial.��Ce projet a été réalisé avec l’aide de @clement.teillet , qui m’a apporté son aide technique, notamment sur le motion et le sound design. Il s’agit bien d’un projet fictif, imaginé dans le cadre de mon diplôme.
Aujourd'hui, c'est Clara qui nous partage son diplôme!
Ce projet est un jeu tout public déployé à grande échelle qui consiste à créer des poèmes grâce à un langage incarné par des volumes. Le graphisme associé au textile prend ici une dimension immersive, poétique et sensible.
Le but du jeu est que le.la participant.e choisisse entre 3 et 6 volumes et les associe en les manipulant au sol, afin de créer une composition sculpturale. Il.elle se dirige ensuite vers les pochettes en tissu correspondant à ses volumes et y pioche les stickers révélant les fragments de phrases liés aux volumes. En collant les stickers sur une carte, il.elle découvre le poème qu’il.elle a créé inconsciemment, à travers des formes.
Les fragments de phrases ont des formes grammaticales variées mais peuvent se combiner dans n’importe quel ordre et toujours créer des poèmes qui ont du sens. Les poèmes qui en résultent s’apparentent à des haïkus contemporains, décrivant des instants suspendus. Les tissus qui varient pour chaque volume créent une expérience tactile stimulante et intuitive lors de la manipulation.
Ce soir, c'est Sara qui nous partage son diplôme!
Tout se déverse ici,
telle une rivière,
et son courant doux,
parfois d'une violence
inattendue.
Comme ces rivières,
qui rejoignent les fleuves
puis la mer,
peut-être,
peut-être que ce récit
s'écoulera
pour en rejoindre d'autres,
puis d'autres encore,
jusqu'à la mer,
dépassant toutes frontières.
Que ce récit se déverse,
comme cette rivière,
et son courant
d'une douce violence parfois,
puisse se répandre,
puisse faire écho,
et en semer d’autres.
À travers un récit intime et personnel, je raconte ma double identité, entre la France et le Japon, mêlant archives, textile et cyanotype. Par la texture et les mots, se dessine mon histoire, devenue mémoire sensible et matérielle. Je tisse un dialogue entre deux cultures, je laisse une trace. L’intime devient territoire d’expression, où se croisent passé, présent et transmission, dans une quête de soi, tiraillée entre deux mondes.
L’impression en cyanotype sur les étendues de textiles nous emmène dans les profondeurs. Dans les textures, les pensées et les sentiments. L’espace qui entoure le lit devient un lieu d’expression, mais aussi comme une armure qui protège les abysses de la pensée. Chaque tissu est une pensée, chaque morceau tisse des mots, sur l’identité parfois double, parfois divisée. Le tout s’accompagne d'une édition, avec des fragments de journal intime. Le journal intime comme mémoire matérielle de nos histoires oubliées, de nos récits invisibles, de ce(lles) qui résistent.
Aujourd'hui, c'est Chloé qui nous partage son diplôme!
Je vois l’espace d’exposition comme un espace scénique. Dans ma peinture installée et mes dessins, les personnages fantomatiques se répondent et jouent dans l’espace. Acteur·rices, régisseur·ses, la troupe invite les spectateur·rices à prendre part au mouvement. Un mouvement de déambulation où les histoires se connectent. La tension est palpable, suspendue comme l’instant juste avant le climax. Une mort se profile peut-être, menaçante et inévitable. Pourtant, tout semble flotter dans une étrange confusion.
Dans mes installations, je travaille les codes du récit, du jeu et de la performance de soi. De quelle manière regardons-nous ? Mais aussi comment sommes-nous regardé·es ? Comme dans un théâtre de marionnettes, nous assistons au spectacle tout en étant inclus·es dans son dispositif : interprètes, témoins et cibles des mêmes injonctions. Je cherche ainsi à questionner les figures d’autorité et l’héritage des normes, en particulier celles imposées aux femmes et à leur corps. Les enfants peuplent aussi souvent mes peintures. À travers les yeux de ces personnages, le monde devient un jeu. Ce point de vue exacerbe la réalité qui apparaît filtrée. En adoptant un regard d’enfant ou en théâtralisant le réel, j’entends créer une mise à distance qui révèle ce que nous ne voyons plus, car trop intégré dans la conscience collective.
Crédits photographiques : Dinah Datti
Ce soir, c'est Morgane qui nous partage son diplôme!
Palimpseste, ré-écrire à l’infini.
L’écriture est partout. À chaque instant, nous produisons du texte : messages, notes, publications, etc. Pourtant, cette prolifération de l’écrit contemporain passe souvent inaperçue, considérée comme un simple moyen de communication plutôt qu’un acte créatif. Tout le monde est capable d’écrire. Ce projet propose d’explorer cette réalité, en réinventant notre rapport au texte et à sa construction.
Devenez des néoteuri•ces. À travers une expérience à la fois ludique et interactive, les participant•es sont invit•ées à recomposer un texte éclaté, fragment après fragment. Chaque interaction modifie la matière textuelle, la transforme, la détourne. Le texte n’est plus un objet figé, mais un espace mouvant, où le•la lecteur•ice devient acteur•ice de son agencement et de son sens. De lecteur•ice à auteur•ice, il n’y a qu’un pas.
Ce projet questionne ainsi notre manière d’écrire aujourd’hui. Il met en tension l’écriture spontanée et l’écriture construite, l’aléatoire et l’intentionnel, l’individuel et le collectif. En donnant forme à un texte mouvant, il invite à redécouvrir la force des mots, à la fois traces du passé et matière à jouer. Cet outil est une invitation à habiter le texte autrement, à en faire l’expérience, à le manipuler et le réinventer. Chaque expérimentation est une exploration renouvelée d’un récit toujours en mutation.
Dans la lignées de plusieurs courants littéraires tels que l’Oulipo, DADA ou encore, un contemporain Uncreativ Writing, Palimpseste ajoute une dimension contemporaine et ludique de part son fonctionnement qui mêlent à la fois interaction et outils numériques du quotidien.
Repartez avec le résultat de votre poème imprimé sur une étiquette qui vous permet de conserver, coller, partager, diffuser de la poésie partout. Ce projet œuvre pour une libération de la pratique d’écrire.
La poésie par tous•tes et partout, tel est la ligne directrice de Palimpseste
Crédits photos : Nathalie Kagan, Fernanda Sanchez, Morgane Lazarus