Un éclat dans le marbre de Guillaume Dorvillé (aka
@vaisseaufantome ) sort aujourd'hui en librairie.
Le marbre ici, c'est bien sûr celui des pierres tombales, qu'on ne fait que griffer, car le sujet revient toujours, central à toute chose d'écriture. Le dialogue d'un homme avec une tombe, pas même avec un mort, et la tombe lui répond, la voix vient de là, d'outre-tombe ; et l'on n'est pas bien loin de soupçonner que, désormais, ne sont plus audibles que les voix d'outre-tombe, celles de la mort en nous qui seule parvient encore à s'exprimer.
On ne dit plus ce qu'on est, on dit ce qu'on a été, on dit le reflet des choses, tiré des films, des souvenirs de films, des dessins animés, une régression fataliste, comme des Droopy levant le nez au-dessus du marbre répétant à l'envi : you know what ? I'm happy
C'est une littérature de la révolte, à l'endroit tout petit que laisse encore un langage bien normé, bien poli, fustigeant ce qu'il est de bon ton de fustiger, aimant ce qu'il est de bon ton d'aimer. Il reste le court espace devant une tombe, la réponse qu'on demande à des oreilles mortes, et entendre des voix mortes, grinçantes comme des litanies, se raclant la gorge comme un bon vieux rap lancinant et cognant de rage, créant la boucle d'un dialogue de sourds. Des êtres de l'au-delà. Des bouches avec des dents en acier.