Chaque année,
@festival_circulations est un rendez-vous que j’attends avec impatience : une occasion de découvrir de jeunes photographes européens et de me laisser traverser par des regards multiples, des histoires intimes et des récits qui déplacent autant qu’ils questionnent.
Pour cette seizième édition, la mémoire en est le fil conducteur, ce que l’on garde, ce que l’on transforme, ce qui disparaît aussi. Archives, transmission, fiction et réel s’y entremêlent constamment, comme si se souvenir relevait toujours d’une forme de réinvention.
Voici quelques projets qui m’ont particulièrement marquée :
1. Do-li-na, de Davide Degano. Une enquête sensible autour du passé d’une ancêtre slovène naturalisée italienne, dans une région traversée par des identités multiples. J’ai été touchée par la manière dont les archives y apparaissent à la fois comme preuves et comme zones d’ombre, capables autant de transmettre que d’effacer.
2. Keczupowo, de Natalia Majchrzak. À travers une vidéo et un travail presque sans images d’origine, l’artiste reconstruit les souvenirs d’une ville polonaise où elle a grandi. Une œuvre traversée par une nostalgie ambiguë, entre attachement et distance, qui m’a donné l’impression d’entrer dans une mémoire rêvée plutôt que documentée.
3. Utaki, de Ricardo Tokugawa. Issu d’une famille okinawaïenne installée au Brésil, il explore la circulation des traditions et leur transformation. L’installation, mêlant vidéo et photographie, suggère que les héritages culturels sont peut-être moins des vérités figées que des récits que l’on continue d’inventer.
4. Reliées, de Marine Billet. Cinq jeunes femmes au seuil de l’âge adulte, entre fragilité et affirmation de soi. Les images oscillent entre documentaire et mise en scène, et leurs couleurs pastel m’ont immédiatement ramenée à l’atmosphère mélancolique de Virgin Suicides de Sofia Coppola.
5. Boîte noire, de Manon Tagand. Une enquête intime déclenchée par la découverte du passé méconnu de son père. Le projet, à la fois photographique, sonore et archivistique, devient un véritable voyage, géographique autant qu’émotionnel, entre la France et le Cameroun.