Aujourd’hui, mon livre “Pourquoi les hommes ont peur des femmes“ fête ses deux mois. Deux mois de rencontres avec vous, mes lectrices (et quelques lecteurs), de promotion médiatique, de joie de voir mon travail exister, être diffusé, partagé... Mais aussi deux mois d’adversité et de vi0lences. La vérité, c’est que depuis la sortie de “Désirer la vi0lence“ en 2024, il ne se passe plus une semaine sans que je reçoive des commentaires ou des messages privés méchants, insultants, voire menaçants.
“C’est juste le code pénal qui nous retient croyez-nous“... Je me doutais bien qu’avec ce nouvel essai, et le choix de ce titre, il fallait que je me (re)prépare à tout ça. La vérité, c’est que je ne suis pas plus forte qu’avant face à toute cette haine. Au contraire, je me sens plus fragile qu’il y a deux ans. Ma santé mentale est mise à rude épreuve depuis des mois, et le constat, aussi, que tout cela ne progresse pas. Ca se passe en ligne, mais ça se passe aussi sur les plateaux télé et parfois même lors de tables rondes. Je me sens agressée - je dis “je me sens“, mais en réalité, “je le suis“ - mon corps tremble, mon ventre se noue, les larmes montent à mes yeux et, à chaque fois, il me faut plusieurs jours pour m’en remettre.
Alors me voilà, portant ce tee-shirt que j’aime tant, devant l’objectif de
@lauriebisceglia , me voici essayant tant bien que mal (que mâle) d’avoir une confiance en moi solide, aussi solide que la leur, aussi solide que ceux (et celles, parfois !) qui croient m’apprendre la vie, savoir mieux que moi, qui me rabaissent, me parlent avec condescendance, mépris, dans la sphère publique et la sphère privée.
Aujourd’hui, en postant ce carrousel, je me sens bien impuissante, un peu découragée, assez triste, très fatiguée. Mais ça ira mieux demain. La confiance finit toujours par revenir... et dans ces moments-là, j’arrive à en rire et à me (re)(re)(re)retrousser les manches.