Djuliane Thor - @dju_art , d’origine Hmong, a grandi en Guyane française dans le village de Cacao.
Actuellement en dernière année de master aux beaux-arts de Toulouse (ISDAT), elle lie la broderie, la peinture et la vidéo pour remonter le fil de l’histoire de sa culture.
À travers son travail, elle s’interroge sur ce que signifie « être Hmong » lorsqu’on a grandi loin des montagnes du Laos, sur une terre encore marquée par la colonisation. Elle tente aussi de comprendre comment la migration, l’exil et la transmission se tissent dans les gestes, les langues, les silences, les broderies hmong, et dans les photos d’archives de sa famille.
Elle cherche à réunir les fragments de son identité, tout en rendant hommage à celles et ceux qui, avant elle, ont dû quitter leur pays pour survivre. Ce processus de recherche s’inscrit dans une démarche décoloniale et artistique, où la mémoire devient un matériau de création.
📸 @zahmartand_culture
Lénaïc Sarrazin - @lenaic.sarrazin ,d’origine franco-marocaine, a grandi au Maroc avant d’étudier les sciences politiques à Bruxelles. Actuellement étudiante aux Beaux-Arts de Toulouse (ISDAT), elle s’interroge sur les mécanismes systémiques qui situent et maintiennent les minorités à la marge.
Elle envisage la perception comme un dispositif politique, à la fois vecteur de reproduction des rapports de domination et espace potentiel de déplacement critique.
À travers l’installation, la sculpture, l’écriture et ponctuellement la performance, elle interroge les rapports sociaux, les espaces et les subjectivités qui s’y construisent. Ses travaux mettent en dialogue récits dominants et expériences situées, parfois la sienne, ouvrant des espaces où peuvent se redéfinir nos manières de percevoir, d’habiter et de partager le commun.
Dans le cadre de cette résidence elle propose une moulure de son visage en résine dans lequel elle incorpore de l’indigo, matériau utilisé au Maroc pour blanchir la peau et ainsi se rapprocher des canons de beauté occidentaux. La sculpture est placé sur un miroir cassé qui semble être protégé et reconstruit ; un support pensé comme une analogie de la systemisation du regard coloniale, qui, même s’il se brise, se réédifie.
#art #decolonial #collectif #residence
✨ @zahmartand_culture - Sara Kadem, « Pour cette résidence nous avons pris le thème du foyer pour parler représentation. Chacun d’entre nous se tourne vers la communauté dans laquelle il a grandi et s’interroge sur comment il a construit son identité à travers elle. Transmission ou non, des histoires, des photos, l’absence de la langue , tout y passe.
J’ai choisi de créer une rencontre entre les récit de conte de fées de princesses que j’aimais tant avec une femmes qui porte un foulard et une belle robe , je voulais créer une
broderie magnifique qui sublimera mes personnages qui serait enfin au centre du récit. La broderie et la couture me permettent de créer un univers à la croisée des mondes entre mes références occidentales et la réalité culturelle de ma famille algérienne et musulmane. Je présente donc plusieurs pièces de broderie en cours ou achevées. »
🧵Broderie nº1
#art #decolonial #broderie #exposition #collectif
Installation de @nedjjma_
✨ Nedjma Kechich est actuellement étudiante en troisième année aux Beaux-Arts de Toulouse. Artiste franco-algérienne, sa pratique s’inscrit dans une réflexion située à l’intersection de deux héritages culturels, traversés par des zones d’ombre, des violences et des silences.
Son travail interroge les mécanismes de transmission transgénérationnelle, notamment lorsqu’ils sont façonnés par des traumatismes historiques et intimes. La table et le moment du repas constituent des motifs récurrents dans sa recherche plastique. Ils lui permettent d’ancrer sa
démarche dans un espace domestique et relationnel, envisagé comme lieu de mémoire et de circulation des récits.
Progressivement, l’artiste a éprouvé la nécessité d’inscrire son histoire familiale dans une perspective historique plus large, en particulier celle de la période coloniale menée par la France en Algérie. Cette orientation marque un déplacement de sa pratique vers une dimension de
recherche, où elle adopte une posture à la fois analytique et narrative. L’écriture devient alors un médium à part entière, lui offrant une forme pour articuler les récits du passé, du présent et leurs prolongements possibles.
Pour cette exposition, elle présente une boîte à bijoux accompagnée d’un texte. Cette œuvre met en lumière les ruptures de transmission qu’elle choisit d’opérer afin de redéfinir son héritage. Elle questionne la notion même d’acceptation de ce qui est transmis, en particulier lorsque cet héritage est traversé par des violences subies par les générations précédentes. En déposant symboliquement des bijoux pillés à l’intérieur de la boîte et en la scellant, l’artiste matérialise un acte de séparation qui vise à interrompre la répétition et à ouvrir la possibilité
d’une pensée décoloniale.
📸 @zahmartand_culture
Collage et collaboration artistique de Jean Christian et Ambroise, ils vous expliquent leurs pratiques:
✨Jean Christian kouabena, membre du collectif Éclipse, né en Côte d’Ivoire et vit actuellement en France.
« Ma pratique tourne autour de ces figures noires que j’appelle des ombres. Elles sont une expression de la dualité entre être simultanément trop visible et invisible,
individuel et collectif et ce, malgré soi. Dans ma peinture je m’interroge sur comment faire communauté lorsqu’on se sent isolé. Et aussi comment exister dans un entre deux, dans mon cas un entre deux pays. La présence de grillz permet de renforcer cette idée d’invisible et de visible tout en adressant mon rapport à la musique et plus spécifiquement au rap qui est pour moi un élément important de cette recherche de communauté. Toutefois, le grillz c’est avant tout un bijoux fait de matériaux divers (or, diamants et autres) qui sont des ressources venant d’Afrique mais controlées par l’occident. »
✨Ambroise Fouti-Makaya, « Je suis un artiste plasticien dont le travail trouve son origine dans les histoires personnelles. D’une certaine façon j’aborde le sujet de l’intime à travers les non dits, des interactions avec autrui et des lieux qui m’entourent. Ma position oscille entre récepteur et émetteur en fonction du médium que j’utilise. Je me base sur la mienne dans mon travail de peinture où je romance de façon graphique des éléments de vie marquants, voire traumatisants que j’agence de manière à me rapprocher des codes de l’affiche ou de celle de mes proches par le biais d’installations vidéo que j’adapte en fonction de la personne filmée, mais également des
lieux dans lesquels j’ai déambulé que je retranscris dans des éditions de photos.
Pour cette Résidence avec Jean Christian, nous avons décidé de mêler nos pratiques en gardant les éléments qui les caractérisent le plus pour créer de nouvelles peintures qui peuvent faire écho à des moments de vie que nous avons respectivement connu et à travers lesquels nous
pouvions nous retrouver. Tout en reprenant les non-dits et les invisibles ces figures peuvent aussi représenter les oubliés des foyers que l’on ne voit généralement qu’en photo. »
Le 20 février 2026 a eu lieu le vernissage de notre exposition! Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore vu, elle est disponible jusqu’au 17 avril✨
🌘 On a imaginé cette installation comme une éclipse entre nos univers artistiques et nos héritages culturels 🇩🇿🇨🇩🇨🇮🇸🇳🇲🇦🇬🇫
#art #collectif #residence #decolonial