🗨 Chronique BD 🗨
Titre : Yolo
Scénaristes : Aymeric Lompret
@aymeric_lompret / Pierre-Emmanuel Barré
@pierreemmanuelbarre / Nadine Descousis
@nadinades
Dessinateur : Allan Barte
@allanbarte
Éditeur : Dargaud
@dargaud
Paru le : 24/04/2026
Nombre de pages : 80 pages
ISBN : 9782205216103
💭 Mon avis :
Avec Yolo, Aymeric Lompret adapte son spectacle en bande dessinée et réussit à lui donner une vraie colonne vertébrale narrative — avec un petit coucou au passage à Nadine Descousis, dont le travail à l’écriture apporte justement cette structure bienvenue. On suit un sans-abri à la recherche de son chien Antoine, prétexte à une errance où les pensées partent dans tous les sens… mais jamais totalement au hasard. Derrière l’enchaînement de vannes et d’élucubrations, une construction se dessine, avec un fil conducteur discret mais bien présent.
Le personnage observe, commente, attaque tout ce qui passe : politique, société, absurdités du quotidien. L’humour est frontal, souvent grinçant, parfois volontairement absurde, mais il sert surtout à masquer une vraie solitude et une colère sourde. Et c’est là que le récit surprend : sous le vernis comique, il glisse progressivement vers quelque chose de plus sensible, jusqu’à un final qui rebat les cartes et donne un autre relief à tout ce qui précède.
Au dessin, Allan Barte accompagne parfaitement cette logorrhée maîtrisée. Son trait expressif et un peu brut capte l’énergie du personnage, ses excès, ses débordements. Ce n’est pas démonstratif, mais efficace : le dessin sert le propos sans jamais l’alourdir, et participe pleinement à cette sensation de mouvement permanent.
Yolo avance comme son personnage : de travers, imprévisible, un peu bancal… mais jamais vide. On rit, souvent, puis on se surprend à ralentir, à écouter autrement ce qui se cache derrière les punchlines. Et quand tout retombe, il reste quelque chose de plus discret, presque fragile.